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    <article-meta>
      <title-group>
        <article-title>Utilisation des représentations spatiales en Gestion Intégrée des Zones Côtières</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Lucille Ritschard</string-name>
          <email>lucille.ritschard@univ-brest.fr</email>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Françoise Gourmelon</string-name>
          <email>francoise.gourmelon@univ-brest.fr</email>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Frédérique Chlous</string-name>
        </contrib>
        <aff id="aff0">
          <label>0</label>
          <institution>. LETG Brest- Géomer (UMR 6554 CNRS), Université de Bretagne Occidentale, Institut Universitaire Européen de la Mer</institution>
          ,
          <addr-line>Technopôle Brest- Iroise - Rue Dumont D'Urville, 29280 Plouzané</addr-line>
        </aff>
      </contrib-group>
      <pub-date>
        <year>2015</year>
      </pub-date>
      <abstract>
        <p>This article aims to study how mapping contributes to organize and implement Integrated Coastal Zone Management projects. In order to observe the use of spatial representations and better understand the stakeholder's mapping practices a qualitative methodology is used. The results show that mapping was mostly used to structure and stabilize the actor's network. MOTS-CLES : représentations spatiales, GIZC, sociologie de la traduction, cartographie critique</p>
      </abstract>
      <kwd-group>
        <kwd>KEYWORD</kwd>
        <kwd>spatial representation</kwd>
        <kwd>mapping</kwd>
        <kwd>ICZM</kwd>
        <kwd>actor network theory</kwd>
        <kwd>critical cartography</kwd>
      </kwd-group>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>-</title>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and
academic purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics
conference, SAGEO 2015.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>Introduction : le renouvellement des représentations spatiales</title>
      <p>
        En trente ans, les Technologies de l’Information Géographiques
(TIG)1ont connu des évolutions importantes
        <xref ref-type="bibr" rid="ref22 ref6 ref9">(Dodge et al., 2011 ; Crampton,
2010)</xref>
        dont l’avènement des Systèmes d’Information Géographique (SIG)
dans les années 1990, suivi dix ans plus tard par la démocratisation
d’Internet et du Géoweb2. En conséquence, les représentations spatiales,
considérées comme des supports permettant de matérialiser certains objets
du territoire pour en faciliter la connaissance et la communication, ont été
impactées tant dans leurs contenus que dans leurs formes. Par exemple la
2D, qui jusqu’alors était la norme
        <xref ref-type="bibr" rid="ref22 ref25">(Walser et al., 2011)</xref>
        n’est plus aussi
prépondérante. Les images et les représentations 3D sont plus courantes et
offrent un mimétisme plus important avec la réalité
        <xref ref-type="bibr" rid="ref13">(Geller, 2007)</xref>
        .
      </p>
      <p>
        En parallèle, les modes de production et d’analyse des données
géographiques se sont également diversifiés
        <xref ref-type="bibr" rid="ref15">(Goodchild, 2007)</xref>
        et la
diffusion en ligne de l’information géographique, notamment
environnementale, s’impose progressivement via des Infrastructures de
Données Géographiques3afin de la rendre accessible au plus grand nombre
        <xref ref-type="bibr" rid="ref11">(EC, 2007)</xref>
        . En outre, le Géoweb permet à des non-techniciens de produire
leurs propres données et cartes numériques
        <xref ref-type="bibr" rid="ref22 ref23">(Mericskay et Roche, 2011)</xref>
        .
      </p>
      <p>
        Ces évolutions confèrent aux représentations spatiales de nombreuses
fonctionnalités
        <xref ref-type="bibr" rid="ref21">(analytiques, créatives, cognitives, relationnelles,
décisionnelles, opérationnelles selon Maurel, 2012)</xref>
        qui ne sont pas anodines
dans un contexte où les projets territoriaux prennent toujours plus appui sur
les figures (géo)graphiques et les images
        <xref ref-type="bibr" rid="ref8">(Debarbieux et Lardon, 2003)</xref>
        .
      </p>
      <p>
        Partant de ces constats, l’étude en cours vise à analyser comment les
représentations spatiales participent à la mise en oeuvre de la Gestion
Intégrée des Zones Côtières (GIZC). Itérative, adaptative et continue, cette
politique publique vise à gérer durablement le littoral (Cicin-Sain et Knecht,
1 Les TIG regroupent l’ensemble des outils, techniques et méthodes permettant de
représenter, de manipuler, d’analyser des données géographiques, de produire et
véhiculer des représentations spatiales (cartographie assistée par ordinateur, système
d’information géographique, services Web cartographiques, télédétection, GPS)
        <xref ref-type="bibr" rid="ref22 ref23">(Mericskay, 2011)</xref>
        .
2 Le Géoweb désigne les usages collaboratifs qui visent à organiser de l’information
sur Internet à travers un géoréférencement direct ou indirect sur la surface terrestre du
contenu informationnel généré par les Internautes
        <xref ref-type="bibr" rid="ref18">(Joliveau et al., 2013)</xref>
        .
3Les IDG font référence à des solutions fédérées qui rassemblent, sous forme de
réseaux, les informations, les systèmes informatiques, les normes et standards, les
accords organisationnels et les ressources humaines nécessaires pour faciliter et
coordonner le partage, l’accès et la gestion des informations géographiques
(
        <xref ref-type="bibr" rid="ref14">GeorisCreuseveau, 2014</xref>
        ).
1998) en s’appuyant notamment sur les représentations spatiales considérées
comme des support sensés intervenir à chacune des étapes de sa mise en
oeuvre
        <xref ref-type="bibr" rid="ref16">(Gourmelon et Robin, 2005)</xref>
        .
      </p>
      <p>
        Dans ce cadre, nous considérons les représentations spatiales comme des
constructions sociales ainsi que les ont décrites les cartographes critiques
        <xref ref-type="bibr" rid="ref7">(Crampton et Krygier, 2005)</xref>
        . Selon
        <xref ref-type="bibr" rid="ref17">Harley (1989)</xref>
        les cartes sont rhétoriques
et les choix qui préfigurent à leur élaboration sont guidés par
une intentionnalité sociale
        <xref ref-type="bibr" rid="ref18">(Joliveau et al., 2013)</xref>
        . En ce sens « maps make
the world as much as they represent it »
        <xref ref-type="bibr" rid="ref6">(Crampton, 2010)</xref>
        . Les
représentations spatiales ne sont donc pas neutres, mais enserrées dans des
mécanismes culturels, sociaux, économiques, techniques, etc. qu’il faut
prendre en compte pour comprendre comment le monde social les façonne et
comment en retour elles agissent sur le monde social
        <xref ref-type="bibr" rid="ref12">(Edney, 1993)</xref>
        .
      </p>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>2. La GIZC du Pays de Brest : éléments de contexte</title>
      <p>Pour analyser les effets des représentations spatiales dans la mise en
oeuvre de la GIZC, un cas d’étude exemplaire a été retenu.</p>
      <p>Le projet de GIZC du Pays de Brest qui est coordonné par un chargé de
mission qui l’organise et le met en oeuvre, traite de trois thématiques : la
qualité des eaux de baignade, l’organisation de la plaisance et le partage de
l’espace littoral. Nous avons étudié le travail réalisé autour de la question
du partage de l’espace littoral quia pour objectif de mettre en place
des« schémas concertés d’organisation de l’espace littoral » dans trois
bassins littoraux afin de coordonner les activités, de gérer et d’anticiper les
conflits pour l’espace et/ou la ressource.</p>
      <p>
        Dans ce contexte, des forums, qui constituent une instance de
concertation spécifique, ont été mis en place par le chargé de mission. Ils ont
pour objectif de faire émerger, grâce aux savoirs d’usages4 des acteurs
locaux
        <xref ref-type="bibr" rid="ref4">(Chlous-Ducharme, 2010)</xref>
        , des problématiques et des actions
adaptées à leurs besoins.
      </p>
      <p>
        Deux forums consécutifs ont été organisés par le chargé de mission de la
GIZC du Pays de Brest en février et mars 2013 dans chaque bassin littoral,
soit un total de six réunions qui ont rassemblé en moyenne une vingtaine de
représentants de différentes catégories d’usagers(Figure 1). Les forums ont
permis d’identifier 10 enjeux adossés à 10 actions telles que l’élaboration
d’un schéma d’organisation dans une anse (action 1) en réponse à la
saturation de l’espace (enjeu 1) ou la mise en place du balisage des parcs
4La notion de savoir d’usage se réfère à la connaissance qu’a un individu ou un
collectif de son environnement immédiat et quotidien, en s’appuyant sur l’expérience
et la proximité
        <xref ref-type="bibr" rid="ref24">(Nez, 2013)</xref>
        .
conchylicoles (action 2) pour améliorer la sécurité de la navigation de
plaisance (enjeu 2).
      </p>
      <p>En outre le Pays de Brest dispose depuis 1991 d’un SIG communautaire
et d’un portail d’information géographique5 en ligne depuis 2013 ;
l’ensemble constituant a priori un contexte propice à l’usage de
représentations spatiales dans le projet de GIZC.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>3. Méthodologie</title>
      <sec id="sec-4-1">
        <title>3.1 La sociologie de la traduction comme cadre théorique</title>
        <p>
          Afin d’analyser les représentations spatiales comme des constructions
sociales, nous prenons appui sur la sociologie de la traduction
          <xref ref-type="bibr" rid="ref1 ref10">(Akrich et al.,
2006 ; Dodge et al., 2009)</xref>
          qui s’intéresse aux éléments qui participent
directement ou indirectement à l’aboutissement d’un projet. Dans cette
théorie, humains et objets sont étudiés symétriquement, estimant qu’ils
participent mutuellement à l’organisation du monde social. Dans notre étude,
nous postulons qu’envisager les représentations spatiales au même titre que
des humains permettra de rendre compte de leur(s) contribution(s) à la mise
en oeuvre de la démarche de GIZC.
        </p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-2">
        <title>3.2 Constitution du corpus</title>
        <p>Pour mener à bien cette analyse, une méthodologie qualitative a été mise
en place, reposant sur un corpus constitué de différents matériaux :
-15 retranscriptions d’observations non participantes de séances de
travail (comités de pilotage, groupes de travail, forums, etc.) qui ont été
rigoureusement traduites dans une grille d’observation. Nous avons observé
les représentations spatiales mobilisées en situation d’usage par les différents
acteurs de la GIZC. Leurs mises en circulation, les interactions qu’elles
provoquent(confrontation des points de vue, partage de connaissances,
négociation…), leurs trajectoires (apparitions, disparitions, modifications de
contenus) ont ainsi été relevées ;</p>
        <p>- une trentaine de documents produits par le Pays de Brest
(représentations spatiales, comptes rendus, diaporamas, photos, lettres
d’invitation…) qui ont circulé durant et autour de ces séances de travail. Ils
permettent de replacer les représentations spatiales dans leur
contexte d’usage, au regard des autres supports utilisés. L’étude de ces
documents permet en outre de mettre en évidence la manière dont elles
circulent entre les parties prenantes du projet de GIZC ;</p>
        <p>-14 entretiens semi-directifs menés avec les représentants des différentes
catégories d’acteurs ayant pris part au projet6.Leurs usages, leurs
connaissances et leurs opinions sur le rôle et l’intérêt des représentations
spatiales dans un contexte de GIZC ont été recueillis a posteriori, une fois le
projet terminé.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-3">
        <title>3.3 L’analyse qualitative du corpus</title>
        <p>
          Une fois le corpus constitué, le projet de GIZC est déconstruit pour en
identifier les différentes étapes et étudier comment y interviennent les
représentations spatiales. Ainsi, les circonstances, les objectifs et les
modalités d’usages des représentations spatiales sont analysés tout comme
les interactions qu’elles provoquent entre les acteurs, facilitant (ou non) le
passage d’une étape à l’autre. Selon la sociologie de la traduction, un projet
6 Les parties prenantes du projet de GIZC que nous avons rencontrées sont le chargé
de mission, un géomaticien, des représentants des services de l’Etat, des mondes
socio-économique, associatif et politique.
quelle qu’en soit sa nature, doit franchir quatre étapes incontournables pour
aboutir
          <xref ref-type="bibr" rid="ref2">(Callon, 1986)</xref>
          :
        </p>
        <p>- la problématisation durant laquelle un acteur se rend indispensable
(porte-parole) en construisant et proposant une question aux autres acteurs
qu’il souhaite impliquer dans le processus ;</p>
        <p>- la création d’un point de passage obligé est l’objectif à atteindre pour
faire aboutir le projet ;</p>
        <p>- la mise en place d’un dispositif d’intéressement qui consiste à séduire et
attacher au réseau les acteurs jugés indispensables, ainsi qu’à sceller des
alliances ;</p>
        <p>- l’enrôlement est prescrit par la problématisation. C’est une phase durant
laquelle le porte-parole assigne un rôle aux acteurs impliqués et tente de le
faire respecter. Inversement, ces derniers essaient d’adapter le cadre qui leur
est attribué en fonction de leurs besoins, de leurs intérêts ou de leurs
ressources.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-4">
        <title>3.4 Typologie des représentations spatiales</title>
        <p>
          Pour caractériser les représentations spatiales qui ont été observées en
situation d’usage, nous prenons appui sur la typologie proposée par
          <xref ref-type="bibr" rid="ref3">Caron et
Roche (2001</xref>
          ) et la complétons. Cette typologie rend compte d’une
éventuelle homogénéité ou hétérogénéité des représentations spatiales,
renseignant par extension sur les compétences géomatiques mobilisées lors
de leur élaboration. Elle nous aidera à répondre à l’hypothèse suivante qui
postule que les représentations spatiales ne supportent pas toutes les mêmes
interactions, et qu’elles participent donc différemment à la mise en oeuvre
d’un projet de GIZC.
        </p>
        <p>Pour cela, les représentations spatiales sont classées selon leurs contenus
en fonction de trois critères distinctifs:</p>
        <p>- monothématiques (un seul thème considéré) ou plurithématiques
(plusieurs thèmes considérés simultanément). Ce critère permet de
déterminer si les représentations ayant circulé dans les projets de GIZC
matérialisent des interactions entre objets géographiques, ou si chaque thème
est abordé indépendamment ;</p>
        <p>- descriptives ou analytiques : les premières présentent des informations
géographiques numériques brutes qui n’ont pas subi de traitement alors que
les secondes sont issues d’un travail d’analyse spatiale restitué sous forme de
synthèse ;</p>
        <p>- synchroniques ou diachroniques afin de déterminer si les évolutions
spatio-temporelles de la zone côtière sont prises en compte.</p>
        <p>Deux critères supplémentaires renseignent les formes des représentations
spatiales mobilisées :
- la dimension 2Dvs 3D ;
- la nature statique vs dynamique.</p>
        <p>Le croisement de ces critères permet de décrire finement une
représentation spatiale qui peut être, par exemple, 1) monothématique,
descriptive, synchronique, en 2D et statique ou2) plurithématique,
analytique, dynamique et en 3D. Dans le premier cas, les compétences
géomatiques requises pour l’élaborer sont faibles, dans le second le travail
d’analyse spatiale est central, nécessitant des compétences géomatiques
conséquentes.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>4. Résultats : les représentations spatiales dans le projet « partage de l’espace littoral » du Pays de Brest</title>
      <sec id="sec-5-1">
        <title>4.1. Le corpus de représentations spatiales analysé</title>
        <p>En s’appuyant sur la typologie présentée précédemment, il est possible
de caractériser les 48 représentations spatiales qui ont été observées en
situation d’usage (Tableau 1). Ce corpus est constitué de cartes contenues
dans deux atlas (diffusés via un diaporama lors des forums), d’une animation
et de 3 cartes imprimées sur un support de 120*160cm. Toutes les
informations géographiques qui composent ce corpus sont issues d’un SIG.</p>
        <p>Ce classement permet de constater que les représentations spatiales
mobilisées dans le cadre des forums de la GIZC du Pays de Brest sont tant
monothématiques que plurithématiques. Cependant, seules 10% d’entre elles
sont analytiques. Nombre de représentations plurithématiques sont
constituées d’une superposition de couches d’informations géographiques
(métiers principalement7) mais ne sont pas le résultat d’un travail d’analyse
spatiale. Par exemple, pour matérialiser les interactions spatiales entre la
conchyliculture et le nautisme, une carte superpose deux types de données :
le cadastre conchylicole et les zones de navigation des écoles de voile.</p>
        <p>La forme des représentations spatiales de ce corpus est homogène
puisque seules des cartes statiques en 2D le composent. Par ailleurs, les
représentations spatiales ne contribuent pas aux réflexions sur les
dynamiques passées ou futures puisqu’une seule représentation diachronique
est recensée.</p>
        <p>Les quelques cartes plurithématiques et analytiques mobilisées visent à
représenter des interactions entre activités. Par exemple, pour matérialiser
des interactions entre agriculture et conchyliculture, une zone tampon autour
du cadastre conchylicole a été utilisée pour identifier les parcelles agricoles
ayant une influence potentielle sur la qualité des eaux. Enfin, la seule
représentation plurithématique, analytique, synchronique, dynamique et en
2D modélisele déroulement spatio-temporel de différentes activités
maritimes à un pas de temps quotidien (Le Guyader, 2012). Il faut noter que
c’est la seule à avoir été produite dans le cadre d’un travail de recherche
indépendant du projet de GIZC.</p>
        <p>De cette rapide description, nous retenons que les représentations
spatiales ayant circulé dans le projet de GIZC du Pays de Brest sont
homogènes et relativement sommaires ; les opportunités offertes par le
renouvellement des TIG étant faiblement exploitées.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-2">
        <title>4.2Les représentations spatiales comme dispositif d’intéressement et comme support d’enrôlement</title>
        <p>
          Notre entrée sur le terrain coïncide avec la mise en place des forums. Le
projet est alors en phase de construction d’un diagnostic territorial qui selon
          <xref ref-type="bibr" rid="ref19">Lardon et al. (2005)</xref>
          , doit permettre de caractériser les potentialités du
territoire, de mobiliser les acteurs et de produire une image de référence sur
laquelle s’appuyer pour élaborer les décisions à venir. D’après nos
observations, les représentations spatiales ont avant tout permis d’intéresser
et d’enrôler les acteurs afin de les associer durablement au projet de partage
de l’espace littoral coordonné par le Pays de Brest.
        </p>
        <p>Grâce aux forums, le chargé de mission souhaite que les acteurs locaux
issus de la société civile organisée, l’aident à définir les enjeux
caractéristiques des trois bassins littoraux. Leur présence et leur participation
sont donc primordiales. Si le chargé de mission ne parvient pas à mettre en
7 Informations de base relatives à un métier ou à une thématique (littoral, urbanisme,
environnement…)
oeuvre cette concertation, les projets de schémas des trois bassins littoraux
risquent d’échouer. Il doit donc les convaincre que leur présence est
essentielle pour définir des actions futures qui répondront à leurs besoins.</p>
        <p>Un dispositif participatif est alors déployé durant les forums. La première
session de forums présente la démarche de GIZC, puis un travail participatif
de recension des enjeux à l’aide d’un Métaplan8 est réalisé. Dans un dernier
temps, un chercheur invité présente une modélisation de la distribution
spatio-temporelle de différentes activités de la rade de Brest. La seconde
session est construite autour d’un diagnostic réalisé par des étudiants pour le
compte du Pays de Brest. Le diaporama d’un atlas9présente : 1) les
périmètres d’utilisation de l’espace selon les activités (cadastre conchylicole,
zones de navigation des écoles de voiles ou de pêche à pied…) ; 2) les
périmètres de gestion inclus dans les trois bassins littoraux (Natura 2000,
SAGE…) ; 3) des cartes de zonages à dires d’acteurs qui spatialisent des
interactions négatives ou des conflits entre activités. En dernier lieu, une
carte au 1/7500ème, produite par le chargé de mission pour l’occasion, est
affichée aux murs de la salle de réunion sur un support de 120*160 cm. Elle
résulte de la superposition d’une soixantaine de couches d’informations
géographiques issues du SIG du Pays de Brest10.
4.2.1 Les représentations spatiales pour sceller une alliance entre le chargé
de mission et les acteurs locaux</p>
        <p>L’atlas et la carte au 1/7500ème sont utilisés par le chargé de mission
comme outils de médiation pour engager et organiser la participation des
acteurs locaux, dans le cadre des forums. Certaines cartes de l’atlas
matérialisent les zones d’interactions négatives et de conflits relatées en
entretiens : des couches de zonages d’activités sont superposées sur
lesquelles un cercle rouge est apposé afin de mettre en évidence la
concurrence pour l’espace ressentie par les acteurs. Ainsi, leurs
préoccupations sont rendues concrètes par leur intégration sur un support
cartographique. Elles ne sont plus seulement vécues, mais sont désormais
visibles grâce à leur inscription dans un document officiel11. Alors que la
démarche vient d’être amorcée, nous supposons que le fait de traduire les
8Le Métaplan est une technique de collecte d’idées qui permet ensuite de les classer
selon deux axes (importance de l’enjeu et capacité d’évolution).
9 Deux atlas d’une vingtaine de cartes ont été produits. L’un d’entre eux a été utilisé à
l’identique dans deux forums dont les bassins littoraux sont géographiquement
proches.
10 Couches d’urbanisme réglementaire (PLU, cadastre conchylicole, etc.) et situation
d’activités (campings, centres nautiques, cales de mise à l’eau…)
11 Les atlas produits ont été mis en ligne sur le site du Pays de Brest
http://www.pays-de-brest.fr/transition-ecologique/gestion-du-littoral/172-lespublications
propos des acteurs sur des cartes consultables sur Internet contribue à leur
démontrer que leurs avis sont pris en compte. Dans ce cadre, les
représentations spatiales semblent symboliser l’importance de la
concertation qui n’est ni un prétexte, ni une obligation légale, mais la clé de
voûte du projet.</p>
        <p>Par ailleurs, la carte au 1/7500ème a aussi joué un rôle important pour
aider le chargé de mission à sceller une alliance avec les acteurs locaux
invités. Dans un des trois bassins littoraux, les conchyliculteurs qui sont
confrontés à plusieurs difficultés (manque d’espace à terre, réglementation
contraignante, détérioration de la qualité des eaux) profitent des forums pour
faire part de leur mécontentement, parfois de manière virulente. En fin de
réunion, le chargé de mission s’appuie sur la carte affichée au mur pour
tenter de les associer durablement au projet de GIZC. Alors que certains
menacent de ne plus revenir, il leur demande de localiser sur la carte les
espaces à enjeux et de les lui décrire. Refusant de se plier à l’exercice
graphique, ils s’appuient cependant sur la carte pour expliciter les difficultés
auxquelles ils sont confrontés (cale de débarquement située trop loin des
concessions, agriculture littorale proche du rivage…) et leurs relations avec
les autres usagers. Le chargé de mission retranscrit alors ces remarques sur la
carte. Dans ce cas, l’utilisation de ce support a participé, au moins
partiellement, à rétablir une certaine confiance avec les conchyliculteurs en
servant de support de médiation.</p>
        <p>Si ces deux exemples ne permettent pas de tirer des conclusions, ils
indiquent néanmoins la manière dont les représentations spatiales peuvent
être mobilisées pour intéresser les acteurs. Transposer leurs paroles sur des
supports cartographiques permet de leur démontrer que leurs remarques sont
légitimes et qu’elles sont prises en compte, leur signifiant par extension que
leur participation n’est pas vaine. Dans ce cadre, les représentations spatiales
ne sont donc pas uniquement des supports utilisés pour transmettre des
connaissances, maissont performatives, incarnant, dans une certaine mesure,
la concertation.
4.2.2 Les représentations spatiales comme support à la définition du rôle de
chacun</p>
        <p>
          Les cartes ayant circulé dans les forums ont aussi participé à la définition
du rôle de chacun au sein du projet. En effet, transposer des savoirs d’usages
recueillis lors d’entretiens individuels sur des cartes, présentées
ultérieurement en réunion, n’est pas anodin car ces supports sont par
définition des outils d’experts
          <xref ref-type="bibr" rid="ref20">(Lussault, 2003)</xref>
          .Elles pourraient donc être un
témoin du rôle assigné aux participants considérés comme les mieux placés
pour parler de leurs territoires et participer à la définition d’actions de
gestion. A titre d’exemple, le chargé de mission précise à plusieurs reprises
que le Pays de Brest projette de diffuser sur Internet les données produites
dans le cadre de la GIZC et que les acteurs locaux seront invités à les
enrichir ou à les corriger. N’est-ce pas une façon de les considérer comme
des experts au même titre qu’un technicien ?
        </p>
        <p>En outre, les représentations spatiales sont aussi utilisées par les acteurs
pour négocier leur place dans le processus. Par exemple, lorsque l’atlas est
présenté, quelques participants prennent appui sur certaines cartes, pour faire
part de leurs revendications et se positionner dans le processus. Une carte
représentant le cadastre conchylicole est ainsi utilisée pour argumenter que le
levier le plus adéquat pour accompagner le développement de la
conchyliculture consisterait à rédiger un volet mer pour le Schéma de
Cohérence Territoriale. De la même manière, lorsque le chercheur présente
une animation du déroulement spatio-temporel des activités en rade de Brest,
plusieurs acteurs demandent à ce qu’un travail similaire soit réalisé à
l’échelle des bassins littoraux afin d’en comprendre finement le
fonctionnement. Pour d’autres, l’intérêt de ce type de support est limité. Un
travail de communication sur la réglementation en mer leur paraît suffisant
pour réguler les interactions entre activités. En s’appuyant sur les
représentations spatiales, les acteurs exposent à l’ensemble du groupe leurs
préoccupations et leurs besoins, tout en précisant quelles sont leurs attentes
vis-à-vis de la démarche. De cette manière, nous pensons qu'ils négocient
leur place dans le processus et le projet à venir.</p>
        <p>D’après ces quelques exemples, l’utilisation des représentations spatiales
comme support d’enrôlement ne semble pas négligeable, permettant aux
acteurs d’être reconnus et de se positionner dans la démarche. Mais comme
le rappelle une majorité d’acteurs lors des entretiens individuels: « on n’avait
pas besoin de cartes pour savoir ça », tout en étant plusieurs à ajouter : « il
faut bien avoir un support au départ. C’est vrai qu’en arrivant avec une
feuille vide et un stylo ça ne marche pas non plus » ou « Je pense que pour
tout le monde ça allait de soi. On imaginait mal avoir toutes ces réunions
sans que les cartes apparaissent.»12 Les observations non participantes
éclairent ces propos. En effet, ce ne serait pas tant le fait d’apporter de
nouvelles connaissances, que de négocier celles qui sont connues et
partagées, qui rendrait l’utilisation des représentations spatiales intéressante,
permettant alors d’articuler le jeu d’acteurs et par extension d’organiser le
projet.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-6">
      <title>5. Discussion et conclusion</title>
      <p>Bien qu’il soit difficile de tirer des conclusions à ce stade de nos
recherches ne mobilisant qu’un cas d’étude, il semblerait que les
représentations spatiales, en tant que constructions sociales, aient permis au
12Extraits d’entretiens avec un président d’association de plaisanciers, un
conchyliculteur et un élu
Pays de Brest de symboliser et d’incarner la concertation en traduisant sur
des supports experts des dires d’acteurs profanes. En retour, les acteurs ont
utilisé les cartes pour faire part de leurs attentes vis-à-vis du projet. Elles
auraient donc joué en faveur des élus et du chargé de mission en leur
permettant d’intéresser et d’enrôler les acteurs locaux, tout en faisant
émerger des enjeux qui appellent une réponse politique.</p>
      <p>Cependant, ce constat mérite d’être pondéré. Lasseube représentation
spatiale complexe (la modélisation spatio-temporelle des activités maritimes
réalisée par un chercheur extérieur au processus de GIZC) à avoir été
présentée dans ces forums a suscité une certaine méfiance de la part du
chargé de mission. En entretien, il la décrit comme étant déconnectée des
préoccupations « pragmatiques » des acteurs locaux. D’après lui, sa
complexité risquerait d’introduire implicitement une distance sociale et/ou
technique qui pourrait provoquer un délitement du réseau en pleine phase
d’enrôlement. On est donc face à une double posture. Par l’usage de cartes
que l’on commente, complète et construit autour des savoirs d’usages, il est
proposé aux parties prenantes de les reconnaître comme des experts de leurs
territoires permettant donc de les intéresser et de les enrôler dans le projet de
GIZC. Cependant les supports plus complexes sont redoutés, perçus par le
chargé de mission comme étant en contradiction avec les attentes des acteurs
locaux. Ils pourraient donc jouer en sa défaveur en freinant le processus
d’enrôlement alors à l’oeuvre.</p>
      <p>Par ailleurs, nous avons pu observer qu’il a été nécessaire au Pays de
Brest de réaliser ses propres cartes, alors que certaines d’entre elles avaient
été élaborées antérieurement par le représentant d’une autre scène de gestion
pourtant partie prenante du projet de GIZC.</p>
      <p>La crainte exprimée au sujet de la modélisation, ainsi que la
nonutilisation de cartes disponibles reflètent, dans une certaine mesure, les
intentions du chargé de mission vis-à-vis de la démarche qu’il porte. Par le
(non) usage de certaines représentations spatiales, il s’approprie la démarche
et semble mettre à distance les acteurs dont il souhaite se démarquer.</p>
      <p>L’étude des représentations spatiales dans ce cadre a donc renseigné la
contribution de ces supports aux étapes d’intéressement et d’enrôlement tout
en explicitant l’intentionnalité sociale qu’ils véhiculent intrinsèquement.
D’autres études viendront enrichir nos réflexions et permettront d’analyser le
rôle des représentations spatiales durant des phases décisionnelles de la
GIZC.</p>
      <p>Remerciements</p>
      <p>Les auteurs souhaitent remercier le chargé de mission GIZC du Pays de
Brest, ainsi que l’ensemble des personnes qui ont accepté de nous
rencontrer dans le cadre des entretiens.</p>
    </sec>
  </body>
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