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      <title-group>
        <article-title>Modélisation multi-agents de transports collectifs artisanaux : structures émergentes et stratégies individuelles</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Léa Wester</string-name>
          <email>lea.wester@laposte.net</email>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
        </contrib>
        <aff id="aff0">
          <label>0</label>
          <institution>UMR 7300 ESPACE, Aix Marseille Université 25</institution>
          <addr-line>avenue Robert Schuman, 13100 Aix en Provence</addr-line>
          ,
          <country country="FR">France</country>
        </aff>
      </contrib-group>
      <pub-date>
        <year>2015</year>
      </pub-date>
      <abstract>
        <p>Public authorities of several metropolises in southern countries do not participate in the management of the collective transports. In this context of lack of centralization, alternative solutions appear. They are based on individual initiatives. In other words, independent individuals develop offers of collective transport. In the case of Brazzaville, the system presents a huge stability through time and space. Its structure rest upon a spatial emergence phenomenon linked to the combination of non-concerted individual strategies. With the aim of characterizing the processes at stake, we propose to apprehend this system with an individual-based approach, inspired from self-organization theories. An agent-based model was built on surveys'data. It allows analyzing the impacts of individual strategies on spatial structures of the system, coupled with several variables. The different configurations lead to the emergence of more or less fragmented, diversified and efficient structures. Multiscalar and dynamic relations are characterized by the identification of thresholds. MOTS-CLES :transports collectifs artisanaux, systèmes multi-agents, auto-organisation</p>
      </abstract>
      <kwd-group>
        <kwd>artisanal collective transports</kwd>
        <kwd>developing cities</kwd>
        <kwd>self-organization</kwd>
        <kwd>agent-based models</kwd>
      </kwd-group>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>-</title>
      <p>1. Les transports collectifs artisanaux : gestion individuelle de la mobilité
collective</p>
      <p>
        Les pouvoirs publics de certaines grandes métropoles du Sud n’interviennent pas
dans la gestion des transports en commun. Dans ce contexte, des solutions
alternatives apparaissent. La mobilité quotidienne de plusieurs millions de citadins
repose aujourd’hui sur des systèmes entièrement privés et fragmentés
        <xref ref-type="bibr" rid="ref10">(World Bank,
2002)</xref>
        . De Nairobi
        <xref ref-type="bibr" rid="ref19">(Graeff, 2009)</xref>
        à Santiago
        <xref ref-type="bibr" rid="ref15">(Figueroa, 2005)</xref>
        , ces transports
collectifs sont présents sur plusieurs continents. En l’absence d’autorité
centralisatrice, ils fonctionnent sur la base de l’initiative individuelle et prennent des
formes multiples
        <xref ref-type="bibr" rid="ref8">(Cervero, 2000)</xref>
        . Malgré le petit nombre d’études générales sur le
sujet, certains traits communs ont été définis et permettent de mieux cerner les
caractéristiques de ces systèmes de transport.
      </p>
      <p>
        Ce secteur d’activité est la plupart du temps composé de micro-entreprises «
artisanales », dans le sens où elles se composent d’une seule personne ou d’un petit
groupe
        <xref ref-type="bibr" rid="ref18">(Godard et al., 1994)</xref>
        . Autrement dit, des individus autonomes et
indépendants mettent en place des offres de transport collectif. Elles reposent, de
fait, sur une gestion décentralisée
        <xref ref-type="bibr" rid="ref32">(Wilkinson et al. 2011)</xref>
        , puisqu’elles ne sont ni
planifiées, ni régulées. Ces systèmes sont difficilement lisibles étant donné qu’ils
reposent sur une information non concertée et non regroupée, tant pour les usagers
que pour les transporteurs.
      </p>
      <p>
        Au-delà du manque de lisibilité important, les transports artisanaux fonctionnent
: l’activité est rentable et pourvoyeuse d’emplois
        <xref ref-type="bibr" rid="ref17">(Godard, 2002)</xref>
        . Cependant, la
notion de service public est complètement absente de l’organisation du secteur. Dans
ce cas, l’efficacité de la desserte est une notion plus économique que sociale. Du
point de vue des usagers, l’accessibilité est inégale. Dans le cas de Lima par
exemple, les populations les plus pauvres et les zones très excentrées sont les moins
bien desservies (Wester, 2014).
      </p>
      <p>
        Dans une perspective de développement, les pouvoirs publics tentent de mettre
en place des systèmes centralisés, notamment à travers des systèmes en site propre,
appelés bus rapid transit
        <xref ref-type="bibr" rid="ref16 ref23">(Gil-Beuf, 2007; Mobereola, 2009)</xref>
        ou le lancement de
transports publics
        <xref ref-type="bibr" rid="ref25">(Paquette, 2010)</xref>
        . Ces systèmes restent sérieusement concurrencés
par les transports artisanaux
        <xref ref-type="bibr" rid="ref22">(Lomme, 2004)</xref>
        . Les transports artisanaux ont des
qualités qui sont difficiles à reproduire avec un système centralisé
        <xref ref-type="bibr" rid="ref30">(Salazar Ferro,
2014)</xref>
        . Ils permettent par exemple une desserte souple à la fois dans l’espace et dans
le temps. Ils s’imposent ainsi comme un éléments important pour de nouveaux
systèmes de transports en commun (Godard, 2008). En tant que constructions
endogènes, ils constituent un modèle de transport collectif adapté à la réalité
urbaine. Une telle source d’innovation mérite une analyse plus approfondie
        <xref ref-type="bibr" rid="ref1">(Amar,
2004)</xref>
        .
      </p>
      <p>Nous avons étudié la mobilité urbaine de Brazzaville, capitale de la
République du Congo. Dans un contexte de choix modal restreint, la seule
alternative motorisée au véhicule personnel est le transport collectif artisanal. Le
système émergent montre une grande stabilité, à la fois dans l’espace et le temps.</p>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.
Dans une démarche explicative, nous proposons une approche de modélisation
individu centrée spatialisée, à travers la construction d’un système multi-agent.
L’objectif est de caractériser les processus qui sous tendent les structures et les
dynamiques spatiales de ce système. Afin d’identifier des variables structurantes,
nous testons l’impact de différentes configurations sur les structures spatiales
émergentes.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>2. Le contexte Brazzavillois des transports collectifs</title>
      <p>
        Brazzaville est la capitale de la République du Congo. Fondée au XIX° par les
colons français, elle a une structure urbaine particulière : les densités de population
sont plus importantes en périphérie qu’au centre de l’agglomération. Cette
répartition trouve son origine dans la planification coloniale de la ville qui réservait
le centre aux colons et attribuait une parcelle à chaque famille en périphérie
        <xref ref-type="bibr" rid="ref5">(Balandier, 1955)</xref>
        . Aujourd’hui, les périphéries ont conservé une fonction
principalement résidentielle. Le centre de l’agglomération est plus aéré et concentre
la majorité des activités administratives et économiques. Il est aussi bien mieux
équipé : les infrastructures y sont plus développées
        <xref ref-type="bibr" rid="ref33">(Ziavoula, 2006)</xref>
        .
      </p>
      <p>
        Ce cadre urbain génère des déplacements quotidiens polarisés sur la partie
centrale de l’agglomération. Le taux de motorisation des ménages est entre 10 et
20% dans les villes africaines
        <xref ref-type="bibr" rid="ref12">(Diaz Olvera et al. 2010)</xref>
        . Brazzaville ne fait
certainement pas exception. En l’absence de système de transport en commun
centralisé, la mobilité quotidienne des 1,2 millions d’habitants de la capitale pose
question. Pour comprendre le fonctionnement de ce système nous avons mis en
place plusieurs enquêtes
        <xref ref-type="bibr" rid="ref26 ref3">(Perez, 2009; Perez, 2010; Audard et al., 2012; Wester,
2013)</xref>
        .
      </p>
      <p>Le système de transport collectif brazzavillois repose uniquement sur l’initiative
individuelle. Chaque véhicule est occupé par un crieur et un chauffeur que nous
appelons « opérateurs ». Ils sont au coeur du système puisque ce sont les seuls à être
au contact de la demande (Schéma 1). Ils doivent payer la location de leur véhicule
et les différentes taxes et droits de circulations. Les pouvoirs publics contrôlent
uniquement les papiers des chauffeurs grâce à des agents de contrôle. Il n’y a aucune
centralisation technique : c'est-à-dire que personne ne coordonne les itinéraires ou
les fréquences de circulation des bus.
Schéma 1 : Les acteurs de l’offre de transport collectif (Léa Wester – 2015)
Cette absence de centralisation technique laisse les opérateurs libres de choisir
leurs itinéraires et leurs fréquences de circulation. Afin de dégager suffisamment de
bénéfices pour payer leurs frais et leurs salaires, ils mettent en place des stratégies
particulières pour être le plus rentable possible.</p>
      <p>Ces stratégies reposent sur une construction progressive des itinéraires. En
arrivant à un arrêt de bus, le crieur annonce une destination et jauge la réaction des
usagers qui attendent. Il recommence son annonce jusqu’à trouver la destination la
plus rentable. Autrement dit, il cherche la destination la plus demandée mais
également celle qui sera la moins embouteillée et si possible à une distance
raisonnable. Le crieur recommence ce processus à chaque fois que son bus se vide.</p>
      <p>Pour la construction de ces itinéraires, les opérateurs ont à leur disposition un
réseau fortement contraints par l’état de la voierie. La quasi-totalité des routes
goudronnées est parcourue par des transports en commun. Les routes parcourues par
les transports collectifs sont cependant présentes sur la totalité de la zone urbanisée
(Carte 1). Le réseau est structuré par des points de repères qui permettent aux
opérateurs et aux usagers de communiquer. Ils constituent les principaux arrêts de la
ville.</p>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
      <p>Carte 1 : Réseau utilisé par les transports en commun Brazzavillois
3. Du terrain à la modélisation, fondements théoriques : auto-organisation,
approche individu centrée, système multi-agents</p>
      <p>
        Comme tout système anthropique, les transports collectifs ont un fort degré de
complexité
        <xref ref-type="bibr" rid="ref9">(Chardin, 1955)</xref>
        . La complexité est caractérisée par la variété des
éléments et des interactions
        <xref ref-type="bibr" rid="ref29">(Rosnay, 1975)</xref>
        . Elle constitue un défi méthodologique :
les systèmes complexes sont difficiles à appréhender et appellent une réflexion
systémique
        <xref ref-type="bibr" rid="ref24">(Morin 1990)</xref>
        . Celle-ci doit prendre en compte les éléments du système
et leurs relations à différentes échelles organisationnelles et spatiales
        <xref ref-type="bibr" rid="ref21">(Le Moigne,
2005)</xref>
        . Dans ce cadre, notre travail présente une optique explicative. Il s’agit de
proposer une description la plus fidèle possible des phénomènes observés afin de les
comprendre et de les analyser
        <xref ref-type="bibr" rid="ref6">(Benkirane, 2002)</xref>
        .
      </p>
      <p>
        Nous tentons de comprendre quels sont les processus liés aux transports
collectifs artisanaux, en caractérisant notamment la relation entre mobilité collective
et initiative individuelle. Dans ses déplacements comme dans ses autres actions,
l’individu est à la fois produit et producteur de la société
        <xref ref-type="bibr" rid="ref13">(Dupuy, 2004)</xref>
        . Il construit
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2015.
ses choix en fonction de ses besoins et de l’état du système dans lequel il s’insère.
Ce positionnement méthodologique implique de mettre au centre de l’analyse :
l’individu, ses stratégies et ses relations au groupe. Dans le cas de la mobilité, il
s’agit de considérer l’individu et la société dans leurs pratiques spatiales
        <xref ref-type="bibr" rid="ref4">(Bailly,
1995)</xref>
        . La spatialisation des phénomènes implique plusieurs échelles à la fois
organisationnelles et spatiales : de l’individuel au groupe, du micro au macro.
      </p>
      <p>
        Dans le cas de Brazzaville, la desserte en transport collectif présente une
structure stable. Celle-ci repose sur un phénomène d’émergence spatiale lié à la
combinaison de stratégies individuelles non concertées. La non-centralisation et le
caractère multiscalaire du fonctionnement du système nous incite à utiliser les
théories de l’auto-organisation
        <xref ref-type="bibr" rid="ref28">(Pumain, 2007)</xref>
        . Il s’agit en effet d’un système
autoorganisé puisque l’organisation ne repose pas sur une forme de concertation ou de
coordination centralisée des individus (
        <xref ref-type="bibr" rid="ref11">Daudé, 2004</xref>
        ). Chacun construit ses stratégies
en fonction d’une connaissance limitée de l’état global du système. C’est à partir des
éléments et de leurs interactions que l’organisation du système émerge. L’adaptation
des stratégies individuelles entraîne celle du groupe et sous-tend les processus
d’auto-organisation du système (Donnadieu, Karsky, 2002).
      </p>
      <p>Afin d’envisager du mieux possible la coévolution des stratégies individuelles et
des structures émergentes, nous proposons une approche individu centrée (Daudé
2005). Autrement dit, le point de départ de l’analyse correspond aux particules
élémentaires du système, les individus dans notre cas.</p>
      <p>
        Cela se traduit dans notre démarche de modélisation. L’objectif est de donner
aux agents une capacité d’adaptation suffisante pour qu’ils ne répondent pas à des
typologies de stratégies. Leurs comportements doivent résulter d’un dialogue
permanent avec leur environnement
        <xref ref-type="bibr" rid="ref7">(Bonnefoy, 2005)</xref>
        . Il s’agit d’étudier des
processus bottom up en se concentrant sur les éléments de base du système, tout en
prenant en compte la manière dont le niveau macro rétroagit sur ces individus au
niveau local. Nos agents ont des logiques de fonctionnement communes mais
chacun est différent par ses expériences et sa perception de son environnement.
4. Construction du modèle multi-agents de l’offre de transports en commun
      </p>
      <p>
        Dans le cas du modèle des transports artisanaux brazzavillois, nous utilisons un
système multi-agents. Il s’agit de programmer des agents dans un environnement
défini. Ces agents ont des interactions entre eux et avec leur environnement en
fonction de règles simples définies par le modélisateur
        <xref ref-type="bibr" rid="ref14">(Ferber, 1997)</xref>
        .
      </p>
      <p>Nous avons modélisé le système à partir d’un certain nombre de données issues
du terrain1. Les agents évoluent dans un environnement (Figure 1) qui correspond au
1Une première série d’entretiens semi-directifs en 2013 a permis de définir les stratégies des
opérateurs. La demande a été implémentée à partir d’une enquête origine / destination
effectuée en mai 2014. Elle correspond à une estimation de la demande entre 6h et 18h un
jour de semaine.</p>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.
réseau (Carte 1). Il s’agit d’un graphe dont les noeuds sont constitués par les
principaux arrêts de bus et les liens correspondent aux routes qui peuvent être
parcourues par les opérateurs. Chaque arrêt de bus peut accueillir un certain nombre
de bus2. Chaque lien a un temps de parcours et un prix proportionnels à sa longueur3.
Les usagers apparaissent heure par heure à leur arrêt de bus d’origine avec un arrêt
de destination.</p>
      <p>De manière globale, les agents-usagers cherchent un bus pour les conduire à leur
destination et les agents-bus cherchent à effectuer les déplacements les plus
rentables possibles. Ils construisent leurs itinéraires en fonction de la demande selon
une stratégie basée sur l’apprentissage. Les structures et les dynamiques de la
desserte émergent à partir de ces stratégies. Les agents bus agissent en ayant pour
objectif de maximiser leur profit en s’adaptant aux informations qu’ils peuvent avoir
sur leur environnement. Cette information est limitée et propre à chaque agent.
Chaque déplacement donne lieu à un bilan qui permet aux agents de donner une note
à l’arrêt desservi.
2La capacité de la totalité des arrêts est de 119 bus. Sachant que certains ne comptent que
deux places et d’autres une vingtaine. Un travail de terrain en 2014 nous a permis de collecter
les données concernant les arrêts de bus. Leur capacité est ici recalculée de façon à rester
cohérente avec la demande implémentée.
3Les liens correspondent aux routes goudronnées. Leur coût et leur temps de parcours sont
fixés en fonction du prix de l’essence au Congo en 2014 (500 FCFA / Litre), de la
consommation moyenne d’un véhicule de type hiace de la fin des années 1990 ou début 2000
(10 Litres / 100km) et d’une vitesse de circulation fixe (40 km/h).</p>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
      <p>Les interactions entre les agents créent des structures qui influent sur la
rentabilité des arrêts : saturation de certaines zones, demande insuffisante … Les
agents-bus font constamment dialoguer la situation de l’environnement et leur
mémoire pour construire leurs déplacements. Le système est bien auto-organisé
puisque l’émergence de la desserte repose sur l’adaptation des stratégies des agents
grâce aux informations limitées dont ils disposent.</p>
      <p>La construction par chaque agent d’une représentation de son environnement est
basée sur son expérience à travers deux axes principaux : le prix du kilomètre
parcouru et le prix du pas de temps écoulé. La rentabilité associée aux zones à
desservir confronte à la fois les recettes générées par les usagers desservis et les
coûts associés à la distance, aux temps d’attente et de parcours. Cette démarche
basée sur une fonction d’utilité permet aux agents-bus de chercher la meilleure
rentabilité. Dans le cas où aucun déplacement n’est rentable, ils effectuent celui où
ils perdent le moins d’argent. Cette configuration permet de rester dans un processus
de choix réaliste : les déplacements ne sont pas toujours exclusivement rentables au
cours d’une journée. Le diagramme d’activité suivant représente l’enchaînement des
procédures (Schéma 2). Ces processus se déroulent dans un contexte temporel et
spatial défini par le coût du kilomètre parcouru3 et celui de la minute écoulée4.</p>
      <p>Schéma 1 : Diagramme d’activité es agents-bus (Léa Wester – 2015)5
4Les taxes payées par les opérateurs ont été estimées sur le terrain et ramenées à la minute.
Ainsi les temps de parcours entre les arrêts et la saturation des arrêts ont une incidence sur la
rentabilité pour nos agents.
5En arrivant à un arrêt, l’agent-bus liste les destinations les plus demandées. Il utilise ensuite
sa mémoire des précédents déplacements pour choisir celle qui a été la plus rentable par le
passé. Il définit ensuite l’itinéraire à parcourir et embarque les usagers intéressés. Quand le
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2015.</p>
      <p>
        Une série de tests a été effectuée afin de vérifier la cohérence du modèle. La
validation du modèle dépend des hypothèses testées
        <xref ref-type="bibr" rid="ref2">(Amblard et al.,2006)</xref>
        . Dans
notre cas, il s’agit de s’assurer de la vraisemblance des processus et des structures
spatiales émergents. Nous entendons proposer des « explications satisfaisante »
        <xref ref-type="bibr" rid="ref27">(Popper, 2009)</xref>
        en soulignant l’existence d’écarts entre la complexité du système
observé et la simplification que constitue notre modèle.
      </p>
      <p>
        La confrontation des sorties du modèle avec les des données d’enquête permet de
s’assurer de la cohérence externe du modèle. En considérant la configuration la plus
proche de la réalité6, nous avons confronté les capitaux accumulés par nos agents
avec les revenus des chauffeurs brazzavillois
        <xref ref-type="bibr" rid="ref20">(Landa, 2014)</xref>
        . Nos simulations
produisent des résultats équivalents à moins de 10% près7. Nous avons confronté la
répartition des fréquentations dans notre modèle avec des comptages de fréquences8.
Les principaux pôles restent les mêmes : les arrêts de l’avenue de l’OUA et du rond
point Moungali (voir Carte 1).
5. Offre, Demande, Réseau : efficacité et structure spatiales émergentes
      </p>
      <p>Afin de définir les variables structurantes des transports collectifs artisanaux,
nous testons plusieurs types de variables. Nous étudions ici l’augmentation du
nombre de bus. Les aspects économiques et spatiaux du réseau restent fixes. Seule la
variable étudiée varie. Un tel choix nous permet de considérer l’impact des relations
entre l’offre, la demande et le réseau. En faisant varier le nombre de bus nous jouons
à la fois sur le nombre d’usagers qui pourraient être embarqués et sur la saturation
du réseau.</p>
      <p>
        Ainsi, les simulations s’effectuent dans un contexte où le système peut accueillir
119 bus sur la totalité de ses arrêts et génère 10 660 usagers au total sur la journée
(Tableau 1). Pour l’aspect économique, le kilomètre parcouru et le pas-de-temps
écoulé coûtent 50 CFA chacun. Chaque passager transporté rapporte 150 CFA. Afin
de ne pas avoir de biais induit par la situation initiale, les agents bus sont répartis au
départ de manière homogène sur le réseau.
bus a embarqué suffisamment de passagers, il se rend à l’arrêt suivant. Une fois arrivé, il doit
attendre qu’une place se libère pour pouvoir débarquer ses usagers et recommencer le
processus.
6Les proportions réelles se situent aux alentours de 1000 véhicules pour 500 000 voyages
effectués chaque jours. Nous pouvons donc considérer nos simulations avec 21 agents-bus
pour 10 660 agents-usagers (équivalents à 1 voyage) comme la configuration la plus proche
des proportions réelles (à 1,5% près).
7
        <xref ref-type="bibr" rid="ref20">(Landa, 2014)</xref>
        estime que les minibus génèrent en moyenne 40 000 FCFA de recette chaque
jour. Nos simulations produisent des résultats moyens aux alentours de 35 550 en moyenne.
L’ordre de grandeur reste donc le même.
8Comptages effectués lors de la mission de 2014, complétés avec ceux de
        <xref ref-type="bibr" rid="ref20">(Landa, 2014)</xref>
        .
      </p>
      <p>Les simulations effectuées montrent que l’augmentation du nombre de bus a un
impact sur l’efficacité du système. En termes de nombres d’usagers desservis à la fin
de la simulation (Graphiques 1), la configuration où le nombre d’usagers desservis
est le plus important compte 21 bus. L’augmentation du nombre de bus n’a pas pour
effet d’augmenter le nombre d’usagers desservis comme on aurait pu le penser.</p>
      <p>De la même manière, les temps d’attente moyens des usagers desservis dans nos
simulations sont moins importants pour les configurations avec 21 et 42 bus
(Graphique 2). L’augmentation du nombre de bus fait augmenter les temps d’attente.
La configuration les configurations les plus efficaces semblent donc être celles qui
comptent 21 et 42 bus.</p>
      <p>3000
2500
2000
1500
1000
500
Graphique 2 : Moyenne des temps d’attente – Variation du rapport usagers / bus</p>
      <p>Ce phénomène est en partie expliqué par la saturation du réseau. L’augmentation
du nombre de véhicules crée des embouteillages. D’autre part, le déséquilibre entre
le nombre de véhicules et la demande ralenti la circulation : les bus ne circulent que
s’ils ont un nombre suffisant de passagers. L’impératif de rentabilité les oblige à
attendre l’arrivée d’usagers supplémentaires.</p>
      <p>En termes de structures spatiales, l’augmentation du nombre de bus fait diminuer
la variété des structures observées (Graphique 3). Le système de transport émergent
est composé de plus de 10% d’itinéraires en forme de boucle dans les configurations
à 21 et 42 bus. Les autres configurations voient augmenter le nombre de navettes
audelà des 90%. Les configurations les plus efficaces en termes de nombre d’usagers
desservis et de temps d’attente sont donc celles où les structures spatiales des
itinéraires sont les plus variées.</p>
      <p>D’autre part, l’augmentation du nombre de bus a pour conséquence de faire
émerger des structures plus fragmentées. Ainsi les itinéraires qui comportent des
structures de plus de 3 arrêts sont moins fréquents quand il y a un grand nombre de
véhicules sur le réseau (Graphique 4).</p>
      <p>L’efficacité du système semble donc liée aux structures spatiales de la desserte.
L’émergence de formes plus fragmentées et moins variées correspond aux
simulations où le nombre d’usagers desservis est le moins important.</p>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
      <p>Usagers / Bus
Graphique 3 : Structures de itinéraires – Variation du rapport usagers / bus</p>
      <sec id="sec-2-1">
        <title>Navettes</title>
      </sec>
      <sec id="sec-2-2">
        <title>Boucles &gt; 3 arrêts 508 254 169 127 102</title>
        <p>Graphique 4 : Pourcentage des structures de plus de 3 arrêts – Variation du rapport
usagers / bus</p>
        <p>En parallèle, l’augmentation du nombre de bus entraîne une baisse de la
fréquentation de certaines zones au profit d’autres (Graphique 5). La périphérie
Nord est desservie plus souvent, au détriment de la périphérie Sud et des arrêts qui
servent d’interface entre les différentes zones. Ces deux dernières zones sont
constituées d’arrêts plus petits et/ou très fréquentés du fait de leur position sur le
réseau. Ils sont plus facilement saturés par les bus en attente d’embarquer des
passagers. Les fréquentations les plus réparties entre les zones correspondent aux
configurations les plus efficaces.</p>
        <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-3">
        <title>Periph_Nord</title>
      </sec>
      <sec id="sec-2-4">
        <title>Centre</title>
      </sec>
      <sec id="sec-2-5">
        <title>Interface</title>
      </sec>
      <sec id="sec-2-6">
        <title>Periph_Sud</title>
        <p>Periph_Est
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
508
254
169
127
102
Graphique 5 : Répartition des déplacements des agents-bus – Variation du rapport
usagers / bus</p>
        <p>Ainsi, la variation du rapport entre le nombre de bus, le nombre d’usagers et la
capacité du réseau a des conséquences sur la forme, la répartition et l’efficacité des
structures spatiales émergentes. Nos simulations permettent de considérer qu’en
dessous de 254 usagers et de 3 places disponibles par bus, le système est moins
performant et les structures plus fragmentées et polarisées. Ces seuils ne doivent
donc pas être dépassés pour avoir un système qui fonctionne de manière fluide.</p>
        <p>A Brazzaville, des données fiables concernant le nombre de bus en circulation
sont assez difficiles à obtenir. En croisant les différentes sources, on estime qu’il y a
un bus en circulation pour 500 usagers et 6 places disponibles sur le réseau d’arrêts9.
Il semblerait donc que le système observé tende vers la meilleure configuration.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>Conclusion et perspectives</title>
      <p>L’approche individu centrée est particulièrement adaptée à l’étude des transports
collectifs artisanaux. Elle permet de mettre les stratégies et interactions locales au
centre du modèle, tout en conservant les interrelations avec l’environnement et les
structures émergentes. Une telle démarche de modélisation reste basée sur les
théories de l’auto-organisation, notamment à travers un accès limité des agents à
l’information.
9Les estimations varient entre les services nationaux qui s’occupent des immatriculations et
les services municipaux qui perçoivent des droits de circulation des transports collectifs. Nous
avons effectué un comptage sur photo-satellite pour avoir des données plus précises.</p>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
      <p>Le modèle ainsi construit met en évidence un premier groupe de variables
structurantes. Le rapport entre le nombre de bus, le nombre de places disponibles et
le nombre d’usagers par bus joue un rôle important dans le système. La
configuration la plus efficace est liée à des structures et des dynamiques
particulières. En effet, cette desserte repose sur des structures spatiales mixtes en
termes de répartition et de forme. Celle-ci est permise par un certain équilibre entre
l’offre, la demande et les contraintes physiques du réseau.</p>
      <p>Afin d’étudier les autres variables structurantes, les prochaines étapes de cette
recherche s’intéresseront aux variations des paramètres économiques. La
modification du prix du kilomètre devrait avoir une influence sur la forme des
structures observées, tout comme celle du prix du pas-de-temps. Ainsi, en faisant
l’hypothèse d’une augmentation des prix de l’essence ou des taxes de circulation,
nous pourrons voir quels impacts structurels auraient ces changements en tenant
compte des stratégies utilisées par nos agents-bus. Cette analyse portera sur l’impact
des relations entre le prix du kilomètre, celui du temps et du ticket sur les structures
et dynamiques du système.</p>
      <p>
        Nous proposons ensuite de comparer ces stratégies de gestion des itinéraires à
des stratégies de gestion du temps, observées à Lima
        <xref ref-type="bibr" rid="ref3 ref31">(Wester, 2012)</xref>
        . Les itinéraires
des bus liméniens restent fixes. Les fréquences sont adaptées par les opérateurs.
      </p>
      <p>A plus long terme, cette méthode d’analyse des transports collectifs artisanaux a
pour objectif d’analyser la manière dont ces stratégies s’adaptent à différents
contextes urbains.</p>
    </sec>
  </body>
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