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      <title-group>
        <article-title>Faire parler les données sur la recherche grâce au Web sémantique : le projet VIVO</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Marie-Dominique Heusse</string-name>
        </contrib>
      </contrib-group>
      <fpage>19</fpage>
      <lpage>25</lpage>
      <abstract>
        <p>VIVO is an open source tool from semantic web technologies, used to identify and characterize the research activity of an institution. It allows the reuse of information or data existing in several external reference bases and different bibliographic databases. The aim is to collect and use four sets of relevant data on research activity: research structures, authors, research outputs and means.</p>
      </abstract>
      <kwd-group>
        <kwd>VIVO</kwd>
        <kwd>RESEARCH DATA</kwd>
        <kwd>SEMANTIC WEB</kwd>
      </kwd-group>
    </article-meta>
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    <sec id="sec-1">
      <title>1. IRIT, Université de Toulouse</title>
      <p>Les systèmes d‟information recherche1 sont très rares en France dans les
établissements d‟enseignement supérieur (Delemontez, 20172). On entend par là des
outils qui mettent en perspective des données sur les structures de recherche, sur les
équipes, sur les moyens et sur les résultats des recherches menées afin de mieux
connaître l‟activité de recherche, mieux la gérer et la valoriser. Il s‟agit donc de
connecter des données qui sont éclatées entre différentes sources pour améliorer la
connaissance de cette activité, et également pouvoir répondre aux besoins
d‟information des tutelles mais aussi des instances d‟évaluation ou de financement.
Ces outils peuvent en outre offrir une plus grande visibilité publique de l‟activité de
recherche en permettant le repérage de compétences et d‟expertises. C‟est le cas de
VIVO, qui a été choisi par l‟Université de Toulouse.</p>
      <sec id="sec-1-1">
        <title>1. Le contexte</title>
        <p>C„est celui de la construction de l‟université de Toulouse, qui a vocation à
rassembler de façon plus structurée qu‟aujourd‟hui les établissements membres de
l‟actuelle communauté d‟universités et d‟établissements (Comue). La recherche
menée au sein des quelques 150 unités de recherche du site est déjà très largement
inter-établissements : ainsi, un grand nombre d‟unités mixtes de recherche (UMR)
associent un (voire plusieurs) organismes de recherche nationaux (Établissements
publics à caractère scientifique et technologique, EPST) à plusieurs universités ou
écoles d‟ingénieurs.</p>
        <p>La mise en oeuvre du « grand établissement » Université de Toulouse est tout
particulièrement l‟occasion de construire une stratégie scientifique de site : il s‟agit
d‟élaborer une politique scientifique partagée pour consolider les secteurs
d‟excellence, et également développer l‟interdisciplinarité.</p>
        <p>Pour autant, la visibilité globale de l‟activité de recherche est aujourd‟hui assez
faible. La perception des points forts s‟appuie sur la connaissance de l‟activité et de
la performance des différents laboratoires, dans une logique verticale ; mais il est
plus difficile d‟avoir une perspective transversale, par grand domaine scientifique
par exemple, surtout si ce domaine est commun à plusieurs établissements.</p>
        <p>Le projet d‟observatoire de la recherche porté par l‟Université de Toulouse doit
permettre de caractériser l‟activité scientifique, de réunir les données pertinentes
pour en rendre compte, de proposer des interfaces de visualisation et de
cartographie, et de rendre ces informations accessibles aux différents acteurs
concernés, ainsi qu‟au grand public.</p>
        <sec id="sec-1-1-1">
          <title>1 http://www.eurocris.org/</title>
          <p>2 Les bibliothèques universitaires face aux systèmes d'information recherche: nouveaux outils,
nouveaux rôles? Renaud DELEMONTEZ, Lyon, Enssib, 2017</p>
        </sec>
      </sec>
      <sec id="sec-1-2">
        <title>2. Le projet</title>
        <p>L‟objectif est donc de se doter d‟un outil permettant de rassembler et traiter
l‟ensemble des données qui peuvent concourir à cette visibilité. Très rapidement
l‟utilisation d‟une solution Web sémantique s‟est imposée : elle permet d‟exploiter
toute une série de sources de données externes de structures - et de formats
différents, et d‟utiliser le potentiel que permettent les données liées. Une fois ce
premier choix effectué, celui de l‟outil lui-même a été rapide également : au sein des
triplestores (bases de données conçues pour gérer des données en format RDF) qui
pouvaient être candidats, VIVO3 présentait l‟avantage décisif d‟être doté d‟une
ontologie correspondant assez exactement à nos besoins.</p>
        <p>Ce n‟était pas sa seule supériorité : développé en open source par l‟université de
Cornell aux États-Unis, VIVO est porté aujourd‟hui par un consortium actif
d‟universités, et compte près de 150 instances installées dans 26 pays, dont une
vingtaine en Europe (2 pour le moment en France : à l‟INRA et le projet de
Toulouse).</p>
      </sec>
      <sec id="sec-1-3">
        <title>3. Les données</title>
        <p>Pour chaque « famille » de données, il existe plusieurs sources possibles, parfois
concurrentes ou redondantes, parfois spécifiques et complémentaires des autres. Le
candidat/source idéal devrait réunir les qualités suivantes en matière de données :
normalisées, homogènes, fondées sur des référentiels, des identifiants uniques et
pérennes. C‟est parfois très loin d‟être le cas, ce qui oblige à divers traitements pour
améliorer cette qualité.</p>
        <p></p>
        <p>Les structures (Unités de recherche, Établissements, EPST…).
L‟utilisation de jeux de données publiés en Open Data par le Ministère
de l‟enseignement supérieur – jeu de données sur les écoles doctorales,
puis Répertoire National des structures de recherche (RNSR) est
apparu comme la meilleure solution : ces sources sont contrôlées,
dotées d‟identifiants nationaux et d‟une indexation sujet, les jeux de
données disposent d‟une API. Cependant, certaines informations
importantes pour le site n‟y figurent pas, par exemple le rattachement
des unités à six Pôles de coordination de la recherche, qui représentent
les bases privilégiées pour l‟analyse de l‟activité de recherche. En
outre, on constate parfois un retard dans la mise à jour du RNSR par
les établissements et dans ce cas une source locale, le Guide de la
Recherche, est utilisée pour compléter ou corriger l‟information si la
donnée dans le RNSR n‟est pas à jour. Le nombre total de structures
recensées est d‟environ deux cents.</p>
        <p>Les personnes (enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATSS publiants), soit
environ 5000 personnes: pour pouvoir repérer l‟ensemble des chercheurs de chaque
unité de recherche, le choix a été fait d‟utiliser les fichiers des personnels établis lors
des évaluations par le Haut Conseil de l‟évaluation de la recherche et de
l‟enseignement supérieur (HCERES). Les champs disponibles sont : nom, prénom,
date de naissance (utilisée pour identifier les homonymes), statut, discipline,
établissement de rattachement, date d‟arrivée dans l‟unité. Un identifiant est
rajouté : le choix s‟est porté sur IdRef4, le référentiel maintenu par l‟Agence
bibliographique de l‟enseignement supérieur (ABES), car c‟est le seul à pouvoir être
attribué à la totalité des auteurs5 ; en outre l‟ABES a développé des webservices qui
permettent un alignement entre IdRef et d‟autres identifiants comme Orcid ou
IdHal : IdRef constitue bien un système pivot. Comme pour les structures, on
constate parfois des problèmes de qualité des données dans les fichiers HCERES :
nom ou prénom mal orthographié, informations manquantes. Ces erreurs ou lacunes
rendent plus difficile la recherche de l‟identifiant dans la base IdRef mais, lorsque la
recherche a abouti, elle concourt à améliorer la qualité du fichier des auteurs.</p>
        <p>Les moyens : à la différence de certains systèmes d‟information
recherche à l‟étranger, il n‟est pas prévu actuellement de gérer
l‟information sur les budgets. Les données sur les moyens concernent
deux types:</p>
        <p>Les contrats. Ces informations sont présentes dans de multiples
sources : bases de données Contrats tenues à jour par chaque
établissement, par les organismes de recherche, par la Comue
pour les contrats européens ; en outre l‟information est
désormais mentionnée dans certaines bases bibliographiques
comme le Web of Science. Un travail de rapprochement et de
dédoublonnage entre ces diverses sources de données est donc
nécessaire.</p>
        <p>Les équipements. L‟objectif est de valoriser les grands
équipements ou équipements rares présents sur le site,
généralement très mal connus sauf de leurs utilisateurs directs.</p>
        <p>La solution passe par la création d‟une base locale contenant
les champs nécessaires.</p>
        <p>Les productions scientifiques peuvent être extrêmement diverses et ne
prennent pas toutes la forme d‟une publication même si celle-ci
constitue le modèle dominant :</p>
        <p>Les publications regroupent elles-mêmes des formes
différentes : livres, chapitres de livres, thèses, divers types
d‟articles, proceedings, working papers, communications à des
colloques, etc.</p>
        <p>Les brevets.


o
o
o
o
4 Identifiants et référentiels pour l‟enseignement supérieur et la recherche,
https://www.idref.fr/
5 Selon une évaluation faite début 2017, moins de 15% des enseignants-chercheurs et
chercheurs de l‟université de Toulouse ont un identifiant ORCID
o
o</p>
        <p>Les corpus, bases de données, jeux de données (data papers),
réalisations informatiques ou instrumentales.</p>
        <p>D‟autres formes de productions de recherche sont importantes
dans certaines disciplines ALSHS : expositions, installations,
réalisations artistiques, multimédia.</p>
        <p>Sur le plan des données, cette profusion de formes de production scientifique se
traduit par un foisonnement de sources. Certaines bases bibliographiques sont
spécialisées dans un type de documents (par ex. livres et thèses pour la base du
Système universitaire de documentation (Sudoc), d‟autres dans un ensemble de
disciplines, d‟autres encore par le statut open access des documents signalés. De ce
fait, une publication peut être présente dans plusieurs sources, mais sans être
forcément signalée de la même façon, ni au même moment, ni avec le même
identifiant… En outre, les outils de caractérisation disciplinaire diffèrent également,
chaque base ayant son propre vocabulaire pour l‟indexation des publications. Pour
les corpus ou les données sur les manifestations, il n‟existe pas de sources externes
structurées, ni de système d‟identifiants construits ; les informations sont souvent
gérées directement (et seulement) par le chercheur ou l‟équipe en charge du projet,
avec une très grande variété de formats mais pas toujours une garantie
d‟interopérabilité. Cela va conduire à un travail d‟identification, mais aussi de
normalisation, en reprenant dans toute la mesure du possible les formats et les
référentiels professionnels utilisés par les services d‟archives et les musées.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-1-4">
        <title>4. Les traitements : ontologies et dédoublonnage</title>
        <p>Comme toute application web sémantique, VIVO utilise des ontologies pour
représenter les données. L‟ontologie intégrée de VIVO réutilise la terminologie
d‟ontologies largement connues (SKOS, bibo, foaf, dublin core, event, geo, vcard,
etc.). Ses modèles fournissent un ensemble de types (les classes) et de relations (les
propriétés) pour représenter les différents types de données gérées par l‟outil : les
chercheurs, les structures, les moyens, les productions de recherche. Des modèles
d‟ontologie associant classes et propriétés ont été définis pour chaque grand type de
données. L‟adaptation de l‟ontologie de VIVO, né dans le contexte d‟universités
américaines, à notre situation nécessite quelques ajustements, par ex. pour
représenter les EPST.</p>
        <p>Le mapping (alignement) des ontologies consiste à faire correspondre les champs
spécifiques de chacune des sources de données avec les classes de l‟ontologie de
VIVO. Les alignements ne se font pas forcément terme à terme : dans certains cas,
les meta-données sont plus détaillée dans la source de données, dans d‟autres
certaines classes de l‟ontologie n‟ont pas de correspondance dans la source.</p>
        <p>Une même donnée peut être présente dans plusieurs sources. C‟est
particulièrement le cas pour les sources bibliographiques, le même document
pouvant être décrit dans une base de données commerciale (ex. le Web of Science),
une base en archive ouverte, ou un outil collectif national comme le Sudoc.
L‟utilisation d‟algorithmes de rapprochement est nécessaire, et ces algorithmes
fonctionneront d‟autant mieux que les données concernées s‟appuient sur des
référentiels et des identifiants – ce qui n‟est pas toujours le cas. Ils imposent
•
•
•
•
•
également la rédaction de règles de gestion : lorsqu‟une même notice est repérée
dans deux sources différentes, laquelle est privilégiée, quel ordre est précisé ?</p>
      </sec>
      <sec id="sec-1-5">
        <title>5. Les résultats</title>
        <p>L‟interface web de VIVO propose des fonctions de recherche, de navigation et
de présentation des données. Elle offre également la visualisation en RDF de toutes
les données contenues dans la base, et constitue donc un outil de publication de ces
données. L‟utilisation du moteur SolR permet d‟améliorer les fonctionnalités de la
recherche en générant des facettes à partir des méta-données présentes : par exemple
en affinant une recherche par concept, ou par type de document. L‟objectif est de
permettre de décrire finement les compétences des chercheurs, leur environnement,
leurs interactions et leurs réseaux, et d‟offrir des possibilités de recherche telles que :
Repérage d‟experts (ex. évaluation de projets, actions de médiation
scientifique),
Repérage des structures de recherche (labos, Écoles doctorales,
fédération, pôles, etc.) et leurs relations,
Repérage des co-signatures, des coopérations internationales,
Repérage des équipements scientifiques,
Autres productions de recherche : expositions, installations,
évènements.</p>
        <p>Outre ces fonctions de type « découverte », il est prévu également un outil
tableau de bord qui permettra de réaliser des rapports. Pour notre site, les
informations et indicateurs attendus sont par exemple :</p>
        <p>Repérage des enseignants-chercheurs et chercheurs par secteur
disciplinaire et sous-domaine,
Repérage des publications (nombre total, par thèmes, type, etc.),
Nombre de thèses (par an, par discipline, etc.),
Nombre de brevets,
Repérage des projets (ERC, H2020, ANR, PCRD, etc.),
Évolution des thématiques de recherche, repérage des «signaux faibles»,
des thématiques émergentes.</p>
        <p>VIVO propose également des interfaces cartographiques, qui permettent des
représentations graphiques des données de publications :
•
•
•</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>Co-author network Co-investigator network Map of Science.</title>
      <p>Si l‟objectif premier du projet est de mettre en oeuvre un dispositif pour
caractériser l‟activité de recherche du site, VIVO est aussi conçu comme un “outil
de découverte”, voire de mise en réseau et de repérage de compétences (research
profiling system 6). Au démarrage du projet, l‟acceptation de cette dimension par la
communauté des chercheurs nous a semblé devoir être questionnée, alors qu‟elle ne
pose visiblement pas de problème dans les universités anglo-saxonnes. Les réponses
à ce sujet, qu‟elles résultent de contacts informels ou de circonstances plus
institutionnelles comme la Commission recherche d‟une université, ont toutes
montré une volonté d‟ouverture et un désir de visibilité – qui sont déjà manifestes
dans l‟usage des réseaux sociaux académiques, mais avec la double différence qu‟il
s‟agit dans le deuxième cas de démarches individuelles, et d‟outils venant
d‟initiatives à caractère commercial7. La question de l‟appropriation reviendra
lorsqu‟il faudra arbitrer sur le niveau d‟intervention que l‟on attribuera aux acteurs
de la recherche sur les données : VIVO est conçu pour permettre aux chercheurs
d‟effectuer des modifications et compléments sur les données qui les concernent.
Cette possibilité est assurément une richesse, mais elle peut constituer aussi un
facteur de risque en matière de qualité des données : un équilibre délicat et
nécessaire doit être trouvé.</p>
      <sec id="sec-2-1">
        <title>Conclusion</title>
        <p>Les opportunités et les risques du projet VIVO sont les deux faces d‟une
problématique commune. Un des facteurs décisif du succès est la qualité des
données, ce qui suppose un travail très attentif sur les identifiants et les référentiels.
Mais le pari repose aussi sur l‟utilisation de sources de données qui n‟ont pas toutes
été prévues pour une réutilisation dans une logique de données liées. Et même
lorsque c‟est le cas (par exemple le RNSR, la base IdRef), on constate que la qualité
des données n‟est pas toujours optimale…</p>
        <p>Un enjeu pour l‟avenir, outre le nécessaire développement de ce type d‟outils en
Europe, sera d‟en faire des démonstrateurs de l‟importance et des utilisations
potentielles des données sur la recherche.
6https://en.wikipedia.org/wiki/Comparison_of_research_networking_tools_and_research_prof
iling_systems
7 #DeleteAcademicSocialNetworks? Les réseaux sociaux académiques en 2016
http://urfistinfo.hypotheses.org/3033</p>
      </sec>
    </sec>
  </body>
  <back>
    <ref-list>
      <ref id="ref1">
        <mixed-citation>3 Vivoweb.org</mixed-citation>
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