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      <journal-title-group>
        <journal-title>May</journal-title>
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      <article-id pub-id-type="doi">10.1093/bioinformatics/btq126</article-id>
      <title-group>
        <article-title>Enrichissement sémantique associé à la détection de la négation et des antécédents familiaux dans un entrepôt de données hospitalier Semantic enrichment based on detection of negation and history family in a French hospital data warehouse</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Nicolas Garcelon</string-name>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
          <xref ref-type="aff" rid="aff1">1</xref>
        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Rémi Salomon</string-name>
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        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Anita Burgun</string-name>
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        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Résumé</string-name>
        </contrib>
        <aff id="aff0">
          <label>0</label>
          <institution>INSERM, Centre de Recherche des Cordeliers, UMR 1138 Equipe 22</institution>
          ,
          <addr-line>Paris</addr-line>
        </aff>
        <aff id="aff1">
          <label>1</label>
          <institution>Institut Imagine, Paris Descartes Université Paris Descartes-Sorbonne Paris Cité</institution>
          ,
          <addr-line>Paris</addr-line>
          ,
          <country country="FR">France</country>
        </aff>
        <aff id="aff2">
          <label>2</label>
          <institution>Service de Néphrologie Pédiatrique, Hôpital Necker-Enfants Malades, Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité -</institution>
        </aff>
      </contrib-group>
      <pub-date>
        <year>2014</year>
      </pub-date>
      <volume>26</volume>
      <issue>9</issue>
      <fpage>83</fpage>
      <lpage>93</lpage>
      <kwd-group>
        <kwd>Data warehouse</kwd>
        <kwd>data mining</kwd>
        <kwd>Natural Language Processing</kwd>
      </kwd-group>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>Introduction</title>
      <p>Lors de travaux précédents, nous avons développé un entrepôt de données essentiellement orienté
sur des comptes rendus plein texte [1]. Il s’agissait de proposer un outil simple permettant de
rapidement fouiller les comptes rendus médicaux des patients. Dans l’onglet résultat du moteur de
recherche, l’utilisateur peut facilement vérifier si le patient est vrai positif par l’affichage de la
section du document contenant les termes recherchés. Nous avons ensuite développé un module
d’enrichissement sémantique [2] utilisant le Metathesaurus de l’UMLS [3]. L’utilisateur choisit s’il
veut utiliser l’enrichissement sémantique en fonction de la sensibilité et spécificité souhaitée. Le
moteur de recherche exploite les relations de synonymie et de subsomption du Metathesaurus pour
retrouver le plus grand nombre de patients dont les documents contiennent les termes recherchés,
ce qui a pour effet d’augmenter la sensibilité aux dépends d’une moins bonne spécificité. Le bruit
obtenu est lié non seulement aux phrases négatives (« absence de », « pas de » etc.) mais aussi au
contexte d’antécédents familiaux dans lequel l’expression recherchée est située (« la soeur du
patient est atteinte de »). Ce constat réalisé nous proposons une méthode pour détecter le contexte
d’antécédents familiaux, ainsi que les sous phrases négatives afin de les exclure de la recherche
plein texte. Ces méthodes sont particulièrement nécessaires pour traiter les comptes rendus
produits dans les services prenant en charge des patients atteints de maladies génétiques
héréditaires, comme l’Hôpital Necker à Paris et l’Institut Imagine (www.institutimagine.org/). Il
s’agit aussi de compléter l’enrichissement sémantique par l’ajout de ce niveau de certitude et du
contexte dans lequel le concept est retrouvé.
2</p>
      <p>État de l'art
La plupart des travaux de Traitement Automatique du Langage concernent la langue anglaise. En
2001, Chapman et al. développent NegEx [4]. Il s’agit d’un algorithme qui se veut simple et
ouvert. L’auteur associe une extraction sémantique à partir des concepts UMLS et une détection
par expression régulière d’une forme négative avant ou après le concept UMLS extrait. Si la
phrase ne contient pas de concept UMLS, la phrase n’est pas traitée. Goryachev et al. [5] ont
évalué en 2006 4 méthodes de détection de la négation. Il a notamment comparé la méthode
NegEx et la méthode NegExpander développée par Aronow et al. [6]. Tandis que NegEx utilise
l’intégralité de la phrase, NegExpander se base sur l’analyse de syntagmes nominaux en découpant
le texte suivant certains critères prédéfinis (ponctuation, « and », « or »). La détection de la
négation est réalisée indépendamment de l’extraction de concepts UMLS. Les 2 autres méthodes
décrites dans cet article se basent sur un système d’apprentissage automatique (Weka) sur un
corpus de plus de 1700 résumés de sortie pour lesquels les 8 000 termes extraits ont été
manuellement annotés par un expert comme un fait, une négation ou une éventualité. Ces 2
méthodes divergent ensuite par l’algorithme de classification : la classification bayésienne naïve et
le Vector Space Model. Il conclut que la méthode NegEx reste la plus efficace. L. Deléger &amp;
Grouin ont proposé d’adapter NegEx à la langue française [7]. L’adaptation française de NegEx
donne un rappel et une précision corrects. Toutefois, l’auteur fait remarquer que leur méthode ne
fonctionne pas lorsque la phrase est trop longue et contient plusieurs informations négatives et
affirmatives.</p>
      <p>La méthode que nous développerons ici s’approche davantage de NegExpander adapté au français.
De plus, notre méthode doit fonctionner indépendamment d’un enrichissement sémantique. C’est à
dire que l’utilisateur pourra rechercher un terme dans le plein texte sans nécessairement qu’il y ait
un concept UMLS retrouvé.</p>
      <p>En ce qui concerne l’extraction automatique des antécédents familiaux dans les comptes rendus
médicaux, Friedlin &amp; McDonald [8] ont utilisé l’outil REX (REgenstrief data eXtraction tool) afin
d’associer 12 maladies au contexte d’antécédents familiaux avec une précision de 97% et un
rappel de 96%. Goryachev et al. [9] ont proposé une méthode afin de déterminer le contexte
d’antécédents familiaux des concepts UMLS extraits. Cette méthode consiste à découper le compte
rendu en sections (« antécédents », « antécédents familiaux », etc.), puis chaque section est
découpée en phrase puis en groupe nominal. Enfin il détermine par des règles de décision si la
maladie détectée dans le groupe nominale est associée à un parent du patient ou au patient lui
même avec une sensibilité de 97,2% et une spécificité de 99,7%. Lewis et al. [10] quant à lui prend
l’intégralité du texte sans passer par un découpage en section. Il détecte les chaines de
dépendances entre la relation de parenté et une maladie grâce au Stanford NLP Parser. Cela lui
permet d’extraire des extraits de phrase contenant le lien entre un parent du patient et une maladie
avec une précision de 61% et un rappel de 51%.</p>
      <p>Notre méthode de détection des antécédents familiaux s’inspire davantage de la méthode NegEx
utilisée pour la détection de la négation, car elle est beaucoup plus simple à mettre en oeuvre et très
facilement évolutive.
3
3.1</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>Matériel et méthodes</title>
      <sec id="sec-2-1">
        <title>Prétraitement des textes</title>
        <p>Il est indispensable d’effectuer un « nettoyage » des documents avant l’extraction des contextes et
de la négation. En effet, les textes sont issus d’une conversion automatique de documents Word en
format txt, ou sont issus de documents HTML. Une première étape consiste donc à supprimer les
balises HTML, et surtout à réajuster les sauts de ligne. Suivant la version de Word, la conversion
au format texte induit des sauts de ligne au milieu des phrases, ce qui peut modifier l’interprétation
de l’algorithme. Il s’agit donc de déterminer si un saut de ligne doit être remplacé par un espace ou
par un point de ponctuation. Et inversement, certains documents contiennent des pseudos tableaux
ou des listes sur deux colonnes. La distinction entre deux propositions ou syntagmes nominaux
n’est donc plus représentée par un saut de ligne ou par une ponctuation mais par plusieurs espaces.
Par ailleurs, une phrase peut contenir des doubles espaces liés à une erreur de saisie. Nous avons
donc développé quelques règles sous forme d’expression régulière qui prend en compte ces
variabilités afin de recréer la phrase sans saut de ligne ou de forcer l’ajout d’un point séparant deux
phrases distinctes. Cette étape est essentielle pour la suite des traitements.
3.2</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-2">
        <title>Détection du contexte familial</title>
        <p>Nous avons établi une liste d’expressions décrivant un lien de parenté avec le patient : soeur, frère,
cousin, tante, père, mère, grand parent, oncle, cousin, antécédent familial, neveu, nièce,
antécédents familiaux, papa, maman. Cette liste initiale peut facilement être complétée par la suite
pour la rendre plus exhaustive. Les expressions régulières tiennent compte des variations
orthographiques des formes nominales : féminin, masculin, singulier, pluriel, présence ou erreur
sur l’accentuation : [^a-z]fr[éeèê]res?
L’algorithme découpe le texte en phrases en utilisant les éléments de ponctuation et les sauts de
ligne du texte. Puis pour chaque phrase il vérifie si elle contient une des expressions exprimant la
notion de famille ou un lien de parenté. La phrase est alors extraite de manière à obtenir à la fin de
cette étape deux textes correspondants aux deux contextes ‘patient’ et ‘antécédents familiaux’.
Nous avons choisi d’attribuer l’antécédent familial à l’intégralité de la phrase plutôt qu’à une sous
partie de la phrase. En effet, nous avons testé les deux méthodes, et il apparaît plus que l’auteur du
85
compte rendu décrive les antécédents familiaux d’un seul bloc sans évoquer les données cliniques
du patient. En considérant les propositions, nous attribuions trop souvent des antécédents
familiaux au patient lui même car le lien de parenté n’est citée qu’une fois dans la phrase. Ainsi
afin de réduire le nombre de faux négatifs dans la détection des antécédents familiaux et le nombre
de faux positifs dans la recherche de patients, nous avons décidé d’utiliser le découpage par
phrase.
3.3</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-3">
        <title>Détection de la négation</title>
        <p>La détection de la négation ressemble davantage à la méthode NegExpand. Il existe une grande
hétérogénéité stylistique entre les comptes rendus médicaux, suivant les auteurs et les services. En
raison de cette complexité syntaxique des comptes rendus dans lesquels une phrase peut exprimer
plusieurs informations (affirmatives et négatives), nous avons créé une liste de règles permettant
de découper ces phrases en se basant sur les expressions suivantes : mais ; pour ; qui ;
entre ; car ; , [^d] ; sans ; lequel : laquelle ; hormis ; parce qu ;
bien qu ;en dehors : malgré ; en raison de.</p>
        <p>Nous découpons après une virgule uniquement si elle n’est pas suivie de la lettre « d », cela afin de
ne pas découper les listes qui suivent une négation : « le patient n’a pas de diabète, d’insuffisance
cardiaque, de cholestérol ». Nous avons créé une liste d’expressions régulières permettant de
détecter une tournure négative. Les règles de détection de la négation prennent en compte des
formes variées de la négation : pas [a-z]* de, absence de, oriente pas vers,
exclure, non, aucun, absence, absent, negati, elimine, infirme etc. A cela
nous avons ajouté des règles pour prendre en compte les doubles négations (« pas d’exclure »,
« pas d’éliminer ») ou les expressions exprimant une forte affirmation par l’utilisation de la
négation : « pas de doute », « pas de soucis », « pas de problème ». Nous avons aussi tenu compte
de l’expression de la « normalité » surtout utilisée en génétique : « gène OPA1 normal » qui
signifie « non muté ». Nous avons donc considéré le terme « normal » comme l’expression de la
négation d’un symptôme, d’une mutation ou d’un dysfonctionnement.</p>
        <p>Nous considérons le triplet : texte-contexte-certitude afin de décrire le contenu d’un document.
Suivant la complexité du document il sera décrit par plusieurs triplets, avec un maximum de 6
triplets :
[texte] - texte intégral -1 : le texte intégral
[texte] - texte intégral -0 : les sous phrases négatives du texte intégral
[texte] - texte patient -1 : le texte patient
[texte] - texte patient -0 : les sous phrases négatives du texte patient
[texte] - antécédents familiaux -1 : les antécédents familiaux
[texte] - antécédents familiaux -0 : les sous phrases négatives des antécédents familiaux
3.4</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-4">
        <title>Enrichissement sémantique</title>
        <p>Nous avons extrait le sous-ensemble français du Metathesaurus UMLS. Tous les concepts, leurs
synonymes et leurs déclinaisons sont listés dans une table puis triés par ordre décroissant de
longueur de chaine de caractères. La présence de chaque terme ou expression est testée dans le
texte pour chaque triplet texte-contexte-certitude.
3.5</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-5">
        <title>Intégration à l’entrepôt de données</title>
        <p>L’entrepôt de données a été développé sous Oracle, en langage PHP, HTML, jQuery. Le schéma
relationnel d’origine de la base de données a été modifié afin de pouvoir stocker les parties de
texte reliées au contexte et au niveau de certitude et aux concepts éventuellement extraits du texte
(Erreur ! Source du renvoi introuvable.). Nous avons donc (i) une table contenant le document
originel à afficher, (ii) une table contenant le texte (indexé par Oracle text, et composé des phrases
et sous phrases extraites par notre méthode TAL) en lien avec le contexte (patient, antécédents
familiaux) et le niveau de certitude (0 ou 1) soit le triplet « texte-contexte-certitude », (iii) une
table contenant les concepts extraits de chaque triplet. Oracle text indexe aussi la liste des
synonymes de chaque concept UMLS afin de faciliter l’expansion sémantique d’une requête.</p>
        <p>Séjour</p>
        <p>Patient
Document à</p>
        <p>afficher
métadonnées fixes</p>
        <p>Oracle text</p>
        <p>index
Document</p>
        <p>indexé
section-contextecertitude</p>
        <p>Thésaurus
(concepts +
synonymes +
hiérarchie)</p>
        <p>Données
structurées
CIM10, LOINC,
Enrichissement
sémantique</p>
        <p>schéma relation de l'entrepôt de données
3.6</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-6">
        <title>Intégration au moteur de recherche</title>
        <p>Le moteur de recherche multicritère (Figure 2) permet de créer plusieurs sous requêtes
atomiques. Chaque sous requête peut être une recherche plein texte, une recherche sur donnée
structurée (CIM10, LOINC) ou une recherche sur donnée démographique (sexe du patient, âge).
L’intersection entre ces sous requêtes se fait soit sur un séjour du patient, soit sur l’ensemble du
dossier patient. L’utilisateur peut préciser si une sous requête correspond à un critère d’exclusion
ou d’inclusion, et éventuellement sur un contexte particulier (s’il a été détecté : motif, diagnostic
etc.). La recherche plein texte exploite le module Oracle Text fourni par défaut dans Oracle 11g. Il
permet d’utiliser des opérateurs booléens (or, and, not) ainsi que des opérateurs spécifiques (near,
fuzzy etc.). Dorénavant l’utilisateur peut préciser si la recherche peut se faire sur les antécédents
familiaux, sur le patient ou sur l’intégralité du compte rendu. Par défaut, le moteur prend en
compte la détection de la négation en soustrayant du résultat les patients dont le terme recherché
est présent dans le texte dont la certitude est à 0, c’est à dire considéré comme une négation.
L’utilisateur peut désactiver ce critère s’il veut obtenir tous les documents qui parlent du concept
même avec une négation.</p>
        <p>L’enrichissement sémantique est aussi optionnel pour l’utilisateur, il permet d’étendre la recherche
non seulement aux concepts synonymes mais aussi aux concepts fils : par exemple la requête
« insuffisance cardiaque » permettra de retrouver les valvulopathies. Vu que l’enrichissement
sémantique est relié au triplet texte-contexte-certitude, si le texte contient « le patient n’a pas de
valvulopathie», ce ne sera pas un critère d’exclusion du résultat, parce que cela ne sous entend pas
qu’il n’a pas d’autres formes d’insuffisance cardiaque dans une autre partie du texte. La relation de
subsomption n’est alors pas utilisée dans ce cas.</p>
        <sec id="sec-2-6-1">
          <title>Moteur de recherche</title>
          <p>3.7</p>
        </sec>
      </sec>
      <sec id="sec-2-7">
        <title>Evaluation</title>
        <p>Nous avons tout d’abord réalisé une évaluation intrinsèque de la détection de la négation et des
antécédents familiaux associée à l’enrichissement sémantique. Pour cela nous avons exécuté notre
algorithme sur 130 comptes rendus médicaux. Nous obtenons un tableur qui donne pour chaque
phrase les concepts extraits, la notion de négation ou d’affirmation et le contexte (patient ou
famille). Les 1700 lignes du tableur ont été évaluées manuellement afin de calculer la précision et
le rappel pour la détection de la négation d’une part, et la détection du contexte d’autre part.
Pour évaluer l’apport dans le moteur de recherche, nous avons exécuté notre algorithme sur
l’intégralité de l’entrepôt de données de l’hôpital Necker Enfants Malades : 189 997 Patients et
653 047 documents. Les documents sont issus de plusieurs sources différentes (CR hospitalisation,
consultation, radiologie, foetopathologie, les résumés PMSI sont volontairement exclus) et
plusieurs formats (compte rendu Word, compte rendu HTML, compte rendu texte). Les textes sont
dé-identifiés. Nous avons testé le moteur de recherche sur 3 requêtes plein textes : « crohn and
diabete », « NPHP1 » et « lupus and insuffisance renale». Une technicienne médicale a évalué le
88
nombre de patients vrais positifs, faux positifs pour les 3 requêtes avec et sans la détection de la
négation, puis avec la détection des antécédents familiaux. Pour évaluer les résultats, la
technicienne médicale utilise l’interface web de l’entrepôt de données permettant de vérifier
rapidement le contexte des termes retrouvés au survol de la souris (Figure 3). En cliquant sur le
document elle peut aussi accéder à l’intégralité du compte rendu afin de vérifier en cas de doute
s’il s’agit de vrai positif ou non. Pour le calcul du rappel, nous considérons que le moteur de
recherche plein texte sans prise en compte de la négation ni des antécédents familiaux renvoie
l’intégralité des vrais positifs. La technicienne médicale génère ainsi le gold standard pour une
requête en séparant les vrais positifs des faux positifs. A partir de ces données nous déterminons la
précision et le rappel pour la détection de la négation puis pour la détection des antécédents
familiaux.</p>
        <p>Figure 3 : Aperçu du résultat
4</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>Résultats</title>
      <p>L’évaluation intrinsèque de la détection de la négation et du contexte associée à l’enrichissement
sémantique est représentée dans les tableaux 1 et 2. Le tableau 1 présente la détection du contexte
d’un concept.</p>
      <p>Le calcul de la précision = Vrais Positifs / (Vrais Positifs + Faux Positifs).</p>
      <p>Le calcul du rappel ou sensibilité = Vrais Positifs / (Vrais Positifs + Faux Négatifs).
La spécificité = Vrais Négatifs / (Vrais Négatifs + Faux Positifs).</p>
      <p>En considérant l’Histoire familiale comme l’élément positif, nous obtenons une précision de
95,2%, un rappel de 94,4% et une spécificité de 98,7%.</p>
      <sec id="sec-3-1">
        <title>Tableau 1 :</title>
      </sec>
      <sec id="sec-3-2">
        <title>Evaluation de la détection du contexte</title>
        <p>Contexte
Histoire familiale
considérant la négation comme l’élément positif, nous obtenons une précision de 95,6%, un rappel
de 92,8% et une spécificité de 99,1%</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-3">
        <title>Evaluation de la détection de la négation</title>
        <p>Sur les 653 047 documents contenus dans l’entrepôt de données, nous avons pu extraire des
antécédents familiaux sur 110 774 documents. Le tableau 3 montre la répartition du nombre de
textes sur le couple contexte-certitude. Le tableau 4 montre le nombre de concepts UMLS extraits
des textes par contexte et certitude. Le niveau de certitude à 1 correspond à l’intégralité du texte, le
niveau de certitude à 0 correspond uniquement aux parties de phrases exprimant la négation.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-4">
        <title>Tableau 3 :</title>
      </sec>
      <sec id="sec-3-5">
        <title>Nombre de documents par contexte et certitude</title>
      </sec>
      <sec id="sec-3-6">
        <title>Nombre de concepts UMLS par contexte et certitude</title>
        <p>Certitude</p>
        <p>Nombre de concepts
Les tableaux 5, 6, 7 indiquent le nombre de patients Vrai Positifs (VP), Faux Positifs (FP), Vrai
Négatifs (VN), Faux Négatifs (FN), la précision et le rappel pour chacune des requêtes dans 3 cas
de figure : la recherche plein texte sans prise en compte de la négation ou des antécédents
familiaux (texte intégral), la recherche plein texte avec exclusion de la négation (texte intégral
négation), la recherche plein texte avec exclusion de la négation et exclusion des antécédents
familiaux (texte intégral - négation - antécédents familiaux).
L’ajout du module gérant la négation apporte un gain de précision (de 0,75 à 0,83 pour « lupus et
insuffisance renale »), même si pour la requête « crohn and diabete » il y a une perte du rappel (de
1 à 0,83). Ceci s’explique par une tournure négative n’exprimant pas de négation et que nous
n’avions pas prévu dans les exceptions : « je ne reviens pas sur le crohn ». La perte du rappel lors
de la prise en compte des antécédents familiaux pour la recherche sur le lupus et l’insuffisance
rénale (de 1 à 0,95) s’explique par l’utilisation au sein d’une même phrase du patient et de son
frère, l’un ayant la maladie l’autre non. La phrase a alors été considérée comme relatif aux
antécédents familiaux et non au patient.</p>
        <p>La détection des antécédents familiaux augmente aussi la précision sans modifier le rappel dans les
3 tests effectués, excepté pour la recherche du gène « NPHP1 » qui n’a pas été testé dans les
familles des patients. On voit par ailleurs que la précision de la requête « NPHP1 » reste faible
malgré une amélioration de la précision de 0,42 à 0,52. Dans notre expérience à l’Hôpital Necker,
les utilisateurs qui requêtent avec un nom de gène recherchent les patients avec une mutation sur
ce gène. Nous avons donc considéré dans notre évaluation que le doute et la prescription du test
génétique sont des faux positifs. Si nous considérons ces éléments comme vrai positif nous
améliorons la précision à 0,81 pour « NPHP1 » comme indiqué dans le tableau 8.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-7">
        <title>Tableau 5 :</title>
      </sec>
      <sec id="sec-3-8">
        <title>Précision et rappel pour « lupus and insuffisance renale »</title>
        <p>Lupus and insuffisance renale
VP FP VN FN Précision Rappel
Texte Intégral - négation - antécédents familiaux 73
7</p>
        <p>19
77
77</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-9">
        <title>Précision et rappel pour « Crohn and diabete »</title>
        <p>Crohn and diabete
VP FP VN FN Précision Rappel
Texte Intégral
Texte Intégral - négation
Texte Intégral - négation - antécédents familiaux 10
57 25
Texte Intégral - négation - antécédents familiaux 11
Texte Intégral - négation - antécédents familiaux 17</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-10">
        <title>Tableau 7 :</title>
        <p>NPHP1</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-11">
        <title>Précision et rappel pour « NPHP1 »</title>
        <p>VP FP VN FN Précision Rappel</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-12">
        <title>Tableau 8 :</title>
      </sec>
      <sec id="sec-3-13">
        <title>Précision et rappel pour « NPHP1 » avec doute et prescription</title>
        <p>NPHP1 (doute et prescription)</p>
        <p>VP FP VN FN Précision Rappel
L’évaluation intrinsèque de la détection du contexte familiale montre une précision (95,2%), un
rappel (94,4%) et une spécificité (98,7%) relativement élevés. Nos scores sont sensiblement
inférieurs aux résultats de Goryachev &amp; al. [9] avec une sensibilité de 97,2% et une spécificité de
99,7%. Notre rappel est un peu supérieur au rappel de Friedlin et al. [8] de 93%, mais notre
précision est légèrement inférieure (97%). Notre évaluation diffère de celle de Goryachev et al
parce qu’ils effectuent l’analyse sur une extraction automatique de la section du compte rendu qui
concerne l’histoire familiale. Friedlin évalue lui aussi son algorithme uniquement sur les sections
concernant l’histoire familiale, mais avec une détection exacte des sections car précisément
labélisées comme histoire familiale. Notre évaluation porte sur l’intégralité de chaque compte
rendu. De plus, leur algorithme repose sur la langue anglaise alors que la nôtre est spécifique au
français.</p>
        <p>L’évaluation intrinsèque de la détection de la négation montre une précision (95,6%), un rappel
(92,8%) et une spécificité (99,1%) relativement élevés. Les résultats obtenus par Deléger et Grouin
[7] montrent une précision et un rappel respectivement de 84,4% et 83,3% pour NegEx, et 88,8%
et 84,6% pour leur adaptation au français de NegEx.</p>
        <p>L’apport de notre méthode pour améliorer la qualité du moteur de recherche est variable suivant
les requêtes. On voit toutefois qu’il y a à chaque fois un gain de la précision avec peu ou pas de
perte de rappel. Les erreurs sont généralement liées à un problème de découpage des phrases lors
du nettoyage des textes. Si une phrase se termine sans ponctuation par un saut de ligne et qu’à la
ligne suivant la 1ere lettre du mot est en majuscule, l’algorithme considère que ce sont 2 phrases
distinctes. Mais cette méthode a ses limites pour les noms propres qui commencent par une
majuscule. En effet, pour Crohn, certaines phrases sont découpées de telle manière que le terme
Crohn est précédé d’un saut de ligne :
« La soeur du patient a une maladie de↵
Crohn »
L’algorithme considère alors ces deux phrases distinctes : « La soeur du patient a une maladie de »
et « Crohn ». L’antécédent familial ne prend alors pas en compte « Crohn » qui reste associé au
patient.</p>
        <p>L’évaluation nous montre aussi que certains résultats Faux Positifs sont dus à une expression du
doute ou d’un examen à réaliser. Par exemple, les médecins font mention du gène NPHP1 non par
pour exprimer le fait qu’il est muté ou non muté mais pour émettre une suspicion de mutation ou
une prescription d’examen génétique sur ce gène.</p>
        <p>Nous pensons pouvoir encore améliorer la qualité de la détection de la négation en ajoutant de
nouvelles règles et exceptions découvertes au cours de l’évaluation. Nous souhaitons ajouter un
niveau intermédiaire de certitude permettant d’exprimer la suspicion ou le doute avec un score à
0,5. Nous prévoyons de développer un algorithme spécifique aux informations génétiques afin de
discriminer les gènes effectivement mutés des tests génétiques prescrits et des suspicions de
mutations (doute).
6</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>Conclusion</title>
      <p>Nous avons pu intégrer dans l’entrepôt de données de l’hôpital Necker Enfants Malades un
algorithme permettant de diminuer le bruit de la recherche plein texte dans les comptes rendus
médicaux en extrayant automatiquement les antécédents familiaux des patients et les sous phrases
exprimant une négation. L’interface utilisateur permet de choisir le niveau de spécificité souhaité
en fonction de la rareté ou de la complexité des requêtes effectuées. L’extraction des concepts
associée à la détection de la négation et des antécédents familiaux nous permettra de travailler sur
l’enrichissement des descriptions phénotypiques [11] des patients porteurs d’une anomalie
génétique.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>Remerciements</title>
      <p>Nous remercions chaleureusement Malika-Anaïs Boujemaoui pour avoir évalué l’amélioration de
la précision du moteur de recherche par la détection de la négation et des antécédents familiaux.</p>
      <p>Cuggia M, Bayat S, Garcelon N, Sanders L, Rouget F, Coursin A, Pladys P. A full-text
information retrieval system for an epidemiological registry. Stud Health Technol Inform.
2010;160(Pt 1):491-5.</p>
      <p>Cuggia M, Garcelon N, Campillo-Gimenez B, Bernicot T, Laurent JF, Garin E, Happe A,
Duvauferrier R. Roogle: an information retrieval engine for clinical data warehouse. Stud
Health Technol Inform. 2011;169:584-8.</p>
      <p>Humphreys, B.L., et al., The Unified Medical Language System: an informatics research
collaboration. J Am Med Inform Assoc, 1998. 5(1): p. 1-11.</p>
      <p>W. Chapman, W. Bridewell, P. Hanbury, G. Cooper, and B. Buchanan. A simple algorithm for
identifying negated findings and diseases in discharge summaries", 2001; J Biomed
Inform, vol. 34, no. 5, pp. 301{10,.</p>
      <p>S. Goryachev, M. Sordo, Q.T. Zeng, and L. Ngo. Implementation and evaluation of four
different methods of negation detection, 2006; Technical report, DSG
Aronow DB, Fangfang F, Croft WB. Ad hoc classification of radiology reports. J
Inform Assoc. 1999 Sep-Oct; 6(5):393-411.</p>
      <p>Am Med</p>
      <p>Friedlin J, McDonald CJ. Using a natural language processing system to extract and code
family history data from admission reports. AMIA Annu Symp Proc. 2006:925.</p>
      <p>Goryachev S, Kim H, Zeng-Treitler Q. Identification and extraction of family history
information from clinical reports. AMIA Annu Symp Proc. 2008 Nov 6:247-51.</p>
      <p>Wang D,</p>
      <sec id="sec-5-1">
        <title>Adresse de correspondance</title>
        <p>Institut Imagine, 24 boulevard Montparnasse, 75015 Paris</p>
      </sec>
    </sec>
  </body>
  <back>
    <ref-list>
      <ref id="ref1">
        <mixed-citation>
          <string-name>
            <given-names>L.</given-names>
            <surname>Deléger</surname>
          </string-name>
          &amp;
          <string-name>
            <surname>C. Grouin</surname>
          </string-name>
          .
          <article-title>Detecting Negation of Medical Problems in French Clinical Notes</article-title>
          .
          <source>IHI'12 Proceedings of 2nd ACM SIGHIT International Health Informatics Symposium</source>
          .
          <year>2012</year>
          .
        </mixed-citation>
      </ref>
    </ref-list>
  </back>
</article>