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      <title-group>
        <article-title>Transition vers la mobilité dans le monde médical : n'oubliez pas l'utilisabilité Switching to handheld tools in healthcare: don't forget usability</article-title>
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    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>-</title>
      <p>Résumé
There is an increasing pressure from caregivers to get ubiquitous access to clinical information.
The use of ultra-mobile devices, such as smartphone, is getting increasingly high. However, there
is a need for in-depth thinking regarding the best strategy to realize this transition. Too often, IT
teams go for the most straightforward solution and may think that presenting the existing
interfaces on the new devices will be an efficient solution. Unfortunately, this transition is not that
simple. The tactile interaction paradigm makes the usability strongly dependant of the way
Articles courts des 15es Journées francophones d’informatique médicale, JFIM 2014, pages 211–218</p>
      <p>Fès, Maroc, 12–13 juin 2014
information is presented. In this article, we are looking at demonstrating this dependence through
the results from a large study testing user performances when recording simple values through
different interfaces on mobile devices. Users had to enter some vital signs measure through three
different interfaces. The results showed clearly that the chosen solution influences significantly
user performances as well as satisfaction. This is a clear message to the stakeholders that should
clearly get aware of these issues before implementing mobile solutions.</p>
      <p>Mots-clés : Interface homme machine, Evaluation des systèmes, Utilisabilité,</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>Introduction</title>
      <p>
        Toutes les statistiques sont unanimes à reconnaître la forte progression des outils portables et
tactiles dans toutes les couches de la population. Alors qu’un nombre croissant de personnes
deviennent dépendantes de ces assistants dans plusieurs de leurs activités quotidiennes, il peut être
frustrant de devoir abandonner son appareil lorsque l’on franchit la porte de son travail. Cette
pression des utilisateurs, pour utiliser des appareils ultra-mobile dans le cadre de leur travail, se
fait, sans exception, sentir dans le milieu des soins ou nombre de soignants aimeraient continuer à
utiliser ces technologies pour faciliter leurs tâches quotidiennes. Cette pression est ressentie par les
organisations qui poussent leurs équipes informatiques à mettre en place, le plus rapidement
possible, ces nouveaux supports d’information. Il est nécessaire de bien réfléchir cette transition
car elle n’est pas exempte de risques. Un petit examen historique nous rappelle que le monde
médical n’est pas exempt d’exemples de transitions technologiques trop rapides qui ont amenés à
des échecs [1]. La transition vers les outils mobile n’est donc pas à prendre à la légère. Certaines
études montrent déjà que la transition de clavier comme moyen d’interaction vers un paradigme
d’interaction tactile peut entrainer une dégradation de la qualité des données enregistrées. Dans cet
article, nous présentons une étude menée auprès d’une centaine de soignants afin de tester
différentes interfaces de saisie sur une tâche d’enregistrement de signes vitaux. Nous démontrons
qu’un choix pertinent de l’interface de saisie est crucial pour assurer un niveau optimal
d’utilisabilité, que cela soit à la qualité des données enregistrée ou la satisfaction de l’utilisateur.
Dans le monde des soins, la qualité de l’information enregistrée est de première importance. La vie
d’un patient peut facilement être mise en danger par un report incorrect d’une prescription
médicamenteuse ou par le mauvais report d’une valeur physiologique ou biologique [2]–[4]. Ces
problèmes peuvent être atténués par le développement d’appareils médicaux qui sont
ergonomiques et qui tiennent en compte des facteurs humains [5]. Concevoir des interfaces fiables
et précises est un réel défi. Cela est particulièrement vrai pour les smartphones qui ont des écrans
de taille réduite. Des chercheurs ont étudié l’influence de la limitation d’espace sur l’écran de
l’utilisateur pour des tâches telles que la navigation, la recherche d’information [6]–[8]. Ils ont
montré que la taille du clavier ainsi que d’autres facteurs, tels que la taille des doigts de
l’utilisateur, influences ses performances [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref1">9</xref>
        ]. D’un autre côté, le paradigme d’interaction tactile
ouvre un grand nombre de nouvelles possibilités pour la conception d’interfaces conviviales
permettant un travail rapide en minimisant les erreurs.
      </p>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>Matériel et méthodes</title>
      <p>La transition vers les outils mobiles induit un changement de paradigme d’interaction. Ce nouveau
paradigme requiert de concevoir de nouvelles interfaces. Leur conception est cruciale, car elle
risque d’influencer significativement l’utilisabilité de l’outil. Afin de tester cette hypothèse, nous
présentons une étude comparant les performances et la satisfaction des utilisateurs sur plusieurs
interfaces d’interaction tactile. Plus particulièrement, nous proposons trois modèles d’interaction
sur lesquels des utilisateurs enregistrent des valeurs de signes vitaux. Pendant le processus, des
mesures d’efficience, d’efficacité et de satisfaction sont enregistrées afin de pouvoir évaluer le
niveau d’utilisabilité.
3.1</p>
      <sec id="sec-3-1">
        <title>Les différents modèles d’interaction</title>
        <p>L’étude à demandé la programmation de différentes interfaces de saisie tactiles sur un support
mobile. La plateforme sélectionnée pour nos tests est le « Samsung Galaxy Note » considérant que
le ratio entre la taille disponible sur l’écran et la portabilité était particulièrement intéressant pour
une utilisation dans un contexte médical. Ce smartphone possède un écran 5.3 pouces et
fonctionne avec le système d’exploitation Android. Concernant les modèles d’interaction
implémentés, nous avons identifié 3 modèles qui représentent trois paradigmes d’interaction
différents et qui sont susceptibles de modifier l’expérience des utilisateurs lorsque ceux-ci réalisent
leurs enregistrements de données.</p>
        <p>Figure 1 :</p>
        <p>Les trois modèles d’interaction, le clavier numérique, le stepper</p>
        <p>et la reconnaissance de caractères
• Le clavier numérique : Modèle le plus répandu pour rentrer de l’information numérique, le
clavier numérique est utilisé sur de nombreux supports existants comme la calculatrice ou le
téléphone.
• Le stepper : Ce modèle est aussi relativement commun sur un certain nombre d’outils, par
exemple, pour choisir une heure sur un réveil. Le principe de cette interface est que le chiffre
sélectionné est augmenté ou diminué d’une unité en appuyant sur le bouton «+» ou «-».
• La reconnaissance de caractères : Les interfaces de reconnaissance de caractères sont
pratiquement aussi vieilles que les interfaces tactiles. Pour entrer un chiffre avec cet interface,
il suffit à l’utilisateur de l’écrire sur la surface mise à disposition.
3.2</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-2">
        <title>Les mesures</title>
        <p>L’utilisabilité est définie par la norme ISO 9241-11 comme « le degré selon lequel un produit peut
être utilisé, par des utilisateurs identifiés, pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience
et satisfaction, dans un contexte d’utilisation spécifié ». Afin de mesurer ces niveaux d’efficacité,
d’efficience et satisfaction nous avons enregistré un certain nombre d’indicateurs à l’usage de
notre applications. Premièrement, l’efficacité est mesurée au moyen du temps pris par l’utilisateur
pour réaliser la tâche demandée. Pour cela, nous avons intégré dans l’application un chronomètre
mesurant le temps entre le début de la tâche et son accomplissement. Deuxièmement l’efficience
est mesurée en comparant les informations réelles et celles entrées par l’utilisateur. Finalement, la
satisfaction est mesurée par un questionnaire de satisfaction demandant explicitement à
l’utilisateur s’il a apprécié l’utilisation de l’interface de saisie.
3.3</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-3">
        <title>Design expérimental</title>
        <p>Afin de s’assurer de la significativité des résultats, nous avons recruté une centaine de participants.
La réglementation en matière de protection des droits des collaborateurs et de la sphère privée a
été respectés. La participation était volontaire.</p>
        <p>Les utilisateurs ont participé au test suivant une procédure unifiée qui a été définie antérieurement
dans un protocole expérimental.</p>
        <p>Présentation de l’expérience : Un superviseur explique aux participants ce qu’ils vont devoir
faire durant l’expérience. Le superviseur peut intervenir pour aider les participants lors de la
présentation des modèles (phase d’apprentissage), mais pas pendant le test en temps que tel.
L’exécution des tâches : Une fois le test démarré, chaque utilisateur se voit proposer les modèles
de façon aléatoire. Pour chaque modèle, il lui est demandé de rentrer une série de 3 valeurs
successives grâce à l’interface proposée. La procédure est répétée pour trois types de signe vitaux
(pouls, température, fréquence respiratoire). Cela signifie qu’au total, chaque utilisateur aura rentré
9 valeurs sur chacun des modèles.</p>
        <p>L’évaluation : Après chaque utilisation d’une interface, l’utilisateur doit évaluer son niveau de
satisfaction concernant le modèle d’interaction grâce à une échelle de Likert à 6 niveaux.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>Résultats</title>
      <p>4.1</p>
      <sec id="sec-4-1">
        <title>Efficacité</title>
        <p>Durant les trois mois de la phase expérimentale, au total 93 infirmiers ont participé. Après
élimination des tests incomplets et abandons, il restait un total de 87 jeux de données.
Les résultats obtenus montrent que le temps nécessaire pour entrer des mesures au clavier
numérique est significativement moins élevé que celui pris pour entrer des mesures avec le
stepper. Le modèle de reconnaissance de caractère à été le moins rapide pour l’enregistrement des
données. De façon relative, enter un nombre avec la reconnaissance de caractères a nécessité trois
fois plus de temps qu’avec le clavier numérique et deux fois plus qu’avec le stepper.
Figure 2 :</p>
        <sec id="sec-4-1-1">
          <title>Temps moyen, en millisecondes, nécessaire pour entrer une valeur selon les différents modèles d'interaction</title>
          <p>4.2</p>
        </sec>
      </sec>
      <sec id="sec-4-2">
        <title>L’efficience</title>
        <p>L’efficience est une mesure très importante lorsque l’on travaille avec des données médicales, car
on attend de celles-ci qu’elles soient de qualité irréprochable. On voit sur ce graphique que les
deux interfaces de saisie que sont le clavier numérique et le stepper on obtenu une efficience de
98%. L’efficience de la reconnaissance de caractère est bien en deçà avec seulement 86%.</p>
        <sec id="sec-4-2-1">
          <title>Précision lors de l’enregistrement des données par les utilisateurs</title>
          <p>4.3</p>
        </sec>
      </sec>
      <sec id="sec-4-3">
        <title>La satisfaction</title>
        <p>La satisfaction des utilisateurs est obtenue par le vote des participants sur une échelle de Likert à 6
niveaux (1 étant la satisfaction maximale et 6 la satisfaction minimale). La figure 4 illustre que
plus de 90% des utilisateurs sont extrêmement satisfait du clavier numérique alors que moins de
50% ont le même niveau de satisfaction avec le stepper. Cependant, la satisfaction du modèle
augmente rapidement pour rejoindre celle du clavier numérique. Pour la reconnaissance de
caractères, l’évolution est différente, car moins de 50% des utilisateurs ont décrit l’interface de
saisie comme satisfaisante (notes 1 à 3).
Figure 4 :
(A gauche) Satisfaction de l’utilisateur pour les différents</p>
        <p>modèles. (A droite) satisfaction cumulée</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>Discussion</title>
      <p>Les résultats de notre étude montrent que le choix de l’interface influence clairement le niveau
d’utilisabilité. Même si les différences de temps pour entrer une valeur (de l’ordre de la seconde)
peuvent paraitre minimes, lorsque la même opération est répétée une centaine de fois par jour la
perte de temps devient clairement quantifiable. Plus important encore, le choix d’une interface
inappropriée peut amener une dégradation de la qualité des données enregistrée. De plus, on peut
supposer que le nombre d’erreurs s’accentue dans un contexte réel de soins lorsque les soignants
subissent une pression constante et ont un risque supérieur de distraction comparé aux conditions
de l’expérience où les soignants étaient exclusivement concentrés à saisir les mesures demandées.
Finalement, le graphique de la satisfaction montre clairement la préférence des utilisateurs pour le
modèle de clavier numérique.</p>
      <p>Un point cependant qui reste à éclaircir est l’influence de l’entrainement sur les performances des
utilisateurs. On peut en effet supposer, qu’avec le temps, un gain de performance des utilisateurs
puisse favoriser un modèle ou un autre. Cela est spécialement possible pour la reconnaissance de
caractères qui, d’après nos expériences empiriques, a montré avoir besoin d’un plus grand temps
d’adaptation. Ceci fera l’objet d’études ultérieures.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-6">
      <title>Conclusion</title>
      <p>La transition vers l’ultra-mobilité est bien en marche. Poussé par la pression toujours plus grande
des utilisateurs, les organisations essaient de fournir des solutions le plus rapidement possible,
parfois en négligeant d’évaluer l’utilisabilité des outils proposés. Afin de démontrer l’influence de
la conception de l’interface sur cette mesure, nous avons mené une étude, effectuée sur près de
cent soignants, qui démontre que le niveau d’utilisabilité sur une tâche aussi basique que l’entrée
de signe vitaux est fortement influencé par le choix de l’interface. Les choix de conception
n’influence pas seulement la satisfaction utilisateur mais peut également avoir un effet délétère sur
la qualité des données enregistrées. Ceci est un message fort en faveur d’une réflexion de fond sur
les enjeux des interfaces lors d’une transition vers la mobilité, aspects souvent éclipsés par les
discussions sur la sécurité, les stratégies de type BYOD ou encore les aspects de coûts ou de
maintenance.
[1]</p>
    </sec>
    <sec id="sec-7">
      <title>Adresse de correspondance</title>
    </sec>
  </body>
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