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      <title-group>
        <article-title>Quels usages effectifs de l'information géographique volontaire pour la production et la gestion des services urbains ?</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Cécile Remy</string-name>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
          <xref ref-type="aff" rid="aff1">1</xref>
        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Sidonie Christophe</string-name>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
        </contrib>
        <aff id="aff0">
          <label>0</label>
          <institution>. Université Paris-Est, IGN, Laboratoire COGIT 73 avenue de Paris</institution>
          ,
          <addr-line>94165, Saint-Mandé</addr-line>
          ,
          <country country="FR">France</country>
        </aff>
        <aff id="aff1">
          <label>1</label>
          <institution>. Université Paris-Est, Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS) 14/20 boulevard Newton</institution>
          ,
          <addr-line>Cité Descartes, 77447 Marne-la-Vallée</addr-line>
          ,
          <country country="FR">France</country>
        </aff>
      </contrib-group>
      <pub-date>
        <year>2015</year>
      </pub-date>
      <abstract>
        <p>This paper presents several innovative sociotechnical systems currently deployed in some Southern cities, which enable urban citizens to produce and disseminate Volunteered Geographic Information (VGI) about their water and sanitation services. What happens to this information once online? The literature review reveals that actual uses of VGI remain relatively unstudied. A comparative and multidisciplinary research method is designed to analyze expected and unexpected actual uses, but also non-uses of VGI for water and sanitation services' production and management. MOTS-CLES : Information Géographique Volontaire ; Systèmes Sociotechniques ; Usages Effectifs ; Services d'eau et d'assainissement ; Environnements urbains ; Suds</p>
      </abstract>
      <kwd-group>
        <kwd>Volunteered Geographic Information</kwd>
        <kwd>Sociotechnical Systems</kwd>
        <kwd>Effective Uses</kwd>
        <kwd>Water and sanitation services</kwd>
        <kwd>Urban environments</kwd>
        <kwd>Southern Countries</kwd>
      </kwd-group>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>-</title>
      <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>Introduction</title>
      <p>
        Les territoires urbains des villes des Suds ont longtemps appartenu – et
appartiennent encore pour certains – à la catégorie des blank spots on the map. Si
l’information géographique existe, elle est souvent peu accessible ou inexploitable.
Dans le secteur des services dits « essentiels », à l’heure du bilan des Objectifs du
Millénaire pour le Développement, ce déficit est pointé du doigt par la communauté
opérationnelle comme un frein au développement de ces territoires. « Les cartes
produisent du réel autant qu’elles représentent celui-ci »
        <xref ref-type="bibr" rid="ref2">(Crampton et Krygier,
2006)</xref>
        . Ce « pouvoir transformateur » de l’information géographique identifié
précocement par les tenants de la Cartographie Critique fait actuellement l’objet
d’un intérêt renouvelé dans le cadre des réflexions sur les « sociétés de l’information
géographique »
        <xref ref-type="bibr" rid="ref17">(Roche, 2013)</xref>
        , qui soulignent la contribution de l’information
géographique à la transformation des sociétés et environnements. Quelles sont
cependant les modalités de cette contribution ? Comment l’observer et la mesurer
empiriquement ? Si une telle contribution existe bien, nous faisons ici l’hypothèse
qu’elle ne s’actualise que dans la mesure où l’information est non seulement
disponible mais aussi effectivement utilisée par les acteurs pour agir sur et dans leur
environnement.
      </p>
      <p>
        Dans certaines villes pionnières d’Afrique Subsaharienne, on assiste depuis
quelques années à une transformation significative de l’environnement
informationnel. Les systèmes innovants décrits en partie 1 habilitent notamment les
citadins n’appartenant pas aux milieux de la cartographie professionnelle à produire
et diffuser en ligne d’importants volumes d’Information Géographique dite
Volontaire (IGV) à la fois fine et diversifiée
        <xref ref-type="bibr" rid="ref8">(Goodchild, 2007)</xref>
        sur les services
urbains dont ils bénéficient. Ces dispositifs font l’objet d’un engouement manifeste
dans la communauté opérationnelle de l’Aide pour le Développement, et se voient
conférer deux grands types de bénéfices : des bénéfices directs induits par le
processus même de production d’information géographique d’une part ; des
bénéfices indirects induits par les usages de l’IGV mise à disposition d’autre part
        <xref ref-type="bibr" rid="ref27">(Shkabatur, 2014)</xref>
        . La revue de la littérature présentée en partie 2 permet cependant
de constater que les usages effectifs de l’IGV, à savoir, « ce que les gens font
effectivement »
        <xref ref-type="bibr" rid="ref24">(Proulx, 2015)</xref>
        avec cette information, restent largement méconnus à
ce jour. Pour progresser dans la connaissance de ces pratiques informationnelles,
nous présentons en partie 3 le dispositif de recherche que nous mobilisons pour
identifier et caractériser les usages et non-usages de l’IGV par les producteurs et
gestionnaires de services de la ville de Dar es Salaam en Tanzanie.
      </p>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>1. Contexte et enjeux : mutations de l’environnement informationnel dans les villes africaines</title>
      <p>
        Dans les Suds comme dans les Nords, les modes de production-diffusion
d’Information Géographique (IG) connaissent un tournant majeur dans la seconde
moitié des années 2000, qui marque selon
        <xref ref-type="bibr" rid="ref17">Joliveau et al. (2013)</xref>
        l’avènement d’un
« nouveau régime cartographique ». Nous décrivons dans cette première partie les
modalités de cette transformation dans certaines villes pionnières des Suds, en
centrant le propos sur un objet d’étude original : les systèmes habilitant les citadins à
produire de l’IGV sur les services urbains d’eau et d’assainissement dont ils
bénéficient.
      </p>
      <sec id="sec-3-1">
        <title>1.1. Des territoires caractérisés par un déficit d’information géographique accessible et de qualité</title>
        <p>
          Les territoires urbains des villes des Suds ont longtemps été – et sont encore pour
certains –caractérisés par un déficit d’IG accessible et de qualité : quand
l’information existe, elle est souvent peu accessible (méconnue, difficile à localiser,
parfois non diffusable ou onéreuse, etc.) ou inexploitable (obsolète, lacunaire,
diffusée dans des formats inadaptés, etc.). Manque de ressources techniques et
financières, faibles niveaux de compétences en géomatique, insuffisance des
infrastructures de partage d’information, manque de clarté dans la répartition des
mandats, et forte rotation du personnel font partie des facteurs couramment évoqués
pour expliquer l’incapacité des pouvoirs publics des Suds à assurer leur mission de
production d’IG
          <xref ref-type="bibr" rid="ref6">(Georgiadou et al., 2011)</xref>
          . Dans les quartiers défavorisés, la
problématique de l’informalité vient bien souvent se superposer à ces difficultés
structurelles : être « hors-droit », c’est être « hors-carte »
          <xref ref-type="bibr" rid="ref3">(Criqui, 2014)</xref>
          , et
l’invisibilité des quartiers informels traduit bien souvent un refus de reconnaissance
de la part des pouvoirs publics
          <xref ref-type="bibr" rid="ref22 ref30">(Panek et Sobota, 2015)</xref>
          . L’insuffisance – voire
l’absence – de production cartographique institutionnelle publique est seulement
partiellement comblée par des acteurs non-institutionnels essentiellement issus du
secteur de l’Aide internationale, qui produisent ponctuellement de l’IG dans le cadre
de projets de développement. L’information ainsi produite est cependant loin d’être
systématiquement mutualisée. Qu’elle soit intentionnelle ou non, la rétention de
données conduit à ce que Feyt
          <xref ref-type="bibr" rid="ref17 ref18 ref5">(2004 in Le Berre et al., 2013)</xref>
          décrit dans un autre
contexte comme une « balkanisation » de la production d’IG : « multiplication de
bases de données autonomes », « inutile et dispendieuse duplication des efforts », et
in fine, redondance, fragmentation et faible accessibilité de l’IG qui en découlent.
        </p>
        <p>
          La faible accessibilité de l’IG dans les villes africaines est dénoncée par les
acteurs de l’Aide comme un frein significatif au développement de ces territoires.
Dans le secteur des services urbains, ONU-Habitat déclarait ainsi en 2010 que les
interventions destinées à améliorer l’accès des populations aux services essentiels
étaient « entravé[e]s par le manque d’information fiable à l’échelle locale » et
l’utilisation d’indicateurs et de données agrégées « qui masquent les réalités de
terrain »
          <xref ref-type="bibr" rid="ref6 ref7">(ONU-Habitat, 2010 in Georgiadou et al., 2011)</xref>
          . Dans le secteur de l’eau et
de l’assainissement qui nous intéresse, ce déficit d’information se manifeste à tous
les niveaux de la chaîne de production-gestion des services : pour analyser les
besoins des populations, assurer la gestion, la maintenance, et l’évaluation des
services existants, planifier les interventions futures, communiquer et rendre des
comptes, « tous [l]es acteurs manquent d’information »
          <xref ref-type="bibr" rid="ref15 ref19 ref9">(Hutchings et al.2012)</xref>
          .
        </p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-2">
        <title>1.2. Emergence de systèmes innovants de production-diffusion d’information sur les services urbains</title>
        <p>
          Depuis la seconde moitié des années 2000, l’environnement informationnel de
certaines villes des Suds connait cependant de profondes mutations, liées à
l’émergence de nouveaux modes de production-diffusion d’IG regroupés par
          <xref ref-type="bibr" rid="ref12">Haklay
et al. (2014)</xref>
          en deux grandes catégories. La première regroupe les flux
d’information descendants d’ouverture de l’information produite par les producteurs
conventionnels nationaux et internationaux. La seconde catégorie regroupe pour sa
part les pratiques dites de cartographie 2.0
          <xref ref-type="bibr" rid="ref10 ref11">(Haklay et al., 2008)</xref>
          , à savoir les flux
ascendants de production-diffusion en ligne d’IGV par des acteurs
nonconventionnels et souvent amateurs. Au sein de cette seconde catégorie, notre étude
se concentre plus spécifiquement sur les pratiques actives (vs. passive) et endogènes
(vs. exogènes) de production d’IGV par les habitants sur leur territoire. Dans une
poignée de ville pionnières, des systèmes sociotechniques1 innovants de
productiondiffusion-utilisation d’IGV sont conçus, testés, et déployés, généralement dans le
cadre de projets de recherche et/ou de développement. Basés sur l’articulation des
nouvelles technologies mobiles et internet et sur les Technologies de l’Information
Géographique (TIG), les systèmes sur lesquels se concentre notre travail habilitent
les citadins n’appartenant pas aux milieux de la cartographie professionnelle à
produire et à diffuser de l’IGV sur les services dont ils bénéficient. Au-delà de ces
traits communs, ces systèmes présentent une forte diversité, que nous n’illustrerons
à ce stade que sur la base de deux exemples bien documentés dans la littérature : le
système mobilisé dans le cadre du projet Ramani Tandale2, mis en oeuvre en 2011
dans le quartier de Tandale à Dar es Salaam (Tanzanie) et poursuivi de façon
discontinue jusqu’à nos jours
          <xref ref-type="bibr" rid="ref16">(Iliffe, 2015)</xref>
          ; le système MajiVoice3, utilisé depuis
2013 dans la ville de Nairobi, et répliqué depuis 2014 à Nakuru, Nanyuki et Mathira
au Kenya
          <xref ref-type="bibr" rid="ref13">(Hirn, 2015)</xref>
          .
        </p>
        <p>Dans le système mis en place dans le cadre du projet Ramani Tandale, les
habitants produisent de l’information sur leurs services d’eau et d’assainissement
avec l’aide d’étudiants et de facilitateurs externes, en utilisant pour ce faire des GPS,
de fiches d’observation, et le logiciel d’édition JOSM4. L’information ainsi collectée
et saisie est diffusée sur la plateforme de cartographie interactive en ligne
OpenStreetMap5, où elle peut être librement modifiée, visualisée, téléchargée et
utilisée par tout individu disposant d’un compte. L’IGV ainsi mise à disposition est
destinée à être utilisée pour la mise en oeuvre de projets d’amélioration et
d’extension des services plus adaptés aux besoins locaux. Dans le système
1 Système composé « d’éléments techniques (physiques) et organisationnels, formellement
organisés sur la base de normes, de règles et de rôles, plus ou moins standardisés, en vue de
réaliser des objectifs prédéfinis » (Chatzis, 1999).
2 http://tandale.ramanitanzania.org/
3 http://www.majivoice.com/
4 https://josm.openstreetmap.de/
5 http://www.openstreetmap.org</p>
        <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.
MajiVoice, les habitants seuls sont habilités à envoyer par les différents types de
messagerie instantanée (SMS et USSD) ou par remplissage d’un formulaire en ligne
de l’information sur les dysfonctionnements affectant les services. L’information
ainsi produite est stockée sur une base de données en ligne, à laquelle accèdent de
façon différentiée trois types d’acteurs : la Nairobi City Water and Sewerage
Company (NCWSC, Compagnie des Eaux), le Water Services Regulatory Board of
Kenya (WASREB, organisation régulatrice), et les Water Action Groups (WAGS,
associations de consommateurs). Pour la NCWSC, cette IGV est destinée à
améliorer l’efficience de la gestion des plaintes et du traitement des
dysfonctionnements affectant le réseau. En donnant au WASREB et aux WAGS un
accès à l’information, l’objectif est également de faciliter le suivi et l’évaluation des
performances de la NCWSC à la fois par le haut et par le bas.</p>
        <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>2. Catégorisation des travaux de recherche et positionnement</title>
      <p>Si les travaux de recherche traitant des pratiques de cartographie 2.0 et de l’IGV
se sont multipliés ces dernières années, l’essentiel de la littérature semble s’être
concentrée à ce jour sur quatre pôles de recherche dominants : les processus de
production-diffusion de l’IGV, les effets de ces modes de production sur les
participants, la caractérisation de l’IGV produite, et les usages potentiels ou prescrits
de cette information. Au sein de ces catégories, les travaux spécifiquement centrés
sur l’IGV dans le secteur des services urbains des Suds restent par ailleurs rares à ce
jour. En aval des processus de production-diffusion, la question des usages effectifs
de l’IGV mise à disposition reste encore très peu traitée par la communauté
scientifique.</p>
      <sec id="sec-4-1">
        <title>2.1. En amont des usages effectifs</title>
        <p>
          Le premier pan de la littérature identifié se concentre sur les pratiques bottom-up
de production-diffusion d’information, en traitant notamment les
questionnements suivants : qui produit quelle information, comment, et pour quelles
raisons ? En Sciences de l’Information Géographique (SIG), ces travaux synthétisés
notamment par Neis et Zielstra (2014) ont permis de progresser dans l’identification
de différents profils de contributeurs (caractéristiques sociodémographiques et
professionnelles, répartition dans l’espace, etc.), d’analyser les comportements de
contribution et leur évolution dans le temps, et d’élaborer de premières hypothèses
Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.
sur les motivations des contributeurs. L’essentiel de ces travaux a cependant été
mené sur les Nords. Dans le secteur des services urbains dans les Suds, si l’essentiel
de nos connaissances vient à ce jour de la littérature grise, on note cependant
l’émergence de travaux pluridisciplinaires, s’attachant à appréhender les spécificités
des comportements de production dans les Suds, et à concevoir des systèmes
sociotechniques adaptés aux contraintes identifiées dans les contextes étudiés
          <xref ref-type="bibr" rid="ref16 ref22 ref30 ref31">(Wesselink et al., 2015 ; Iliffe, 2015)</xref>
          .
        </p>
        <p>
          Le second champ de recherche identifié questionne pour sa part les effets induits
par ces nouveaux modes de production-diffusion d’information géographique sur les
contributeurs eux-mêmes. Ce deuxième ensemble de questionnements est résumé
par ce que
          <xref ref-type="bibr" rid="ref21">Noucher (2013)</xref>
          appelle la « dialogique empowerment/assimilation »,
développée dans les années 1990 autour des systèmes de type SIG participatifs.
Dans notre domaine de recherche, les travaux regroupés dans cette catégorie
analysent et questionnent la capacité des processus de cartographie 2.0 à engendrer
des dynamiques d’émancipation, de renforcement de capacités et de
responsabilisation au sein des communautés marginalisées
          <xref ref-type="bibr" rid="ref17 ref18 ref22 ref26 ref30">(Sanchez et al., 2013 ;
Panek et Sobotova, 2015 )</xref>
          .
        </p>
        <p>
          Très prolifique, le troisième champ de recherche identifié s’attache à caractériser
l’IGV générée à l’issue de ces pratiques. À ce niveau, les travaux de recherche en
SIG se concentrent pour la plupart sur la question de la qualité de l’IGV. Appliquées
selon les auteurs à différents types d’IGV, des méthodes centrées sur les données,
les utilisateurs ou le contexte ont été développées
          <xref ref-type="bibr" rid="ref19 ref9">(Goodchild et Li, 2012)</xref>
          pour
évaluer différents critères de qualité, de crédibilité et de fiabilité
          <xref ref-type="bibr" rid="ref10 ref11 ref19 ref7 ref9">(Haklay, 2008 ;
Girres et Touya, 2010 ; Mooney et Corcoran, 2012)</xref>
          . Ici encore, comme le note
          <xref ref-type="bibr" rid="ref16">Iliffe
(2015)</xref>
          , les analyses réalisées sur des données des Suds – et a fortiori sur les données
portant sur les services urbains d’eau-assainissement – sont toutefois beaucoup plus
rares.
        </p>
        <p>
          Le quatrième et dernier grand champ de recherche identifié se donne enfin pour
objectif de définir des usages potentiels ou prescrits de l’IGV produite. En SIG, la
définition de ces usages prescrits passe généralement par la conception d’outils et de
méthodes permettant d’exploiter l’IGV. Dans le secteur de l’eau et de
l’assainissement dans les Suds, des auteurs comme
          <xref ref-type="bibr" rid="ref28">Stellmacher (2011)</xref>
          ou
          <xref ref-type="bibr" rid="ref14">Holderness et al. (2013)</xref>
          proposent des méthodes de traitement permettant
d’exploiter les données OpenStreetMap pour améliorer la production et la gestion
des services. Les équipes de recherche impliquées dans la conception d’outils se
penchent pour leur part sur le développement de technologies et fonctionnalités
conviviales et adaptées aux contraintes locales, visant à optimiser la prise de
décision basée sur l’information
          <xref ref-type="bibr" rid="ref17 ref18 ref19 ref25 ref29 ref9">(Roma et al., 2012 ; Tsega et al., 2013)</xref>
          . Ces
travaux analysent la façon dont l’information géographique volontaire pourrait ou
devrait être mobilisée (usages potentiels ou prescrits) pour améliorer la gestion et la
production des services d’eau et d’assainissement. En aval cependant, la façon dont
l’information géographique volontaire est effectivement mobilisée (usages effectifs)
par les professionnels du secteur reste très rarement explorée.
        </p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-2">
        <title>2.2. Les usages effectifs de l’Information Géographique Volontaire</title>
        <p>
          En raison probablement de l’apparition récente de l’IGV sur les services urbains
des Suds, aucune description empirique et approfondie des usages et non-usages
effectifs de cette nouvelle ressource informationnelle n’a, à notre connaissance, été
produite à ce jour. Les trois études identifiées
          <xref ref-type="bibr" rid="ref15 ref19 ref20 ref22 ref30 ref9">(Hutchings et al., 2012 ; Hacklay et
al., 2014 ; Welle et al., 2015)</xref>
          qui abordent la question des usages de l’IGV sont des
analyses comparatives, et ont pour objectif l’évaluation des systèmes mis en oeuvre
et/ou l’identification des facteurs facilitant/entravant la réussite de ces systèmes. Ces
trois études fournissent une illustration éclairante de la diversité des configurations
d’acteurs et de technologies mobilisés dans les systèmes.
        </p>
        <p>
          Sur les 48 systèmes analysés au sein de ces trois études, 15 se concentrent sur les
services d’eau et d’assainissement dans les Suds, dont seulement 7 déployés au
moins partiellement en milieu urbain. Dans les études de
          <xref ref-type="bibr" rid="ref15">Hutchings et al. (2012)</xref>
          et
Hacklay et al. (2014), l’analyse des usages de l’information est cependant traitée de
façon marginale. Elle est plus centrale dans l’étude de
          <xref ref-type="bibr" rid="ref30">Welle et al. (2015)</xref>
          qui
proposent trois critères pour évaluer le succès des systèmes : i) l’information est
produite et diffusée, ii) elle est traitée par les pouvoirs publics et fournisseurs de
services, iii) et les défaillances signalées sur les services sont résolues. Pour le
critère 2 qui nous intéresse, dans 5 des 8 systèmes étudiés, les auteurs concluent que
l’ « information a [bien] été traitée ». Dans les trois rapports cependant, si les études
de cas détaillées apportent des informations plus détaillées, les seules informations
renseignées sur les usages sont i) la catégorie d’utilisateur, ii) le type d’IGV utilisé
et iii) l’objectif de l’utilisation (qui utilise quoi, et pour quoi faire ?). Les choix
méthodologiques retenus pour analyser les usages et non-usages de l’information ne
sont enfin réellement questionnés que dans l’étude de
          <xref ref-type="bibr" rid="ref30">Welle et al. (2015)</xref>
          . Comme le
soulignent les auteurs, les pratiques d’utilisation n’ont été identifiées que sur la base
de la littérature grise et d’entretiens menés à distance auprès des porteurs de projets
(deux par système), et pas nécessairement auprès des utilisateurs eux-mêmes, ce qui
constitue un biais non négligeable. Les auteurs prévoient par conséquent de mener
prochainement des études empiriques plus approfondies sur un échantillon restreint
de trois des systèmes déployés en milieu rural (M4W en Ouganda, SIBS en Inde, et
Smart Handpumps au Kenya).
        </p>
        <p>En amont des démarches d’explication des usages et non-usages, et d’analyse de
leurs effets, une phase d’identification et de caractérisation fine des pratiques
d’utilisation doit pourtant être réalisée. Si de premiers rapports d’étude commencent
à aborder la question des usages, aucun ne fournit de véritable caractérisation des
usages, reconstituant dans leur complexité l’ensemble des composantes et étapes des
processus d’utilisation étudiés. Les systèmes spécialisés sur le secteur des services
dans les environnements urbains des Suds, et mobilisant des acteurs autres que les
pouvoirs publics sont en outre très peu traités. Aucun outillage conceptuel et
méthodologique n’a enfin été proposé à ce jour pour mener une démarche empirique
d’identification et de caractérisation des usages de l’IGV.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>3. Méthodologie de recherche pour l’identification et la caractérisation des usages et non-usages effectifs de l’IGV</title>
      <p>Sur la base des enjeux opérationnels et scientifiques identifiés précédemment,
nous présentons dans cette dernière partie les objectifs que nous nous proposons
d’atteindre dans le cadre de notre thèse ainsi que le dispositif original de recherche
conçu pour identifier et caractériser les usages et non-usages de l’IGV.</p>
      <sec id="sec-5-1">
        <title>3.1. Objectifs de la thèse</title>
        <p>L’ambition de notre travail de thèse est de vérifier empiriquement une série de
postulats qui dominent, de façon plus ou moins explicite, dans les discours de la
communauté opérationnelle. Le premier postulat revient à considérer qu’une fois
l’information disponible, elle sera nécessairement utilisée par les gestionnaires de la
ville à des fins d’analyse, de prise de décision et d’intervention. Le second fait
découler mécaniquement de ces nouveaux usages des pratiques de gouvernance des
services plus efficientes, participatives, et responsables des services urbains, dont la
qualité se verrait de ce fait améliorée. Cette amélioration inciterait enfin les citadins
à persévérer dans la production et l’actualisation de l’information, dont la qualité et
l’actualité serait en retour maintenues voire accrues. S’enclencherait ainsi un cercle
vertueux, où amélioration de la qualité des services et amélioration de la qualité de
l’information s’alimenteraient mutuellement.</p>
        <p>Pour vérifier empiriquement ces postulats, quatre objectifs de recherche peuvent
être identifiés :</p>
        <p>1- Identifier et caractériser les usages prévus et imprévus, mais également les
non-usages de l’IGV pour la production et la gestion des services urbains ;
2- Identifier les facteurs susceptibles
informationnelles d’usage et de non-usage observées ;
d’expliquer
les
pratiques
3- Décrire et analyser les processus de transformation ou de maintien des
pratiques et logiques professionnelles de production-gestion des services, ainsi que
les reconfigurations des systèmes acteurs qui accompagnent les usages observés ;
4- Décrire et expliquer les pratiques de modification (ou de non-modification)
de l’IGV initialement produite dans le temps ;
Dans ce papier, nous décrivons la méthodologie mise en place pour atteindre notre
premier objectif de recherche, à savoir l’identification et la caractérisation des
usages et non-usages de l’IGV pour la production et la gestion des services urbains
d’eau et d’assainissement.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-2">
        <title>3.2. Méthodologie de recherche</title>
        <p>Nous proposons de mobiliser une approche comparative et pluridisciplinaire
basée sur la confrontation de matériaux empiriques complémentaires acquis sur le
terrain.</p>
        <sec id="sec-5-2-1">
          <title>3.2.1. Description des systèmes et identification des usages « attendus »</title>
          <p>
            Dans un contexte de recherche exploratoire, caractérisé par l’absence d’études
similaires auxquelles confronter notre analyse, nous proposons de construire nos
hypothèses à partir de l’analyse comparative d’études de cas diversifiées localisés en
Afrique Subsaharienne. Chaque étude de cas analysée peut être décrite par un couple
système sociotechnique de production-diffusion d’IGV – territoires. La première
étape de notre démarche de recherche vise à décrire les systèmes étudiés tels que
conçus par les porteurs de projet. Pour ce faire, nous proposons de mobiliser
l’approche qualitative dite de « triangulation systémique » développée pour décrire
les systèmes complexes, et présentée notamment par
            <xref ref-type="bibr" rid="ref4">Donnadieu et Karsky (2002</xref>
            ).
          </p>
          <p>Le premier niveau d’analyse est l’analyse structurale, qui vise à décrire les
composantes humaines et techniques du système, ainsi que l’agencement entre ces
composantes. Les composantes techniques (outils) et humaines (acteurs) du système
seront ainsi identifiées, ainsi que les infrastructures matérielles et immatérielles
permettant la circulation et le stockage de l’information entre ces composantes.
Nous insisterons particulièrement sur les composantes impliquées dans les usages de
l’information, moins documentées dans la littérature grise : quels sont les utilisateurs
de l’information ciblés par les acteurs de projets, quels outils sont mis à disposition
de ces acteurs pour acquérir, visualiser et utiliser l’information ? Le second niveau
d’analyse est l’analyse fonctionnelle, qui vise à décrire le fonctionnement interne du
système ainsi que ses finalités. En interne, nous décrirons ici l’information qui
circule sous différentes formes entre les composantes identifiées, ainsi que la
directionnalité des flux d’information. Une attention particulière sera portée aux
« vannes » qui permettent de contrôler ces flux d’information, avec un focus sur les
mécanismes contrôlant les niveaux et conditions d’accès à l’information. Nous
analyserons enfin les « finalités attendues » du système, à savoir les usages et effets
attendus sur les services d’eau et d’assainissement. Le troisième niveau d’analyse est
l’analyse dynamique, qui vise à décrire l’évolution prévue du système dans le temps.
Entre autres aspects, nous chercherons à comprendre la façon dont le système est
censé fonctionner sur la durée, à l’issue de la période de de projet initiale stricto
sensu. Un dernier niveau d’analyse sera enfin ajouté pour analyser les méthodes et
approches mobilisées ainsi que les activités entreprises par les porteurs de projet
pour la conception et la mise en oeuvre du système attendu. Comment les acteurs
ont-ils été mobilisés ? Comment les usages et évolutions attendus ont-ils été pris en
compte dans la conception et la mise en oeuvre du système ?</p>
          <p>Pour documenter ces quatre niveaux, une grille d’observation similaire sera
renseignée pour chaque projet, en confrontant quatre principaux matériaux
empiriques complémentaires. Les deux premiers matériaux sont les discours des
porteurs de projets. Ces discours sont tout d’abord matérialisés sur différents types
de supports : les documents et rapports de projets, les médias écrits et audio-visuels
traditionnels, et de plus en plus, les espaces de discussion sur le web comme les
blogs et forums spécialisés et les médias sociaux (i). En complément de cette
première forme de discours, des entretiens semi-directifs seront menés auprès des
différents porteurs de projets : les acteurs impliqués dans le financement, la
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2015.
conception, la mise en oeuvre, et éventuellement l’évaluation des systèmes (ii). La
description de l’IGV circulant dans les dispositifs étudiés passera par l’acquisition,
la visualisation et l’analyse des IGV et des métadonnées en ligne ou collectées
auprès des porteurs de projets (iii). Les caractéristiques et fonctionnalités des
interfaces utilisateurs, parties visibles de l’architecture techniques du système, feront
enfin l’objet d’une analyse approfondie (iv). A l’issue de cette étape, nous serons à
même de fournir une description et une modélisation fine des systèmes, et des
usages attendus par les porteurs de projet.</p>
        </sec>
        <sec id="sec-5-2-2">
          <title>3.2.2. Définition et modélisation des pratiques informationnelles étudiées</title>
          <p>Pour analyser non plus les pratiques informationnelles attendues, mais bien les
pratiques effectives, nous proposons de nous concentrer sur des cas d’utilisation
réels. Comme illustré en figure 2.a, nous définissons un cas d’utilisation réel comme
une séquence plus ou moins linéaire de tâches finalisées, réalisée durant une période
donnée sur une/des ressource(s) initiale(s) donnée(s) par un ou plusieurs
utilisateurs, pour atteindre un objectif donné. Cet objectif peut être un objectif
d’acquisition de connaissance, de prise de décision, ou d’intervention sur les
services d’eau et d’assainissement, basées au moins partiellement mais pas
nécessairement de façon exclusive sur de l’IGV. Dans notre analyse, les cas
d’utilisation étudiés ne sont pas des cas d’utilisation en cours de réalisation
observables en temps réel, mais des cas d’utilisation passés, ce qui implique la
conception d’un dispositif de recherche spécifique. A un niveau de granularité
inférieur, nous définissons une tâche comme l’unité élémentaire d’interaction entre
un/des utilisateur(s) et une/des information(s). Chaque tâche peut être décrite par les
informations qu’elle prend en entrée, le/les utilisateur(s) qui réalisent la tâche, le
type d’opération réalisé, l’outil et la fonctionnalité utilisés pour réaliser la tâche, le
produit généré en sortie et l’objectif (intermédiaire ou final) visé : par exemple, « un
technicien de réseau utilise la fonctionnalité de visualisation de rapports sur la
plateforme de visualisation en ligne Ushahidi pour consulter l’attribut catégorie en
format textuel d’une IGV de signalement disponible sur la plateforme Ushaihidi afin
de connaître le type de dysfonctionnement signalé ». A un niveau de granularité
supérieur enfin, comme illustré dans la figure 2.b, nous parlerons enfin d’un usage
pour désigner un ensemble de cas d’utilisation observés de façon récurrente dans le
temps et/ou au sein de plusieurs groupes d’acteurs sur une période donnée.</p>
          <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.
3.2.3. Dispositif de recherche pour l’identification et caractérisation des usages et
non-usages de l’IGV</p>
          <p>La population d’utilisateurs potentiels enquêtés sera constituée différemment
selon les caractéristiques des études de cas : dans le cas des systèmes fermés (i.e.
accès restreint à l’information), seuls les acteurs ayant accès à l’information seront
sollicités ; dans le cas des systèmes ouverts, les utilisateurs explicitement ciblés
identifiés en phase 1 seront sollicités en priorité, mais l’échantillon sera élargi pour
intégrer les autres utilisateurs potentiels, à savoir les différents acteurs localement
impliqués dans la production et la gestion des services depuis la mise à disposition
de l’IGV sur le territoire étudié.</p>
          <p>Pour identifier et caractériser les usages et non-usages, nous proposons de
mobiliser un dispositif de recherche hybride permettant de collecter trois types de
matériaux, en associant i) entretien semi-directif, observation, et acquisition/analyse
de documents physiques. Le premier matériau collecté est le discours réflexif porté
par les acteurs sur leurs pratiques informationnelles : les pratiques déclarées. Ce
discours sera collecté par le biais d’entretiens semi-directifs auprès des enquêtés, qui
seront invités à lister puis à décrire les cas d’utilisations réalisés. Ce processus de
verbalisation des pratiques soulève cependant de nombreuses difficultés: souvenirs
partiels, mobilisation de savoirs et savoirs faires implicites, et biais de désirabilité
sociale sont autant de facteurs susceptibles de générer un écart entre les cas
d’utilisation déclarés et les cas d’utilisationréels. Pour réduire cet écart, nous
proposons de collecter deux matériaux supplémentaires. Nous inviterons tout
d’abord l’enquêté à réaliser une simulation commentée des cas d’utilisation réels,
c’est-à-dire à reproduire chacun de ces cas d’utilisation en les commentant étape par
étape. Chaque cas sera ainsi reconstitué en renseignant en temps réel une grille
d’observation. Le dernier matériau d’analyse collecté est l’information géographique
initiale, intermédiaire et finale qui transite dans chaque cas d’utilisation (données
brutes, transformées, cartes). Ces informations collectées auprès de l’enquêté
permettront en effet à la fois i) de compléter les cas d’utilisation lacunaires en
inférant les opérations réalisées et/ou ii) de valider une partie des informations
déclarées/montrées par l’enquêté. Sauf impossibilité, ce dispositif de recherche sera
mis en oeuvre dans l’environnement de travail de l’enquêté, qui disposera ainsi des
outils et données qu’il est amené à manipuler dans le cadre de ses pratiques
professionnelles quotidiennes.</p>
          <p>A partir de ces trois matériaux, les différents cas d’utilisation seront reconstitués,
modélisés puis comparés. Cette comparaison permettra d’identifier un certain
nombre de motifs récurrents d’un acteur à l’autre et/ou dans le temps, susceptibles
de renvoyer à des usages émergents de l’IGV pour la production et la gestion des
services urbains dans les sociétés étudiées.</p>
          <p>Copyright © by the paper’s authors. Copying permitted for private and academic
purposes. Proceedings of the Spatial Analysis and GEOmatics conference, SAGEO
2015.</p>
        </sec>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-6">
      <title>Conclusion et perspectives</title>
      <p>Les apports scientifiques de cet article de positionnement se situent à trois
niveaux. Il contextualise et présente en première partie des systèmes de
productiondiffusion d’IGV sur les services des Suds qui constituent, de par leur apparition
récente, mais aussi leurs caractéristiques et territoires d’implantation, des objets de
recherche originaux encore peu explorés par la communauté scientifique. Le travail
de catégorisation des travaux de recherche existants proposé par la suite permet en
outre de mettre en évidence l’existence d’une série de verrous scientifiques à lever
pour progresser dans la compréhension des usages effectifs de l’IGV produite. Basé
sur une approche comparative et pluridisciplinaire, le dispositif de recherche
proposé en partie 3 mobilise et confronte enfin de façon innovante des matériaux de
recherche empirique diversifiés.</p>
      <p>A très court terme, notre première perspective de recherche consiste à tester,
éventuellement à ajuster, et mettre en oeuvre le dispositif de recherche conçu sur les
trois études de cas sélectionnées et analysées dans le cadre d’une première mission
de terrain à Dar es Salaam (Tanzanie). La conception du protocole de recherche
permettant d’expliquer les pratiques informationnelles observées, de rendre compte
des transformations accompagnant les ces pratique, et d’analyser les pratiques de
modification d’information dans le temps est également en cours de finalisation. A
moyen terme, une fois les premiers résultats analysés, la sélection d’études de cas
complémentaires susceptibles d’enrichir la réflexion, sur des terrains différents, et en
comparaison avec les Nords, sera réalisée.</p>
    </sec>
  </body>
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