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        <article-title>Des Corpus aux Bases de Données... et Retour. Variations et Ressources Terminologiques</article-title>
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          <string-name>Valérie Delavigne</string-name>
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          <string-name>Université Sorbonne Nouvelle</string-name>
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          <string-name>Paris</string-name>
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          <string-name>France</string-name>
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          <label>0</label>
          <institution>1st International Conference on “Multilingual digital terminology today. Design</institution>
          ,
          <addr-line>representation formats and management systems”</addr-line>
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      <abstract>
        <p>Après un rapide retour sur les types de variations et leurs marqueurs, nous souhaiterions discuter de la façon dont des données sociolinguistiques peuvent intégrer une ressource élaborée dans une perspective « d'équipement terminologique ». Le fait est aujourd'hui admis : la variation est constitutive de toute pratique langagière, aussi terminologique soit-elle. Les discours spécialisés ne dérogent pas aux règles de la langue et les usages terminologiques varient selon les genres discursifs, les énonciateurs, les situations. Analyser le fonctionnement des termes invite dès lors à mettre leurs usages en relation avec la diversité des discours dans lesquels ils apparaissent, ce à quoi un certain nombre de travaux se sont attachés, que ce soit sur le plan diachronique ou synchronique (voir [1] par exemple). Ces variations sont de nature diverse et de différents niveaux linguistique [2-6], et le thème du variable lui-même est soumis à de nombreuses variantes [7]. Dès lors que l'on souhaite constituer une ressource terminologique quelle qu'elle soit, base de données, dictionnaire ou autre glossaire, ces phénomènes de variation viennent singulièrement compliquer la chose. Ainsi, lors de l'élaboration d'une ressource terminologique, l'une des premières tâches est le repérage en corpus d'unités susceptibles d'être instituées en entrées ; l'intégration même d'une ou d'une autre variante éventuelle à la nomenclature constitue un premier acte descriptif qui engage dans une direction spécifique, de la même manière qu'une attribution « domaniale » ou le traitement définitoire. Ces orientations sont inégalement explicitées dans les ouvrages terminographiques, tout comme les critères qui guident la sélection des éléments qui décrivent un terme. Quant aux données sociolinguistiques liées au terme, et notamment les enjeux qui président à son actualisation dans les discours, elles sont la plupart du temps silencieuses. Or ces informations, qui doivent à notre sens venir documenter le terme, sont nécessaires pour son appropriation par les utilisateurs et sa mise en discours qu'il convient de faciliter. Les questions qui se posent aujourd'hui sont celles de « l'implémentation » de ces données socioterminologiques dans des ressources : comment intégrer la diversité sociolinguistique ? Quelle place lui attribuer dans un programme descriptif ? Sous quelle forme ? Ces interrogations engagent des aspects tout à la fois d'ordre théorique (qu'est-ce qu'une donnée sociolinguistique ? Lesquelles sont à retenir ? Dans quel objectif ?) et méthodologique (Comment les intègre-t-on ?). Ces questions se sont posées à nous dans le cadre de plusieurs</p>
      </abstract>
      <kwd-group>
        <kwd>1 corpus</kwd>
        <kwd>bases de données</kwd>
        <kwd>variation terminologique</kwd>
      </kwd-group>
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      <title>-</title>
      <p>projets terminographiques, l’un sur l’énergie nucléaire, l’autre sur le cancer et, plus récemment,
à propos d’un ouvrage lexicographique autour de l’écologie et de l’environnement.
Le thème de l’environnement qui illustrera plus particulièrement notre propos met à rude
épreuve la notion de « domaine » [8]. Il forme un champ discursif prolixe, particulièrement
complexe et peu aisé à saisir dans sa globalité. Élaborer un corpus sur la thématique de
l’environnement aujourd’hui, c’est d’abord affronter une masse pléthorique de textes d’une
diversité foisonnante, aux registres discursifs et éditoriaux variés, qui rend délicate, voire
incertaine la production d’un corpus « caractéristique ». Chaque point de vue organise et
précise ses enjeux de communication. Sur le marché langagier, les voix se mêlent et l’on voit
des termes comme déchet et résidu, accident et incident pris dans des procès de loyauté
sémantique [9–12]. Les unités environnement et son dérivé environnemental ne sont pas en
reste, les usages de l’une ne se superposant pas aux usages de l’autre [13].</p>
      <p>Des communautés discursives multiples, poreuses, dynamiques, dans lesquelles les experts, au
sens de Michel Petit [14], sont peu identifiables, se structurent autour de pratiques sociales,
d’enjeux ou une idéologie commune. Dès lors, qu’est-ce qui « fait corpus » ? Comment
procéder à des choix dans la constellation des productions discursives dont certaines
deviennent des « arènes de controverse » [15] ? Comment mettre à jour l’économie des
pratiques discursives et tenter de cartographier les discours circulants et les maillages
interdiscursifs, tous n’ayant pas le même poids, le même écho, la même reconnaissance, ni bien
sûr, les mêmes usages terminologiques. Parler de déchet ou de résidu par exemple [10], de
grisou ou de gaz de schiste [16], de développement durable ou soutenable [17–19], voire
préférer environnement ou environnemental [13]vient mettre à mal la neutralité du terme telle
que l’ISO le préconise [20].</p>
      <p>La question qui se pose alors est l’intégration de ces enjeux dans une base de données
terminologiques électronique, espace par nature contraint et fermé. Une des pistes que nous
souhaitons explorer est précisément l’ouverture de la base de données vers les corpus. Dans
cette perspective, elle devient un outil d’organisation de l’information qui pointe vers le corpus
et permet des allers-retours [21].</p>
      <p>Ainsi, en poussant la logique de dictionnaires cotextuels [9,20,21 par exemple], le terme
devient une entrée vers le corpus qui ne se voit plus seulement source d’informations lexicales
et prédicatives, ramenées par un travail descriptif à une collection de rubriques et de cotextes,
mais peut être exploité dans toutes ses dimensions afin d’être mis au service des utilisateurs.
Cette hypothèse de travail, proposée par d’autres (voir notamment [24] les travaux de Laurent
Gautier), est une autre façon d’envisager l’usage des corpus dans les ressources
terminologiques numériques.</p>
      <p>C’est ce que nous nous proposons d’explorer, en articulant notre propos de la façon
suivante : après un rapide retour sur les types de variations et leurs marqueurs, nous
souhaiterions discuter de la façon dont des données sociolinguistiques peuvent intégrer une
ressource élaborée dans une perspective « d'équipement terminologique ». Ce sera l'occasion
d'évoquer la question de l'interface avec le corpus qui ne se voit plus cantonné à un objectif
descriptif, mais devient un élément central de la base de données.
2. References</p>
      <p>[1] P. Drouin, A. Francoeur, J. Humbley, A. Picton, eds., Multiple perspectives on terminological
variation, John Benjamins Publishing Company, Amsterdam ; Philadelphia, 2017.</p>
      <p>[2] N. Aussenac-Gilles, A. Condamines, Variation syntaxique et contextuelle dans la mise au point
de patrons de relations sémantiques, in: J.-L. Minel (Ed.), Filtrage sémantique, Hermès/Lavoisier, Paris,
2009: pp. 115–149. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00924864/document (accessed January
24, 2015).</p>
      <p>[3] D. Biber, Variation across speech and writing, Cambridge University Press, Cambridge, 1988.
[4] J. Boutet, F. Gadet, Pour une approche de la variation linguistique, Le Français Dans Le Monde.
(2003) 17–24.</p>
      <p>[5] F. Gadet, Variation, Langage et société. Hors série (2021) 331–336.</p>
      <p>[6] G. Ledegen, I. Léglise, Variations et changements linguistiques, in: J. Simonin, S. Wharton
(Eds.), Sociolinguistique du contact, ENS Éditions, 2013: pp. 399–418.
https://doi.org/10.4000/books.enseditions.12486.</p>
      <p>[7] F. Gadet, Langue et variation, Encyclopédie Grammaticale Du Français. encyclogram.fr
(2020). http://www.encyclogram.fr/notx/019/019_Notice.php (accessed July 28, 2021).</p>
      <p>[8] V. Delavigne, La notion de domaine en question. Autour de l’environnement, Neologica.
(2022).</p>
      <p>[9] V. Delavigne, Les discours institutionnels du nucléaire : stratégies discursives d’euphorisation,
Mots. (1994) 53–68.</p>
      <p>[10] V. Delavigne, Les mots du nucléaire. Contribution socioterminologique à une analyse des
discours de vulgarisation, thèse de doctorat, Université de Rouen, 2001.</p>
      <p>[11] V. Delavigne, L. Vignes, Le vert est dans le nucléaire. L’argument écologique dans la
communication publicitaire d’EDF (1986-2011), L’environnement : Approches Lexicales et
Discursives. Le Discours et La Langue. 5 (2013) 25–37.</p>
      <p>[12] L. Vignes, Pénétration et diffusion des mots de l’écologie dans le discours politique : analyse
de professions de foi (1965-1969), Thèse de doctorat, Université de Rouen, 1996.
http://www.theses.fr/1996ROUEL232 (accessed September 2, 2021).</p>
      <p>[13] S. Graf, A. Wagener, Un moteur pour l’innovation : l’environnement comme ressource
symbolique mesurable dans le discours corporate des entreprises., (2021).</p>
      <p>[14] M. Petit, Le discours spécialisé et le spécialisé du discours : repères pour l’analyse du discours
en anglais de spécialité, E-rea. Revue électronique d’études sur le monde anglophone. (2010).
https://doi.org/10.4000/erea.1400.</p>
      <p>[15] F. Chateauraynaud, Les topiques environnementales entre controverses et conflits. Écologie
politique et sociologie pragmatiques en France, in: L. Charles, L. Hellmuth, B. Kalaora, F. Rudolf
(Eds.), Sciences sociales et environnement en Allemagne et en France, L’Harmattan, Paris, 2014: pp.
451–473.
https://www.gspr-ehess.com/documents/articles/Chateauraynaud/FC-topiquesenvironnementales-mai-2010.pdf.</p>
      <p>[16] M. Stein, La controverse du « gaz de charbon » en France (2006-2018) : conflits de nomination
et mise en question de la neutralité de l’expertise, Mots. Les langages du politique. 119 (2019) 69–85.</p>
      <p>[17] M. Chansou, Développement durable, un nouveau terme clé dans les discours politiques, Mots.
Les langages du politique. 39 (1994) 99–105. https://doi.org/10.3406/mots.1994.1891.</p>
      <p>[18] A. Krieg-Planque, La formule “développement durable” : un opérateur de neutralisation de la
conflictualité, Langage et société. 134 (2010) 5–29.</p>
      <p>[19] M.-J. de Saint Robert, Le concept de développement durable, in: V. Delavigne, D. de Vecchi
(Eds.), Termes En Discours. Entreprises et Organisations, Presses de la Sorbonne Nouvelle, Paris, 2021:
pp. 195–219.</p>
      <p>[20] ISO, Travail terminologique. Principes et méthodes. Norme ISO 704, (2009).
https://www.iso.org/cms/render/live/fr/sites/isoorg/contents/data/standard/03/81/38109.html (accessed
August 12, 2021).</p>
      <p>[21] P. Corbin, N. Gasiglia, Silence et bruit dans les dictionnaires électroniques du français, (2021).
http://www.inalco.fr/actualite/colloque-international-dictionnaires-culture-numerique-espacefrancophone-3e-edition-26-27 (accessed October 22, 2021).</p>
      <p>[22] V. Delavigne, J. Carretier, S. Brusco, L. Leichtnam-Dugarin, M. Déchelette, T. Philip,
Comprendre les mots du cancer : LexOnco, dictionnaire d’oncologie pour les personnes malades et
leurs proches. Aspects méthodologiques, Bulletin Du Cancer. 94 (2007) 405–410.</p>
      <p>[23] M.-C. L’Homme, DicoEnviro - Dictionnaire fondamental de l’environnement,
Http://Olst.Ling.Umontreal.ca/Dicoenviro. (n.d.).
http://olst.ling.umontreal.ca/dicoenviro/dicoenvirobilingue-fr.html (accessed March 1, 2021).</p>
      <p>[24] R. Loock, La traductologie de corpus, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq,
France, 2016.</p>
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