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      <title-group>
        <article-title>Terminologie du Waterfront : de la fouille terminologique à la création d'un glossaire multilingue</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Maria Centrella</string-name>
          <email>mcentrella@unior.it</email>
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        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Serafina Germano</string-name>
          <email>serafinagermano1@gmail.com</email>
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        </contrib>
        <aff id="aff0">
          <label>0</label>
          <institution>Université de Naples L'Orientale</institution>
          ,
          <addr-line>Via Duomo, 219, Naples, 80138, Italie</addr-line>
        </aff>
      </contrib-group>
      <abstract>
        <p>This contribution sets out to present part of the DEFI "Mediterranean Ports" project, the aim of which is to analyse the "waterfront" domain from a conceptual, linguistic and cultural point of view in order to create a terminological glossary of this domain in fifteen languages. The first steps in the terminological analysis are described, concerning the constitution of the corpus of work, extraction and terminological mining, followed by an examination of the work involved in compiling the terminological records in French. For each record in the glossary, particular attention is paid to the definition and context of use, enabling a detailed analysis of each term and its conceptual scope. Finally, the next stages of the project are proposed, which consist of extending the research to the other languages involved and putting the glossary into electronic form, which will be available in free online access. It will constitute an important tool for understanding the waterfront from a linguistic point of view, a composite, even hybrid, field that represents the most current evolution of the port, where the notion of the 'liquid city' is embodied. Cette contribution se propose de présenter une partie du Projet DEFI « Les ports de la Méditerranée », partie qui vise à analyser d'un point de vue conceptuel, linguistique et culturel le domaine du « Waterfront » afin de créer un glossaire terminologique de ce domaine en quinze langues. Sont exposées les premières démarches de l'analyse terminologique, concernant la constitution du corpus de travail, l'extraction et la fouille terminologique, pour examiner successivement le travail pour la constitution des fiches terminologiques en français. Pour chaque fiche du glossaire, une attention particulière est portée à la définition ainsi qu'aux contextes d'usage, qui permettent une analyse détaillée de chaque terme et de sa portée conceptuelle. Sont proposées, enfin, les prochaines étapes du projet, qui consistent en l'élargissement de la recherche aux autres langues impliquées et en la mise en forme électronique du glossaire, qui sera disponible en libre accès en ligne, pour constituer un outil important pour appréhender d'un point de vue linguistique le domaine du waterfront, un domaine composite, voire hybride, qui représente l'évolution la plus actuelle du port, où s'incarne la notion de « ville liquide ».</p>
      </abstract>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>-</title>
      <p>Résumé</p>
      <p>Mots-clés
waterfront, glossaire multilingue, terminologie ville-port, fiche terminologique
1</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>1. Introduction</title>
      <p>
        Cette contribution s’inscrit dans un travail plus large concernant le projet « Les ports de la
Méditerranée », dans le cadre du programme DEFI (Développement d’espaces francophones
d’innovation) promu par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) – Direction régionale
Europe Occidentale, et en cours de réalisation par l’équipe de l’Université l’Orientale et
Parthenope. Ce projet vise principalement à analyser d’un point de vue conceptuel, linguistique
et culturel la terminologie du waterfront, ayant comme but final la création d’un glossaire
multilingue en quinze langues (français, italien, anglais, allemand, espagnol, albanais, roumain,
polonais, slovène, néerlandais, suédois, russe, arabe, berbère et turc)2. Le concept de waterfront
voit son essor pendant les années 1950 à l’époque des premiers travaux d’aménagement
villeport et renvoie, aujourd’hui, à un espace hybride, dense, celui de la « ville liquide » [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref1">1</xref>
        ]. Il s’agit
d’un espace florissant qui concentre des dynamiques diversifiées : flux de marchandises et de
personnes, échanges culturels, aménagement urbain et immobilier, développement durable,
innovation technologique. Le waterfront est ainsi non seulement « un générateur de créativité
urbaine » [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref2">2</xref>
        ], mais aussi un générateur de créativité linguistique, car autour de cette notion nous
pouvons observer un foisonnement lexical très intéressant.
      </p>
      <p>
        Pendant une première étape de cette recherche, nous avons présenté le domaine d’étude, en
nous concentrant en particulier sur la création et la description du corpus de travail, divisé en
sources primaires et secondaires [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref3">3</xref>
        ]. Nous avons ainsi constaté la complexité terminologique du
domaine waterfront, vues les nombreuses sources à disposition, ainsi que la richesse lexicale du
domaine, impliquant les domaines de l’urbanisme, du développement durable, de l’aménagement
des espaces maritimes et leur rénovation urbaine, écologique, technologique et artistique. Dans
cette communication, nous nous proposons de présenter le processus qui mènera de la fouille
terminologique à la réalisation d’un glossaire multilingue, à travers la création des fiches
terminologiques. Ce glossaire répond à un besoin terminologique, puisqu’il s’avère utile pour une
systématisation terminologique du domaine ainsi que pour des besoins langagiers dans la
communication et les textes spécialisés de domaine, tels que la communication d’ingénieurs,
architectes, autorités portuaires ou la rédaction de textes juridiques ou de textes techniques
comme les projets d’exécution de travaux d’aménagement du waterfront.
      </p>
      <sec id="sec-2-1">
        <title>1.1. Corpus et cadre méthodologique</title>
        <p>
          Dans la première phase du projet, nous avons constitué le corpus en langue française, notre
langue de départ dans ce projet ; ce corpus Waterfront fr. (WF fr) a fait l’objet d’une première
étude, présentée lors du colloque Vies du port : regards croisés sur l’espace portuaire qui a eu lieu
à Naples en septembre 2022 [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref4">4</xref>
          ]. Les sources primaires de notre corpus incluent les textes
juridiques et réglementaires, les articles scientifiques et les documents techniques concernant le
waterfront publiés à partir des années 1990, puisque c’est à partir de cette époque que les travaux
d’aménagement de la “façade maritime”, le waterfront, dans l’espace francophone ont produit le
besoin de nouvelles dénominations linguistiques dans ce domaine et une spécialisation
terminologique en plein essor. Le premier Règlement Européen en matière d’aménagement
maritime du waterfront remonte à l’année 1996, le Règlement (CE) n° 1164/94 instituant le Fonds
de cohésion et concernant « l’aménagement du front de mer sur 800 m et prolongement du front
de mer actuel, avec réorganisation de la circulation et de l’occupation du sol ». Nous avons aussi
collecté les travaux scientifiques et académiques sur l’aménagement écologique, technologique
et portuaire des deux dernières décennies en France ainsi que dans tous les Pays Francophones,
comme le Rapport Grand Port Maritime de Bordeaux (2015), Une contribution à l’étude des
villesports militaires : Identification des moteurs et supports de développement de Brest et Toulon
(Monier, 2019), Alger : prospection de scénarii pour sa conversion portuaire (Aouissi1 et Madani,
2017). Si les textes normatifs se caractérisent par un degré de spécialisation important, les textes
scientifiques et académiques (des essais et études d’architecture, ingénierie, urbanisme,
sociologie urbaine) permettent de repérer les concepts de base de l’aménagement du front de
mer : maritimité, réticularité, aménagement urbano-portuaire, interface ville-port, gentrification,
façade maritime, attitude waterfront.
        </p>
        <p>Les sources secondaires concernent principalement les sites internet et les brochures en ligne
des ports les plus importants de France (Marseille, Le Havre, Nantes Saint-Nazaire, Bordeaux, La
Rochelle) et de l’aire francophone méditerranéenne qui renvoient aux brochures illustrées des
2</p>
        <p>Des contacts sont en cours pour introduire également le grec moderne et le catalan, en considération aussi bien de la
présence non négligeable de ces langues dans le contexte méditerranéen que de l'importance des transformations
ayant affecté les ports de Grèce et de Barcelone dans les dernières décennies.
projets en cours de réalisation. Les brochures en ligne et les sites concernant les travaux
d’aménagement des ports, renvoyant à une approche de vulgarisation, s’avèrent des sources
intéressantes d’un point de vue terminologique, en permettant de repérer des termes utilisés
dans la communication grand public. Des mots nouveaux y apparaissent : ville durable,
écoquartier (Brochure et site, Ecocité Euroméditerranée de Marseille 2020), ville résiliente (Brochure
Ecocité insulaire et tropical de la Réunion, 2020, parc en mer (Projet Stratégique 2021-2026, Grand
Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire).</p>
        <p>Une fois le corpus réalisé, nous avons procédé à la fouille terminologique à l’aide des logiciels
TermoStat 3.0 et Sketch Engine, pour les sources primaires. L’extraction des sources secondaires
a été possible seulement avec Sketch Engine, qui permet de travailler avec divers formats de
fichiers numériques. Dans cet article nous nous proposons d’avancer dans la recherche en
présentant le processus de fouille terminologique et l’organisation des fiches terminologiques qui
constituent la base de départ pour la réalisation du glossaire multilingue.</p>
        <p>
          L’analyse terminologique que nous abordons ici se fonde sur la conception d’un traitement
multidimensionnel du terme, tel que Cabré le préconise dans sa « théorie des portes » [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref5">5</xref>
          ]. Le
terme est une unité analysable sous plusieurs points de vue : un côté linguistique, l’appartenance
à un univers cognitif et un usage communicatif spécifique [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref6">6</xref>
          ]. Les termes analysés ont une
propriété récursive et, en passant d’un domaine à l’autre, ils sont polysémiques et présentent un
degré variable de spécialisation et d’opacité cognitive. À la base de ce processus cognitif, il y a, en
effet, l’activation, dans chaque contexte communicatif, de certains éléments sémantiques par
rapport à d’autres qui déterminent l’usage plus ou moins spécialisé de l’unité et le sens donné au
terme correspond, alors, au résultat de ce processus cognitif. D’après Cabré [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref6">6</xref>
          ], quatre principes
régissent le caractère polyédrique des termes. Le premier concerne le multi-abordage,
c’est-àdire le fait d’analyser le terme selon l’un de ces aspects : l’aspect linguistique, l’aspect cognitif et
l’aspect communicatif ; l’aspect linguistique concerne le statut linguistique du terme, afin de
comprendre son évolution étymologique ; l’aspect cognitif concerne la portée conceptuelle du
terme par rapport au champ sémantique de référence ; enfin, l’aspect communicatif la relation du
terme un contexte d’usage spécifique. Le principe de la description située définit l’importance de
partir de l’un des trois aspects pour analyser le terme ; mais les trois points de vue sont
indispensables pour l’analyse terminologique, selon le principe de la cohérence. Cette analyse
porte donc sur un usage spécifique du terme par rapport à d’autres termes du même champ
sémantique, selon le principe de la focalisation située.
        </p>
        <p>Sur la base de ce cadre théorique nous nous proposons une analyse morphosyntaxique et
collocationnelle du terme pour définir la variabilité sémantique et conceptuelle en contexte ;
définir le domaine conceptuel et cognitif d’appartenance du terme et son caractère
interdisciplinaire ; démontrer le degré de spécialisation dans une situation communicative
déterminée. La variation peut concerner la structure interne du terme et elle est, dans ce cas, de
type paradigmatique : variation graphique, morphosyntaxique, dérivationnelle. La variation
externe au terme concerne les rapports syntagmatiques entre les termes, relative à la présence
de co-occurrents, qui sont aussi déterminants pour la définition du domaine socio-cognitif auquel
le terme appartient. Le choix d’un terme par rapport à un autre peut concerner le simple usage
synonymique, à l’intérieur de la même catégorie sémantique, ou une variation conceptuelle, avec
un changement du référent de base.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-2">
        <title>1.1.1. La fouille terminologique</title>
        <p>Le logiciel TermoStat 3.0 permet d’extraire une liste de candidats-termes tirée du corpus
d’analyse. La caractéristique de ce logiciel est la possibilité d’extraire les termes et de les classer
à partir de leur score de spécificité. Ce score est calculé en rapportant le corpus d’analyse avec le
corpus de référence, un corpus d’environ 28 500 000 occurrences, composé d’articles de journaux
sur les sujets les plus variés, tirés du quotidien Le Monde. Cela permet de vérifier le degré de
spécificité du lexique du corpus d’étude par rapport au lexique non technique du corpus de
référence.</p>
        <p>Nous proposons ci-dessous l’interface dans laquelle les termes extraits sont classés selon leur
degré de spécificité. Il est également possible de choisir l’affichage selon la fréquence des mots,
ce qui nous permet d’observer que les mots ayant une spécificité élevée n’ont pas nécessairement
une fréquence majeure (tel est le cas du mot gentrification) et de constater aussi que les
candidats-termes sont aussi bien des mots simples que des mots composés.</p>
        <p>Dans la section « structuration » sont affichés des termes pivots (candidats de regroupement),
présentés en co-occurrence avec des adjectifs ou des noms, ce qui nous permet d’identifier des
unités polylexicales : le mot ville, par exemple, présente de nombreux co-occurrents, comme ville
flottante, ville portuaire, ville moyenne, ville standardisée, parmi lesquels nous allons identifier des
termes complexes.</p>
        <p>Pour valider la liste des candidats-termes nous avons comparé les résultats des candidats de
regroupement extraits de TermoStat avec les résultats extraits du logiciel Sketch Engine, pour ce
qui concerne les sources primaires, notamment les textes normatifs et les ouvrages techniques et
scientifiques. Ce second logiciel définit comme termes (multi-words) les unités polylexicales qui
apparaissent plus fréquemment dans le corpus d’étude que dans le corpus de référence. Il nous
confirme que les termes noyaux ville, port, mer constituent les termes pivots à partir desquels des
unités polylexicales spécialisées se forment.</p>
        <p>Sketch Engine classe sous la dénomination de mots-clés les mots simples dont la fréquence
observée nous laisse inférer qu’ils ne sont pas toujours spécifiques du domaine d’étude : si le mot
waterfront est plus fréquent dans notre corpus, les mots ville-port et maritimité sont plus
fréquents dans le corpus de référence. Il est intéressant aussi de remarquer que ce dernier
n'apparaît pas parmi les premiers résultats donnés par TermoStat avec un grand score de
spécificité.</p>
        <p>Pour les sources secondaires, l’extraction réalisée avec Sketch Engine comprend les brochures
concernant les travaux d’aménagement portuaire les plus récents. Les résultats nous montrent
que des termes comme smart city ou front de mer sont plus fréquents dans notre corpus que dans
le corpus de référence du logiciel.</p>
        <p>Une fois les termes extraits, nous avons sélectionné une liste d’environ 50 termes, qui
représentent le premier noyau du glossaire, dont la classification a été ordonnée par champs
sémantiques, correspondant aux sous-domaines du waterfront. L’un des champs les plus
intéressants est celui qui concerne la dénomination même de waterfront, présentant de
nombreuses variantes : façade maritime, front de mer, interface ville-port. D’autres catégories de
termes concernent le concept de maritimité ou de réticularité, nodalité, le concept de frontière ou
le concept d’espace en front de mer. Enfin, certains mots comme management environnemental,
gentrification, parc urbain se présentent comme des attestations isolées et se rattachent plutôt au
domaine de l’urbanisme.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>2. Constitution des fiches terminologiques</title>
      <p>
        La fouille terminologique et la structuration du domaine d’étude en sous-domaines et des
termes-candidats en champs sémantiques nous ont permis d’arriver à la constitution des fiches
terminologiques en langue française, qui est la langue de référence majeure à cette étape du
travail. S’agissant d’un travail en cours de réalisation, qui doit être développé dans les phases
ultérieures du projet, nous nous servons à ce stade de simples classeurs contenant des feuilles de
calcul, qui nous permettent d’organiser les données et qui peuvent facilement être intégrés dans
un logiciel de gestion de fiches terminologiques. Nous proposons ici, à titre d’exemple, les fiches
concernant les termes front de mer, front d’eau, interface ville-port. Chaque fiche se compose de
l’entrée, la catégorie grammaticale, la définition et la source dont la définition est tirée (Tableau
7), le domaine de référence, les synonymes, les contextes d’usage et les équivalents, en italien et
en anglais pour le moment (Tableau 8). La définition s’avère l’élément le plus important,
puisqu’elle nous permet de comprendre les nuances de sens entre des termes qui sont à
l’apparence synonymes. La définition terminologique que nous avons privilégiée est structurée
avec un mot d’ancrage désignant le concept générique suivie parfois de caractéristiques
distinctives [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref7 ref8 ref9">7, 8, 9</xref>
        ], tel est le cas surtout de la définition d’interface ville-port. La définition est
tirée d’une source en ligne. Il s’agit principalement de sources de contrôle [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref4">4</xref>
        ], telles que les
dictionnaires spécialisés et les banques de données terminologiques. En particulier, les
définitions ici proposées ont été tirées des dictionnaires terminologiques en ligne comme
Termium Plus et le Grand Dictionnaire Terminologique. En revanche, lorsque le terme n’est pas
lemmatisé dans les sources de contrôle, nous avons consulté des sources de consultation. Parmi
ces sources nous pouvons citer les glossaires en ligne comme le Glossaire des infrastructures et
installations portuaires ou les sites offrants de petits glossaires concernant les travaux
d’aménagement ville-port, comme le site AIVP, une association qui s’occupe d’améliorer la
relation entre ville et port dans le cadre d’une coopération mutuelle pour un développement
urbain.
1. Filtre et lieu de J. Sanchez, Interface ville-port: melting pot des relations
rencontres, espace Ville port, 2021
physique et membrane
https://www.aivp.org/newsroom/interface-ville-portinstitutionnelle, melting-pot-des-relations-ville-port/ ( mars 2024)
environnementale et
sociale où se déroulent
d’intenses interactions
entre les différents
acteurs.
      </p>
      <p>La deuxième partie de la fiche terminologique (Tableau 8) contient le domaine de référence
du terme, une liste de synonymes, le contexte d’usage et deux équivalents, en langue italienne et
en langue anglaise. Cette structure représente la base de départ pour passer à la phase successive,
dans laquelle seront recherchés les équivalents dans les autres langues impliquées dans le projet.</p>
      <p>
        Le concept de waterfront est de plus en plus répandu dans le discours spécialisé. C’est dans le
discours que se déterminent les vrais enjeux des emplois des unités lexicales et, en fonction des
stratégies discursives adoptées ou de la nature du discours réalisé, des nuances de sens se fixent
[
        <xref ref-type="bibr" rid="ref10">10</xref>
        ]. Ainsi que le montre le tableau ci-dessus, la variation contextuelle des termes s’inspire à ce
que Cabré [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref6">6</xref>
        ] définit comme « principe de la description située », selon lequel chaque
dénomination se focalise sur un aspect particulier du concept de base. Le terme front de mer, par
exemple, est utilisé pour souligner les différents travaux d’aménagement effectués, comme dans
front de mer piétonnier, front de mer vert. Le terme front d’eau renvoie plutôt à l’espace concerné
par les travaux d’aménagement : front d’eau, mer, océan, fleuve. Le terme interface ville-port porte
sur la relation qui s’instaure entre la ville et le port : le waterfront est un lieu de rencontre, un lieu
de relations sociales, institutionnelles et environnementales, d’où le synonyme relation ville-port.
      </p>
      <p>La variation est souvent liée à des phénomènes formels purement linguistiques ; tel est le cas
de termes comme maritimisation ou maritimité. Les deux termes sont formés par dérivation du
mot maritime, mais si maritimisation représente un processus, maritimité se focalise sur l’état, la
relation économique, culturelle, sportive, sociale entre la mer et le contexte urbain.
nom
nom
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fichegdt/fiche/26540697/maritimisation (mars 2024)
Termium Plus
https://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2alpha/alphaeng.html?lang=eng&amp;i=1&amp;srchtxt=MARITIMISATION&amp;codo
m2nd_wet=1#resultrecs (mars 2024)
Glossaire maritime, Ressources de géographie pour les
enseignants
https://geoconfluences.enslyon.fr/glossaire/maritimite#:~:text=La%20notion%20de
%20maritimit%C3%A9%2C%20apparue,les%20soci%C3
%A9t%C3%A9s%20et%20la%20mer. (mars 2024)
une maritimisation des habitants,
des activités et des paysages
marittimizzazione</p>
      <p>Tr. EN
maritimisation
/marinization
géographie
patrimoine
paysage culturel
maritime
lieu de maritimité, réflexions sur la
maritimité
marittimità
maritimity</p>
      <p>La terminologie du waterfront se base aussi sur le processus de métaphorisation, tel est le cas
des occurrences zone tampon, ville liquide.</p>
      <sec id="sec-3-1">
        <title>Tableau 11</title>
        <p>Fiche terminologique 1/2 : catégorie grammaticale, définition, source</p>
        <p>Le terme zone tampon renvoie à l’usage métaphorique du mot tampon, terme utilisé dans
plusieurs domaines. Dans le domaine chimique et médical il s’agit d’un « système formé par une
solution d'un sel d'acide fort avec une base faible, ou d'un sel d'acide faible avec une base forte,
dont le pH varie peu lors de l'addition d'un produit basique ou acide » (GDT). Dans le domaine de
la métallurgie, ainsi que de la gestion et technologie de l’eau, le tampon est une « Pièce amovible
en fonte se plaçant soit sur l'assise du cadre, soit sur la rehausse de cadre, de manière à en
boucher l'ouverture » (GDT). D’autres usages sont métaphoriques : le mot tampon est le
synonyme de remplissage dans le domaine des médias, indiquant l’« élément d'information
générale servant à combler les vides dans un journal télévisé » (GDT). La métaphore dans notre
corpus est liée au rôle de l’espace vert ayant une fonction d’interception et d’atténuation des
contaminations agricoles vers les zones portuaires, comme les définitions le démontrent. Les
occurrences du terme nous montrent aussi une évolution d’un domaine à l’autre : la zone tampon
n’est pas seulement un espace vert, mais aussi un tissu urbain divisant l’espace agricole de
l’espace portuaire et maritime : zone tampon urbaine. De même, zone tampon portuaire désigne,
dans notre corpus, une zone tampon entre l’espace balnéaire et l’océan.</p>
        <p>À la base du terme ville liquide il y la métaphore conceptuelle entre espace urbain et monde
aquatique, les deux partageant le concept d’un espace fluide, adaptable, souple, mais aussi un
espace insaisissable, qui renvoie également à la réticularité des réseaux. La ville liquide est
généralement une ville connectée, numérique. Le terme ainsi s’associe également à l’idée de
smart city. Le concept de ville sans couture porte lui aussi sur les possibilités offertes par le
numérique, qui permet de garantir un flux rapide d’informations et d’échanges. Sa portée
conceptuelle apparaît intéressante, se différenciant des concepts de ville d’eau, water city ou città
galleggiante, città d’acqua. Les villes se situant en front de mer sont qualifiées de villes liquides
car elles tirent parti des flux pour optimiser leur fonctionnement urbain à travers une gestion
efficace des déchets, l'intégration du numérique et la promotion des énergies renouvelables. De
plus, la proximité avec les cours d'eau offre une solution pour désengorger la ville en facilitant un
flux multimodal de marchandises, de personnes et de services.</p>
        <p>La ville est, ainsi, la vraie protagoniste de l’aménagement du waterfront. Le terme ville est
attesté dans plusieurs syntagmes : ville port, ville portuaire, ville noeud, ville intelligente, ville des
proximités, ville résiliente, ville jardin.</p>
        <p>Une analyse lexicométrique des formes ville-port et ville portuaire nous permet de constater
que les deux termes ne sont pas synonymes.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-2">
        <title>Tableau 13</title>
        <p>Fiche terminologique 1/2 : catégorie grammaticale, définition, source
nom
PdD
nom</p>
        <p>Définition
1. Ville dotée du port</p>
        <p>Source définition
A. Hnaka, E. M. Ouarmassi Les relations ville-port:
essais bibliographique, Dirassat: Vol. 23 : No. 1, 2021,
https://digitalcommons.aaru.edu.jo/cgi/viewcontent.</p>
        <p>cgi?article=1199&amp;context=dirassat (mars 2024)
1. Peuplement urbain aux
caractéristiques spécifiques
dérivées de ses fonctions
maritimes d' échange, d'
initiative, de transport</p>
        <p>C. Ducruét, Les villes-ports, laboratoires de la
mondialisation, Thèse de Doctorat, 2004,
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel00008968/document
( mars 2024)</p>
        <p>Le terme ville portuaire renvoie simplement à la ville qui est dotée d’un port, tandis que le
terme ville-port est spécifique pour indiquer le rapport qui s’instaure dans le contexte
d’aménagement du waterfront. La différence de focalisation réside dans le fait que le premier
terme se focalise sur la ville, le deuxième sur le port et son processus d’urbanisation. Cela est bien
évident dans les correspondants anglais : ville portuaire correspond à port-city ; ville-port
correspond à city-port. Les co-occurrents sont révélateurs : l’expression ville portuaire stable
renvoie à un espace consolidé ; l’expression interface ville-port à la relation changeante, « liquide
» entre la ville et le port, au waterfront en cours de développement.</p>
        <p>Tr. EN
città portuale port-city
aménagement
du territoire
le territoire de la ville-port, qualifier comme
ville-port, relations ville-port, interface
villeport
città-porto
city-port</p>
        <p>Les termes analysés nous permettent de déceler deux processus à la base de la richesse
terminologique du domaine du waterfront : un processus morphologique de dérivation
(maritimité), composition et union syntagmatique (ville-port, interface ville-port, ville portuaire)
et un processus sémantique d’élargissement ou restriction du sens d’un domaine à l’autre
(liquide, intelligent, tampon). Plus souvent les deux processus sont contextuels et le processus
linguistique de formation du terme engendre un processus cognitif et communicatif spécifique :
tel est le cas des termes issus par métaphorisation (zone tampon ; ville liquide) ou bien par
restriction du sens (zone tampon urbaine ; zone tampon portuaire).</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>3. Prochaines étapes du projet</title>
      <p>
        Les prochaines étapes du projet seront consacrées à l’élargissement de la recherche aux autres
langues impliquées, pour définir les équivalents des termes sélectionnés dans ces langues, phase
qui s’avère particulièrement complexe car un glossaire multilingue fait face à une complexité
majeure, due non seulement à la nécessité de retrouver une équivalence de nature technique et
scientifique, mais aussi de trouver une équivalence normative, juridique dans les différents
contextes [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref11">11</xref>
        ]. De ce point de vue, si la comparaison conduite jusqu’à présent entre les sources
collectées en langue française, les ressources européennes, le corpus de référence italien autour
du waterfront semble montrer une certaine proximité conceptuelle, une analyse comparative
dans les différentes langues concernées nous permettra d’observer les mécanismes linguistiques
et les systèmes conceptuels du waterfront dans les différents pays et cultures européens et
méditerranéens que nous allons mettre en dialogue. C’est dans cette mise en comparaison que
réside, en effet, l’enjeu majeur, le véritable “défi” de ce projet.
      </p>
      <p>Cette phase sera suivie d’une mise en support du glossaire multilingue, grâce à la collaboration
avec l’équipe de recherche UNIOR NLP Research Group dirigée par Johanna Monti auprès de
l’université de Naples L’Orientale. Intégré à un système de gestion de bases de données
terminologiques, le glossaire sera rendu disponible en libre accès en ligne, pour constituer un
outil important pour appréhender d’un point de vue linguistique le domaine du waterfront, un
domaine composite, voire hybride, au carrefour de différents champs d’expertise (urbanisme,
développement durable, aménagement des espaces maritimes, rénovation urbaine, innovation
technologique); un domaine qui représente l’évolution la plus actuelle du port, où s’incarne
parfaitement la notion de « ville liquide ».</p>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>Remerciements</title>
      <p>Nos remerciements vont à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) – Direction régionale
Europe Occidentale pour le soutien au projet dans le cadre du programme DEFI (Développement
d’espaces francophones d’innovation).</p>
    </sec>
  </body>
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