<!DOCTYPE article PUBLIC "-//NLM//DTD JATS (Z39.96) Journal Archiving and Interchange DTD v1.0 20120330//EN" "JATS-archivearticle1.dtd">
<article xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink">
  <front>
    <journal-meta />
    <article-meta>
      <title-group>
        <article-title>Piloter un Projet de Supervision de Sécurité</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Lead a Security Supervision Project</string-name>
        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Cyril Poirret</string-name>
        </contrib>
      </contrib-group>
      <pub-date>
        <year>2025</year>
      </pub-date>
      <fpage>61</fpage>
      <lpage>81</lpage>
      <abstract>
        <p>Security supervision is a key activity in securing information systems. Together with threat intelligence and incident response, it plays a key role in handling security incidents. This operational-level document sets out best practices for organizing and managing a security monitoring service. In particular, the resources it proposes can help to create a security supervision capability.</p>
      </abstract>
      <kwd-group>
        <kwd>eol&gt;security supervision</kwd>
        <kwd>security incident detection</kwd>
        <kwd>security incident analysts</kwd>
        <kwd>supervision strategy</kwd>
        <kwd>supervision process</kwd>
        <kwd>detection rules</kwd>
        <kwd>supervision information system</kwd>
        <kwd>stakes and risks</kwd>
      </kwd-group>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>1. Introduction</title>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>2. Définir la supervision de sécurité</title>
      <sec id="sec-2-1">
        <title>2.1. Définition</title>
        <sec id="sec-2-1-1">
          <title>Supervision de sécurité</title>
          <p>La supervision de sécurité désigne l’ensemble des moyens et des activités concourant, dans
les meilleurs délais, à la détection et à la qualification d’un incident 1 de sécurité sur un
périmètre supervisé, ainsi qu’au choix de la réaction appropriée lorsque cet incident est
avéré. Ces moyens peuvent être humains, organisationnels, techniques et financiers.</p>
          <p>Il est fréquent d’entendre parler de “détection d’incidents”, voire de “détection” pour désigner la
“supervision de sécurité”. Les aspects de qualification et de choix de la réaction appropriée sont
néanmoins indissociables.</p>
        </sec>
      </sec>
      <sec id="sec-2-2">
        <title>2.2. Distinction entre supervision informatique et supervision de sécurité</title>
        <p>La vie d’un SI est ponctuée de multiples événements anormaux. Une part de ces événements est
intrinsèque à l’utilisation de l’informatique. Ils peuvent être liés à l’exploitation de SI (ex. : taux
d’occupation élevé des disques après plusieurs années de production). Ils peuvent être provoqués par
des éléments techniques d’un niveau de qualité insufisant (ex. : défauts logiciels). Souvent, leurs efets
sont aisément observables (ex. : consommation excessive de ressource, indisponibilité). Dans tous les
cas, ils relèvent de la supervision informatique2, qui a vocation à relever les anomalies techniques et
anticiper les dysfonctionnements liés à l’exploitation normale d’un SI.</p>
        <p>Une autre part des événements peut être provoquée intentionnellement (ex. : exploitation de
vulnérabilités, surcharge des capacités, mise hors service du SI, altération de son fonctionnement, fuite
d’informations, prépositionnement silencieux). Ils sont la conséquence d’une activité malveillante.
Cette dernière peut également inclure des techniques de dissimulation, rendant les événements peu
observables et dificiles à détecter. Ces événements relèvent de la supervision de sécurité.</p>
        <p>Cette représentation, reposant sur la nature des événements, aide à comprendre les périmètres
théoriques de deux formes de supervision. Cependant, sur le terrain, elles sont souvent intriquées.</p>
        <p>En efet, la supervision de sécurité peut également être utilisée pour détecter des anomalies techniques
non intentionnelles liées à la sécurité. C’est le cas lorsque des règles de conformité vérifient la bonne
application des règles de la politique de sécurité des systèmes d’information (PSSI). Ainsi, les écarts à la
PSSI peuvent renseigner sur l’état technique du parc (ex. : niveau de mise à jour et taux de couverture
du déploiement d’un correctif).</p>
        <p>À l’inverse, la supervision technique peut concourir à la détection d’incidents de sécurité. Par exemple,
certaines anomalies techniques (ex. : indisponibilité, saturation des capacités) peuvent être le signe
d’une possible compromission et nourrir la qualification d’un incident de sécurité.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-3">
        <title>2.3. L’écosystème de la supervision de sécurité</title>
        <p>La supervision de sécurité contribue, avec le renseignement sur la menace3 et la réponse à incidents,
au traitement des incidents de sécurité. De plus, elle interagit avec d’autres fonctions internes de
l’organisation : la gouvernance et la gestion opérationnelle des systèmes d’information. La figure 1
présente l’écosystème rapproché de la supervision de sécurité, qui articule ces diférentes fonctions.</p>
        <p>La supervision de sécurité n’est donc pas une fonction indépendante. Pour être eficace, elle doit
s’intégrer dans un écosystème et interagir de manière fluide avec diférentes fonctions.</p>
        <p>
          La gestion opérationnelle des systèmes d’information (ou gestion des SI) couvre les dimensions
métiers, les infrastructures et les aspects préventifs de la sécurité des SI, quelle que soit la répartition
des fonctions au sein de l’entité. Cela inclut en particulier la planification, l’intégration, la maintenance
et l’exploitation de tout type d’éléments techniques (ex. : services et applications, infrastructures
techniques, segmentation et cloisonnement, dispositifs techniques de sécurité). Les interactions de la
supervision de sécurité avec la gestion des SI vont dans les deux sens. La supervision de sécurité ne peut
se déployer de façon pertinente que sur la base de connaissances statiques ou dynamiques4 détenues
par la gestion des SI. Par ailleurs, la supervision va solliciter régulièrement les équipes techniques de la
1La directive NIS2 [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref1">1</xref>
          ] définit un incident comme “un événement compromettant la disponibilité, l’authenticité, l’intégrité
ou la confidentialité des données stockées, transmises ou faisant l’objet d’un traitement, ou des services que les réseaux et
systèmes d’information ofrent ou rendent accessibles”.
2Ce terme est une traduction de information technologies monitoring. Cette supervision peut se focaliser sur diférents aspects
du SI. Par exemple, l’état des éléments d’infrastructure (supervision technique), ou la qualité des services rendus (supervision
de service).
3L’acronyme anglais CTI pour Cyber Threat Intelligence est le plus couramment utilisé.
        </p>
        <p>Gouvernance
Renseignement
sur la menace</p>
        <p>Supervision
de sécurité</p>
        <p>Réponse à
incidents</p>
        <p>Traitement
des incidents
de sécurité</p>
        <p>Gestion opérationnelle des systèmes d'information
gestion des SI pour contextualiser les alertes et améliorer sa compréhension des activités détectées. Cet
échange soutient le processus d’amélioration continue du périmètre supervisé et de la supervision.</p>
        <p>La gouvernance inclut toutes les fonctions décisionnelles de l’entité (schématiquement, le comité
exécutif, ou conseil de direction). Les relations entre la supervision et la gouvernance sont réciproques.
La gouvernance fournit notamment les moyens financiers et humains. Elle sponsorise la supervision de
sécurité et la rend crédible en tant que ligne de défense. Par ailleurs, elle formalise des orientations
cyber au travers de la PSSI. En outre, elle valide la stratégie de supervision de sécurité. Pour sa part, la
supervision de sécurité décline une stratégie de supervision de sécurité conformément aux orientations
cyber. De plus, elle produit des éléments permettant le suivi et la valorisation de son activité.</p>
        <p>Le renseignement sur la menace contribue au traitement des incidents de sécurité en fournissant
à la supervision de sécurité les ressources indispensables pour la conception et l’amélioration des règles
de détection. La qualité et la complexité de ces ressources varient selon les sources. Il s’agit parfois de
listes d’indicateurs de compromission7 (ex. : adresse IP, noms de domaine). En revanche, il peut s’agir
de formes beaucoup plus riches de renseignements, obtenues par diverses actions d’investigation et
d’enrichissement de l’information sur la menace. Si sa qualité conditionne l’eficacité de la détection, il
faut toutefois un alignement entre le niveau des renseignements acquis et la capacité de la supervision
de sécurité à intégrer ces éléments. Par ailleurs, l’ofre existante permet de facilement externaliser le
renseignement sur la menace, voire même la création de règles de détection. Dans une telle hypothèse,
la supervision de sécurité sélectionne les renseignements d’intérêt pour son contexte spécifique.</p>
        <p>La réponse à incidents contribue au traitement des incidents de sécurité en fournissant diférentes
stratégies d’action (ex : résolution purement technique des incidents mineurs, remédiation8, gestion de
crise9). À ce titre, la relation avec la supervision de sécurité est à double sens. D’une part, la supervision
de sécurité active la réponse à incidents, et lui fournit tous les éléments de caractérisation de l’incident.
D’autre part, la réponse à incidents peut solliciter les services de la supervision de sécurité. Notamment,
pour localiser sur un SI, le périmètre des actions malveillantes afin d’optimiser l’efort de réponse. Ou
encore, opérer un suivi à l’issue d’une réponse à incidents pour surveiller d’éventuelles persistances ou
reprises d’activités malveillantes.</p>
        <p>
          La mise en oeuvre du traitement des incidents sous forme d’un processus linéaire tel que présenté en
ifgure 1 constitue une cible intéressante pour un projet de supervision de sécurité. Cependant, l’état de
4Les connaissances sont statiques lorsqu’on parvient à les documenter (ex. : cartographie du SI5, analyse de risque6, procédures
d’exploitation, matrice de flux, planification des opérations, dossier d’architecture des dispositifs techniques de sécurité
existants). Les connaissances dynamiques concernent des événements relatifs à la vie du SI (ex. : pratiques d’administration,
statut d’une opération en cours, incidentologie).
5Voir le guide “Cartographie du système d’information” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref2">2</xref>
          ] de l’ANSSI.
6Voir le guide “La méthode EBIOS Risk Manager - Le Guide” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref3">3</xref>
          ] de l’ANSSI.
7L’acronyme anglais IoC pour Indicator of Compromise est le plus couramment utilisé.
8Voir le guide “Cyberataques et remédiation - Les clés de décision” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref4">4</xref>
          ] de l’ANSSI.
9Voir le guide “Crise d’origine cyber, les clés d’une gestion opérationnelle et stratégique” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref5">5</xref>
          ] de l’ANSSI.
l’art en la matière correspond à une organisation en boucle fermée. Dans ce cas, les activités de réponse à
incidents ont la capacité d’alimenter le renseignement sur la menace (ex. : éléments obtenus par analyse
forensique), en enrichissant sa connaissance et orientant ainsi ses recherches. Cette configuration
spécifique correspond à un haut niveau de maturité (en particulier, la maîtrise interne de toutes ces
activités).
        </p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-4">
        <title>2.4. Les événements de sécurité</title>
        <p>Une fonctionnalité clé de la supervision de sécurité est l’analyse de données. Cette analyse est opérée
en deux temps : d’abord, par une étape automatisée, ensuite par une étape manuelle.</p>
        <p>La première étape identiefi des événements significatifs (ie : événements de sécurité, alertes) à partir
d’extraits d’activité du SI. Elle est réalisée par des systèmes automatisés, qui peuvent être chaînés (ex. :
capteur distribué, outil d’analyse centralisé). Elle vise à traiter un gros volume de données en réduisant
le plus possible le taux d’erreur. Le volume d’événements significatifs produit ne doit pas excéder la
capacité de traitement de la seconde étape.</p>
        <p>Ces événements de sécurité sont ensuite vérifiés, et éventuellement qualifiés en incidents de sécurité.
Cette seconde étape est réalisée par une équipe d’analystes, qui s’appuie sur diférentes méthodes (ex. :
recoupement, pivot, corrélation, investigation). L’objectif est d’identifier les événements qui
caractérisent un incident de sécurité, en comprenant le plus précisément possible les activités malveillantes
qui en sont à l’origine.</p>
        <p>Un classement fréquemment utilisé pour rendre compte de l’eficacité de la première étape s’appuie
sur la matrice de confusion10. Cette méthode confronte la prédiction d’un système automatisé à la
réalité. Elle permet de distinguer quatre catégories :
• les vrais positifs : le système prédit correctement la présence d’une activité malveillante ;
• les vrais négatifs : le système prédit correctement l’absence d’une activité malveillante ;
• les faux positifs : le système prédit mal l’absence d’une activité malveillante ;
• les faux négatifs : le système prédit mal la présence d’une activité malveillante.</p>
        <p>Les deux premières catégories correspondent au fonctionnement attendu (absence d’erreur). La
troisième catégorie induit une surcharge inutile des capacités de traitement en aval du système
automatisé (dans le cas présent, l’équipe d’analystes). Cependant, elle est facilement observable. La dernière
catégorie correspond à des cas où le système automatique ne remplit pas son rôle (dans le cas présent,
détecter une activité malveillante). Et elle est dificile à observer.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>3. Les composantes d’une supervision de sécurité</title>
      <p>Les objectifs métier de la supervision de sécurité s’appuient sur des moyens humains, organisationnels
et techniques spécifiques. Le présent chapitre propose un panorama de ces moyens : les personnes et ce
qu’elles font, les données, les systèmes techniques qui les traitent et les règles de traitement.</p>
      <sec id="sec-3-1">
        <title>3.1. Les analystes</title>
        <p>Les analystes composent l’équipe de supervision de sécurité. La fonction la plus évidente consiste à
vérifier des événements de sécurité et, le cas échéant, qualifier des incidents de sécurité.</p>
        <p>Mais cela ne représente qu’une petite partie des missions de l’analyste. Ses compétences lui permettent
d’intervenir en soutien de chacun des processus de la supervision décrits dans la section 3.4. Le panel
d’activités est si large qu’il permet la spécialisation des profils.</p>
        <p>
          De manière générale, ces activités comprennent des tâches complexes, et des prises de décisions
soumises au contexte. Par exemple, les recoupements à faire pour un type d’alerte donné, les pivots
10Voir le cours “Confusion matrix” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref6">6</xref>
          ] de la Mahatma Gandhi Central University.
à réaliser dans les diférentes sources de données, les activités qui méritent d’être creusées dans un
contexte et pas dans un autre. C’est pour cela qu’elles ne sont pas automatisables à l’heure actuelle.
        </p>
        <p>Toutes les composantes d’une supervision de sécurité décrites dans le présent chapitre sont au service
des analystes.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-2">
        <title>3.2. Les données de supervision</title>
        <p>La section 2.4 décrit l’analyse des données réalisée par la supervision de sécurité. L’eficacité de cette
analyse dépend des caractéristiques des données traitées :
• elles sont signifiantes : elles reflètent l’activité du SI ;
• elles sont pertinentes : pour chaque type de source de données (ex. : logs de parefeux), le point
de capture doit avoir du sens au regard des enjeux de sécurité (ex. : aider à détecter un événement
redouté) ;
• elles sont diversifiées : elles proviennent de multiples sources de données (ex. : logs système,
logs de parefeux, trafic réseau). Cela permet, par exemple, d’efectuer des pivots d’une donnée à
l’autre sur la base d’un champ commun (ex. : pivoter d’une donnée décrivant du trafic réseau à
une donnée décrivant des activités systèmes sur la base d’un couple adresse IP et horodatage). En
contrepartie, il est nécessaire de normaliser les données avant leur traitement ;
• elles sont enrichies : filtrer les données les moins signifiantes, ajouter de l’information (ex. :
géolocalisation d’une adresse IP) ou agréger des événements similaires permet d’améliorer la
lisibilité de la donnée. Cela ouvre la voie à des corrélations plus riches que les pivots.</p>
        <p>Les caractéristiques des données de supervision découlent de la stratégie de supervision.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-3">
        <title>3.3. La stratégie de supervision</title>
        <p>La stratégie de supervision est un document conçu par l’équipe de supervision de sécurité pour son
usage interne. De fait, son élaboration vise à répondre concrètement à ses besoins. Par exemple, décrire
les objectifs, les moyens, les priorités, la trajectoire, les meilleurs choix du point de vue de la supervision
de sécurité. Il s’agit en premier lieu d’un outil de réflexion, qui conduit à la rédaction d’un document
formel au fil de la montée en maturité de la supervision de sécurité.</p>
        <p>Au coeur de la réflexion sur la stratégie de supervision se trouve le lien entre :
• des objectifs de sécurité (ex. : ce que je veux détecter, ce que je veux suivre) correspondant aux
orientations de sécurité actées par la gouvernance (ex. : PSSI) ;
• des familles de données de supervision (ex. : des journaux système, de l’activité réseau) et des
points de collecte pertinents (ex. : en bordure du SI, au sein d’une zone spécifique) ;
• des règles de détection qui analysent les données de supervision collectées.</p>
        <p>Ce document précise également les moyens mobilisés (ex. : financiers, humains, organisationnels,
techniques). De plus, il aide à comprendre le fonctionnement général de la supervision vis-à-vis du
périmètre supervisé. Enfin, il aide à formaliser le fonctionnement de la supervision de sécurité (ex. : les
processus), tant d’un point de vue général que les déclinaisons spécifiques à chaque SI supervisé.</p>
        <p>La structure et le contenu de la stratégie de supervision sont étroitement liés aux objectifs de
supervision. Ces objectifs peuvent être orientés vers la menace (ex. : détecter un acteur de la menace
spécifique, détecter des tactiques et techniques d’attaque comme les exfiltrations de données) ou vers la
surveillance du SI (ex. : détecter tout type d’activité inhabituelle sur un actif donné, détecter un écart à
la politique de sécurité).</p>
        <p>La rédaction d’une stratégie de supervision s’appuie sur des éléments d’entrée fournis par la
gouvernance et par la DSI (cf. section 2.3 décrivant l’écosystème de la supervision). La qualité et la
complétude de ces éléments sont très liées à la maturité de la gestion opérationnelle des SI. Par exemple,
la cartographie est rarement exhaustive, la PSSI n’existe pas toujours.</p>
        <p>Les éléments requis dans une stratégie de supervision sont les moyens alloués (financiers, humains),
et l’analyse de risque du SI supervisé. Lorsqu’il n’existe pas d’analyse de risque formalisée, une analyse
partielle doit être réalisée pour identifier le périmètre du SI, le niveau de menace maximum auquel ce SI
est exposé (ex. : menace hacktiviste et isolée, menace cybercriminelle et systémique ou menace étatique
et ciblée), et les principaux événements redoutés. Cette analyse doit être complétée par une démarche
formelle11 dès que possible.</p>
        <p>Le reste du document peut présenter des diférences sur le fond ou sur la forme, selon le contexte
de la supervision et la maturité de l’entité gérant le SI supervisé. Dans tous les cas, il est recommandé
d’être pragmatique et de se limiter à du contenu utile et actionnable pour les équipes de supervision.</p>
        <p>Voici quelques exemples d’éléments à intégrer à la stratégie de supervision :
• Les objectifs de supervision et les données associées : liste les activités malveillantes à
détecter et les scénarios de menace associés, identifie les sources de données qui permettraient de
détecter chaque scénario, et le type de données qu’il est nécessaire d’extraire de ces sources (ex. :
journaux d’activité du serveur mandataire au niveau de verbosité “info”) .
• L’architecture technique de la supervision : prend en compte les choix techniques structurants
(ex. : choix de technologies, choix d’implémentation, choix d’agencements), les types de règles
métier associés (ex. : workflow adapté, langage de règle de détection). Lorsque des périmètres
nécessitent ce niveau de détail, les choix de capteurs, et leurs implantations sur le SI supervisé,
etc.
• La gouvernance de la supervision : inclut les parties prenantes et leurs rôles et responsabilités.</p>
        <p>En particulier, la description du niveau d’externalisation pour chaque processus décrit dans la
cartographie proposée sur la figure 2.</p>
        <p>Le rythme de révision de ce document dépend de la maturité de la supervision de sécurité. Dans
les premiers mois après sa création, il va s’étofer régulièrement au rythme des élargissements de
périmètres. Dans un second temps, des mises à jour annuelles permettent d’intégrer les évolutions
des pratiques et la montée en maturité. Ce n’est qu’au-delà d’un certain niveau de maturité que les
révisions sont plus espacées.</p>
        <p>La stratégie de supervision est diférente de la convention de service (ou contrat de service)
en cas d’externalisation. Cette dernière ne s’adresse pas aux mêmes parties prenantes,
et ne présente pas le même niveau de détail. Elle stipule à un client les stratégies que le
prestataire s’engage à déployer pour fournir son service. Un tel document peut présenter de
façon détaillée certains éléments cités ci-dessus, sous forme de stratégie d’analyse, stratégie
de collecte, stratégie de notification, stratégie d’incidents, etc.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-4">
        <title>3.4. Les processus de la supervision</title>
        <p>3.4.1. Processus métier
La figure 2 propose une vue synthétique des processus métier qu’il est nécessaire d’animer. Y sont
représentées des activités récurrentes, qui encerclent les processus d’analyse, et des activités
relationnelles, plus proches des diférentes parties prenantes de l’écosystème de la supervision de sécurité. En
revanche, la capitalisation, qui s’applique à tous les processus et permet à la supervision d’apprendre,
n’est pas matérialisée.</p>
        <p>
          Voici quelques détails pour chacun des processus :
• Définition des attentes et des moyens : rassemble les activités de conception de la stratégie de
détection, et la déclinaison de cette stratégie en orientations pour chacun des autres processus.
• Indicateurs et tableaux de bord : fournissent de l’information décisionnelle pour décrire
l’activité de la supervision de sécurité, et orienter les décisions opérationnelles, tactiques (internes)
et stratégiques (au niveau de la gouvernance).
11Voir le guide “La méthode EBIOS Risk Manager - Le Guide” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref3">3</xref>
          ] de l’ANSSI.
Gouvernance
Définition des
attentes et
des moyens
Indicateurs
et tableaux
de bord
ANALYSES
- au fil de l'eau
- à postériori
Gestion des
sources et des
        </p>
        <p>capteurs
Connaissance du
périmètre
supervisé
tgeennm caeenm
i
se la
enR rsu</p>
        <p>Veille en
vulnérabilités
et menaces</p>
        <p>Gestion du cycle
de vie des règles
de détection</p>
        <p>Qualification
et signalement
des incidents</p>
        <p>Escalade et choix
d'une réponse
à incident
sàe tsn
n e
o id
éRp icn</p>
        <p>Gestion opérationnelle des systèmes d'information
• Veille en vulnérabilités et menaces : travaille en lien avec le renseignement sur la menace
et l’écosystème élargi du traitement des incidents de sécurité (les CERT (Computer Emergency
Response Team), l’InterCERT France12 et les autres communautés d’intérêts), pour obtenir des
éléments adaptés au périmètre supervisé. Ces éléments concernent la menace, par exemple les
tactiques, techniques et procédures correspondantes à des acteurs de la menace identifiés. Ils
concernent également les vulnérabilités auxquelles le périmètre supervisé est sensible, en fonction
de son architecture et de son implémentation.
• Gestion du cycle de vie des règles de détection : à partir des éléments collectés par la veille
en vulnérabilités et menaces, consiste à ajouter des règles (conçues en interne ou obtenues auprès
d’un tiers), à les tester et les adapter au contexte d’emploi, puis à les maintenir en condition
opérationnelle. Le cas échéant, elles peuvent être décommissionnées. Cela implique de gérer le
stockage, le versionnement et le statut des règles.
• Connaissance du périmètre supervisé : s’appuie sur toutes les composantes de la gestion
opérationnelle des SI (métiers, infrastructures et sécurité des SI) pour développer la connaissance
de chaque SI supervisé selon deux axes. En premier lieu, connaître le SI en le cartographiant
selon diférents points de vue (ex. : technologies, données, processus, métiers). Et en second lieu,
connaître les risques auxquels ce SI est soumis, en les analysant de manière formelle.
• Gestion des sources et des capteurs : choisis et fait évoluer une combinaison de sources et de
capteurs pour chaque SI du périmètre supervisé. Cette combinaison doit viser un équilibre entre
le besoin de détection, la couverture fonctionnelle des sources et capteurs choisis, et les coûts
d’acquisition et d’exploitation.</p>
        <p>• Analyse au fil de l’eau : se déroule sur des données de détection, au fil de leur collecte et de leur
12Communauté française de CERT, ouverte aux entités disposant d’une équipe de supervision de sécurité ou de réponse à
incidents.
traitement (ex. : enrichissement). Cette analyse automatisée consiste à confronter les données
collectées aux règles de détection afin de générer des alertes. Selon la source de données, cette
analyse est réalisée soit au plus proche de la collecte, dans un capteur (ex. : sonde réseau), soit
après centralisation des données.
• Analyse à postériori : sélectionne une fenêtre temporelle passée, éventuellement un
sousensemble de données, et y applique certaines règles de détection. Cela permet de rechercher des
éléments techniques qui n’étaient pas connus au moment où les données ont été collectées et
stockées. Une telle analyse permet d’identifier après coup une menace inconnue auparavant (ex. :
exploitation d’une faille jour zéro). Elle permet également de remonter le fil d’une compromission
lorsque celle-ci est détectée.
• Qualification et signalement des incidents : produisent in fine des incidents avérés, associés
à une criticité, une description des activités malveillantes relevées, et toutes les alertes qui ont
alimenté la description. Qualifier un incident consiste à vérifier la légitimité d’une activité qui a
levé une ou plusieurs alertes. L’objectif est d’éliminer les faux positifs. Pour ce faire, il est parfois
nécessaire de signaler l’incident à la DSI, qui a la connaissance pour contextualiser l’activité
relevée et déterminer sa légitimité. Ce processus produit in fine des incidents avérés, associés
à une criticité, une description des activités. malveillantes relevées, et toutes les alertes qui ont
alimenté la description.
• Choix et suivi d’une réponse à incidents : proposent une réponse à apporter à chaque incident
et assurent le suivi de cette réponse. La proposition initiale est établie sur la base de la criticité
associée à l’incident et de la description de l’activité malveillante qui en est à l’origine. Le suivi
assure une meilleure interaction avec l’équipe de réponse à incidents, qui est amenée à réévaluer
la proposition initiale. Par ailleurs, les capacités de réponse doivent être préparées en amont pour
être pleinement opérationnelles. Cela garantit une continuité de traitement de l’incident entre la
supervision et la réponse.
3.4.2. Processus support
La supervision de sécurité s’appuie également sur des processus support. Ils mobilisent des compétences
techniques diférentes entrant dans le domaine général de la gestion des SI. La liste suivante ne prétend
pas être exhaustive, les processus support d’un SI de supervision étant les mêmes que ceux de tout SI.
• Planification et management du périmètre technique : prennent en compte et gèrent les
besoins de la supervision. En particulier, le niveau de disponibilité visé, les débits souhaités, les
durées de rétention nécessaires, les compétences techniques disponibles, et les coûts de démarrage
et de maintenance.
• Conception et architecture du SI : assurent la conception globale du SI de supervision, la revue
et l’amélioration de sa couverture fonctionnelle, ainsi que la revue et l’amélioration de sa sécurité.
• Intégration des briques techniques : met en place et configure les briques techniques
conformément aux besoins.
• Exploitation du SI : gère l’annuaire, ainsi que le maintien en condition opérationnelle et de
sécurité des briques techniques.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-5">
        <title>3.5. Les règles métier</title>
        <p>3.5.1. Règles de gestion
Les règles de gestion formalisent les choix retenus pour implémenter les processus métier et la matrice
de communication au sein d’une structure. Par exemple : qui répond au téléphone en heures non
ouvrées ? Qui doit être notifié et selon quels critères d’escalade ? Combien de fois relance-t-on un
interlocuteur ?</p>
        <p>Elles transparaissent dans les processus, les procédures opérationnelles et les fiches réflexe de la
base de connaissances propre à la supervision de sécurité. Elles peuvent être traduites sous forme de
workflows ou de paramètres de configuration dans les outils informatiques. C’est tout l’intérêt de leur
formalisation : adapter des outils aux besoins du métier, et non l’inverse.
3.5.2. Règles de détection
Les règles de détection sont une déclinaison technique de la stratégie de supervision. Elles comportent
trois dimensions en proportions variables : la connaissance de la menace, la prise en compte du contexte
technologique et la maîtrise de l’agencement technique spécifique à un SI.</p>
        <p>Les règles sont intégrées dans des systèmes automatisés tels que décrits dans la section 2.4 traitant
des événements. Elles représentent la partie “programmable” de ces systèmes, qui peut traiter des flux
de données brutes ou enrichies. Elles définissent les critères d’émission d’un événement de sécurité, qui
sera traité en aval du système automatisé.</p>
        <p>Les règles peuvent être génériques (appliquées sur un large spectre de données enrichies) ou
spéciifques (appliquées au niveau d’un capteur, sur le type de données brutes captées). Elles peuvent être
transcrites dans des formats d’échange plus ou moins spécialisés (ex. : SIGMA, YARA, JSON-MISP,
pseudo-code). Elles peuvent reposer sur une signature (résumé de caractéristiques déjà rencontrées)
ou être comportementales (c.-à-d. détecter une déviance par rapport à un comportement appris). Les
règles et leur complexité évoluent avec la maturité de la supervision de sécurité.</p>
        <p>La conception des règles de détection doit être efectuée avec le souci de réduire le taux d’erreur du
système automatisé. C’est-à-dire réduire l’écart entre les alertes générées et celles qui correspondent
efectivement à une activité malveillante (cf. paragraphe 2.4). Dans cette optique de réduction du taux
d’erreur, il est également nécessaire d’adapter la sensibilité des règles aux spécificités du SI supervisé.
Une méthode fréquemment utilisée par les analystes consiste à ajouter une liste d’exemptions à une
règle pour assouplir le critère d’émission d’un événement de sécurité (white listing).</p>
      </sec>
      <sec id="sec-3-6">
        <title>3.6. Le SI de supervision</title>
        <p>La capacité de supervision nécessite la mise en place d’outils adaptés. La présente section décrit un
système de supervision type, illustré par la figure 3, sous l’angle des familles d’outils utilisés par les
analystes.</p>
        <p>Lorsque l’on souhaite doter un SI d’une capacité de détection, la première étape consiste à
s’appuyer sur des solutions déjà déployées sur le SI. Par exemple, l’antivirus détecte certaines
actions malveillantes. C’est pour cela que les attaquants tentent parfois de le désactiver.
Pourtant, ces deux types d’activités (alertes antivirales et tentatives de désactivation) sont
rarement surveillées. L’antivirus illustre le cas d’un outil souvent présent sur le SI qui
constitue une source d’information à forte valeur ajoutée.
• Les collecteurs sont disséminés sur le périmètre supervisé. Ils acheminent des événements
(ex. : journaux d’activité) vers la partie centralisée du SI de supervision, sans les altérer. Une
chaîne de collecte peut être réalisée à base d’agents de transfert (ex. : rsyslog, Windows Event
Forwarding, agent *beats pour Elasticsearch, Splunk Forwarder), ou à base de file d’attente de
messages (message queuing). En outre, la topologie de la chaîne de collecte doit s’adapter à de
nombreux facteurs liés au SI supervisé et au SI de supervision.
• Les capteurs sont également disséminés sur le périmètre supervisé (ex. : sonde réseau, antivirus).</p>
        <p>Ils analysent localement certaines activités du SI (ex. : activité réseau, système, applicative,
utilisateur) et émettent des alertes. En général, les capteurs sont gérés par une console centrale.
Certains capteurs peuvent être pilotés (ex. : remonter, à la demande, un contenu de fichier dont
le nom apparaît dans une alerte). Certains peuvent réaliser des actions de réponse à incidents
prédéfinies (ex. : mettre un fichier en quarantaine, interdire un flux réseau, verrouiller un compte
utilisateur).
Collecteurs</p>
        <p>Chaine de collecte</p>
        <p>Outils
d'investigations
complémentaires</p>
        <p>Gestion
du savoir
Traitements</p>
        <p>Enrichissement</p>
        <p>Analystes</p>
        <p>Acquisition</p>
        <p>Capteurs</p>
        <p>Référentiel de règles</p>
        <p>Outil d'analyse Gestion des cas</p>
        <p>Chaine de détection</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>4. Les enjeux d’un projet de supervision de sécurité</title>
      <p>La problématique que cherche à résoudre la supervision de sécurité est complexe. Elle consiste à
distinguer les activités malveillantes des activités légitimes, avec un niveau de fiabilité élevé, malgré
l’incertitude induite par l’évolution des menaces, des techniques d’attaque, et du SI supervisé. Il
en résulte que l’eficacité des solutions techniques existantes pour superviser dépend de nombreux
facteurs (ex. : volume et qualité des données à traiter, fiabilité et sensibilité des dispositifs de traitement
automatique).</p>
      <p>Par conséquent, créer cette capacité et la maintenir dans le temps nécessitent d’importants moyens. Il
est donc essentiel d’avoir une bonne compréhension des enjeux pour mobiliser ces ressources au mieux.</p>
      <p>Ce chapitre passe en revue les diférentes familles d’enjeux inhérents à la supervision de sécurité. Le
grand nombre de thèmes couverts par cette énumération ne doit pas provoquer un efet paralysant face
à l’ampleur de la tâche. L’ambition poursuivie ici est de balayer un large panel d’enjeux pour donner
l’opportunité de les reconnaître lorsqu’ils se présentent. Enfin, ce chapitre s’achève sur un changement
de perspective permettant d’aborder les risques liés à ces enjeux.</p>
      <sec id="sec-4-1">
        <title>4.1. Les enjeux stratégiques</title>
        <p>Les enjeux stratégiques se présentent principalement au sein de la gouvernance.
• Questionner le sentiment de sécurité. Un investissement conséquent et une mise en oeuvre
rigoureuse ne doivent pas occulter le caractère mouvant tant de la menace que du SI supervisé. Cet
enjeu peut être surmonté en impliquant la gouvernance dans la démarche d’amélioration continue
de la supervision de sécurité. En efet, informer les décideurs des améliorations envisagées et
des évolutions du contexte est une manière de matérialiser le fait que l’outil est imparfait. Cela
permet également de maintenir une certaine conscience que le budget est très souvent le facteur
limitant pour l’atteinte du résultat. La supervision de sécurité doit développer une image basée
sur la confiance, sans verser dans l’excès.
• Garantir la continuité de l’amélioration continue. En particulier, lorsque la supervision de
sécurité produit des résultats positifs stables, et détecte des activités malveillantes jusqu’à un
certain seuil de complexité, il peut être nécessaire de poursuivre les investissements pour détecter
des activités malveillantes plus avancées. Obtenir cet efort de la part des sponsors peut s’avérer
très dificile en absence de preuve irréfutable. Le défi est de parvenir à positionner la supervision
au juste niveau des menaces contre lesquelles l’entité souhaite se protéger. Une bonne manière
de traiter cet enjeu consiste à baser sa stratégie de supervision sur une analyse de risque. De plus,
évoquer avec la gouvernance l’écart à la cible matérialise la distance qu’il reste à parcourir et les
efets de seuil qui peuvent jalonner le parcours.
• Faire preuve de discernement technique. Cela évite d’acquérir des produits, sans parvenir à
les utiliser à bon escient pour couvrir eficacement le périmètre à superviser. Cet enjeu peut être
surmonté grâce à une stratégie de supervision reposant sur une analyse de risque, en particulier
en identifiant les capteurs, les sources de données et les règles les plus pertinents pour détecter
les méthodes d’attaque qui mènent aux événements redoutés.
• Garder les objectifs cyber en ligne de mire. Cela permet notamment de se prémunir du biais
de performance, qui revient à porter une attention excessive à la performance d’un dispositif. Si
les indicateurs de performance sont à même de rendre compte de l’activité d’une supervision,
aucun ne permet de mesurer si elle remplit son rôle de détection et de caractérisation d’activités
malveillantes. Par exemple, le temps moyen de résolution des incidents, ou encore, le nombre
d’incidents mensuels peuvent masquer des activités malveillantes non détectées.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-2">
        <title>4.2. Les enjeux projet</title>
        <p>
          Les contraintes qui s’appliquent à un projet sont souvent représentées par un triangle “coût, qualité,
délais”13 qui met en évidence les dépendances entre les trois sommets (ex. : réduire le budget impacte
le délai et/ou la qualité). Dans le contexte d’un projet de supervision de sécurité, il est important de
concevoir un compromis adapté entre ces trois contraintes.
13Martin Barnes, 1969, cité par Vahidi et Greenwood, [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref7">7</xref>
          ].
• Le budget doit être cohérent avec le périmètre supervisé, et les objectifs de détection. Dans une
logique d’amélioration continue, il est recommandé de prévoir plusieurs itérations, sur plusieurs
exercices budgétaires. Cela permet également d’échelonner les coûts d’une façon prévisible (ex. :
élargir le périmètre, enrichir les sources de données de détection, ajouter des fonctionnalités). En
outre, le coût de maintenance de la capacité de supervision de sécurité doit être considéré avec
attention.
• La qualité correspond à la cible fonctionnelle du projet, qui dépend du périmètre et du contexte.
        </p>
        <p>Elle est définie dans la stratégie de supervision. Par conséquent, utiliser la qualité comme facteur
d’ajustement du projet accroît fortement le risque d’une supervision ineficace. En revanche, il est
recommandé de fixer des sous-objectifs, qui pourront être atteints par itérations successives, dans
une logique d’amélioration continue. Cela permet d’avancer progressivement, et de surveiller la
trajectoire du projet.
• La planification du projet doit être considérée sur le long terme. En efet, la construction
de la capacité est autant un projet technique qu’un projet de transformation organisationnelle
et d’acquisition de compétences et d’expérience. Cela signifie que le facteur humain a plus
d’impact que les délais de réalisation technique. Par conséquent, la planification doit reposer
sur la progression de l’équipe de supervision, qui évolue par paliers. Ces paliers représentent le
temps incompressible d’“assimilation” et de “maturation” des savoirs acquis par l’expérience.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-3">
        <title>4.3. Les enjeux humains</title>
        <p>Ce paragraphe s’intéresse aux enjeux humains qui découlent spécifiquement de l’activité de supervision
de sécurité. Il exclut les enjeux humains génériques (ex. : erreurs, négligences, actions malveillantes) et
ceux liés au domaine d’activité de la cybersécurité (ex. : disponibilité des profils).</p>
        <p>• Éviter la fatigue des alertes. Cette forme spécifique de fatigue est inhérente au fait de travailler
en aval d’un système automatisé (cf. section 2.4). Elle se manifeste suite au traitement répétitif
de faux positifs très semblables. Cette fatigue entraîne la récurrence d’analyses partielles, et
l’augmentation du nombre d’incidents non détectés. Pour les analystes, elle se traduit par de la
démotivation et du désintérêt pour le métier. Il est à noter que cette fatigue peut être dificile à
déceler, et qu’elle peut s’installer même au sein d’une supervision qui produit de bons résultats.
• Identifier et atténuer les divers biais susceptibles de fausser l’appréciation des analystes : l’excès
de confiance, et les biais de confirmation, d’automatisation, de complaisance, de normalité,
d’information partagée, d’heuristique, et de disponibilité.
• Reconnaître et célébrer les succès. L’analyste est exposé beaucoup plus fréquemment à des
faux positifs qu’à des incidents avérés. Cela entre en résonance avec notre tendance naturelle à
accorder plus d’importance à l’échec qu’au succès. La conscientisation des succès n’est alors pas
sufisante, il faut leur donner une portée qui résiste à l’usure des multiples faux positifs.
• Adapter le management aux spécificités des métiers de la supervision en le sensibilisant aux
nombreuses tâches récurrentes (ex. : vérification d’alertes, investigations, déploiements) qui
peuvent rapidement devenir intenables lorsqu’une dificulté se présente. On pourra également
s’assurer que le management dispose des leviers pour tenir compte des progrès ou dificultés
individuelles, par exemple en mettant en place des actions de soutien (ex. : acquisition ou
renforcement de compétences, développement du savoir-être comme la gestion du stress, de la
communication, des conflits).
• Gérer les carrières. Outre le recrutement de profils techniques adaptés, il convient d’être
particulièrement attentif à la capacité à acquérir de nouvelles connaissances pour faire évoluer
l’expertise au regard des évolutions du contexte de supervision.
• Prévenir l’instrumentalisation du personnel. Comme toutes les personnes en charge de
fonctions critiques sur le SI, les diférents profils impliqués dans un service de supervision sont
susceptibles d’être ciblés. Selon le niveau de menace auquel est exposé le périmètre supervisé,
diférents risques doivent être pris en compte de manière adéquate (ex. : les vols d’authentifiants
opportunistes, l’ingénierie sociale, ou encore la corruption).
• Adopter une posture défensive adéquate. Les choix en matière de stratégie de supervision (ex. :
environnement trop contraint qui alourdit les procédures, sources de données mal choisies qui
augmentent les faux positifs) peuvent représenter un frein pour attirer les talents capables de
découvrir des activités malveillantes avancées. Cela peut également empêcher la fidélisation des
profils déjà présents.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-4">
        <title>4.4. Les enjeux techniques</title>
        <p>Les enjeux techniques, dificiles à identifier et à anticiper, concernent les systèmes techniques du SI de
supervision de sécurité.</p>
        <p>• Être constant. Couvrir le périmètre supervisé avec un équilibre coût/eficacité stable.
• Rester aligné. Maintenir une cohérence entre le système de supervision et le périmètre supervisé,
en particulier parce que ce dernier évolue continuellement.
• Être flexible . S’adapter aux variations de charge qui peuvent découler de l’actualité (ex. :
campagne d’attaques visant un secteur particulier), ou bien de la vie du SI supervisé (ex. : opérations
de refonte impactant des règles de détection).
• Maintenir l’expertise. Garder le contrôle sur un empilement complexe de couches techniques.
• Anticiper et faire face aux efets de seuil et leurs impacts sur les performances des outils. Ils
sont susceptibles d’afecter tout type d’outil (ex. : stockage, traitement). Ils sont très dificiles à
prévoir. Ils se détectent souvent après dépassement, lorsque l’outil devient très lent. Ils peuvent
orienter les décisions de répartir les fonctions techniques dans des outils spécialisés, dans le but
de réduire la charge d’outils intégrés.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-5">
        <title>4.5. Les enjeux métier</title>
        <p>Outre la mise en oeuvre des prescriptions du présent document, les principaux enjeux qui permettent à
la supervision de sécurité d’atteindre ses objectifs opérationnels de détection sont :
• Maximiser la disponibilité des sources de données. Il est probable qu’un attaquant cherche à
camoufler son activité malveillante en empêchant la remontée des données de supervision. Ces
techniques de dissimulation peuvent être dificiles à repérer (ex. : indisponibilité totale ou partielle
d’une source de donnée). C’est pourquoi il peut être intéressant de surveiller la disponibilité des
éléments techniques de collecte (cf. section 2.2).
• Choisir des données représentatives. Il est recommandé de diversifier les sources de données.</p>
        <p>Cela permet d’enrichir sa vision de l’activité du SI (ex. : réseau et système, en bordure et en
interne). De plus, un travail de sélection des sources qualitatives s’avère le plus souvent profitable
à long terme. Il limite le volume de données à traiter et privilégie les points de collecte permettant
d’identifier les activités malveillantes redoutées.
• Maîtriser le nombre d’incidents. Un nombre excessif d’incidents est souvent symptomatique
du manque de maîtrise d’un SI. Les pratiques mal encadrées et la généralisation des procédures
d’exception génèrent trop d’alertes de sécurité. Cela peut également être lié à une mauvaise
coordination entre la supervision et les opérations programmées sur le SI. Dans tous les cas, cela
nécessite un plan d’action permettant d’aligner le SI avec les pratiques d’hygiène informatique.
• Réduire le nombre de faux positifs. Ils augmentent lorsque les règles ne sont pas adaptées aux
spécificités du SI supervisé. Par exemple, des règles trop sensibles déclenchent de nombreux faux
positifs. Pour maîtriser leur volume, il est recommandé d’investir dans l’adaptation des règles de
supervision au SI supervisé.
• Ancrer la supervision dans un fonctionnement collaboratif. Si la supervision ne parvient
pas à s’articuler pleinement avec son écosystème tel que décrit sur la figure 1, elle se prive
des interactions (cf. section 2.3) pourtant indispensables à son bon fonctionnement. Il est
recommandé de soigner les relations au sein de cet écosystème, et d’investir le temps nécessaire à
leur développement.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-6">
        <title>4.6. Les enjeux juridiques</title>
        <p>Il existe diférents enjeux juridiques dans le cadre réglementaire français. D’une part, plusieurs textes
recommandent ou imposent l’utilisation de la supervision de sécurité. D’autre part, les conditions de
mise en oeuvre de la supervision sont susceptibles d’être encadrées.</p>
        <p>Le terme juridique consacré est “la journalisation”14. Elle est définie comme une mesure de sécurité,
et elle poursuit plusieurs objectifs, dont l’adaptation du niveau de sécurité au niveau de risque, et
l’imputabilité des actions menées sur un SI. Pour y parvenir, elle s’appuie sur la capacité de tracer diverses
activités, la centralisation de ces traces, leur conservation, et leur analyse. De fait, la journalisation
recouvre les diférents aspects de la supervision de sécurité décrits dans le présent document.</p>
        <p>Divers cadres réglementaires portent des recommandations ou des obligations de journalisation
pour les SI, ou STAD (systèmes de traitement automatisés de données). Voici quelques textes à portée
générale ou plus spécifique 15 :
• le RGPD16 (règlement général sur la protection des données), qui traite des données à caractère
personnelles ;
• la transposition nationale de la directive européenne NIS (Network and Information System Security,
ou sécurité des réseaux et de l’information) ;
• les arrêtés sectoriels d’application de la LPM (loi de programmation militaire) 2015-2019, fixant
les règles de sécurité des systèmes d’information d’importance vitale ;
• la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique 17 ;
• la PSSIE18 (politique de sécurité des systèmes d’information de l’État).</p>
        <p>Par ailleurs, les systèmes de supervision, lorsqu’ils traitent des données personnelles, sont eux-mêmes
encadrés par le RGPD. L’objectif est de maintenir un équilibre entre l’apport en sécurité de la supervision
et le risque qu’elle fait courir sur la protection de la vie privée.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-4-7">
        <title>4.7. Les enjeux cyber</title>
        <p>Parmi tous les défis à relever à travers la supervision de sécurité, les enjeux cyber ont une place centrale.
En premier lieu, la supervision de sécurité concourt à la défense des SI. En second lieu, elle s’appuie sur
son propre SI à défendre. Enfin et surtout, le SI de supervision est interconnecté à un voire plusieurs
SI supervisés qu’elle contribue à défendre, et peut ainsi constituer une porte d’entrée supplémentaire
pour l’attaquant. La présente section détaille ces éléments afin d’étayer la logique de sécurisation d’une
supervision de sécurité.
4.7.1. La sécurité du SI de supervision
Le SI de supervision doit être défendu au même titre que tout SI. En efet, il est sujet aux risques cyber
classiques. On pense notamment aux vecteurs de risques tels que les utilisateurs (ex. : analystes,
administrateurs), les partenaires, les interconnexions avec d’autres SI, des éléments techniques potentiellement
vulnérables.</p>
        <p>
          Il est donc nécessaire de prévoir la supervision du SI de supervision. Cela passe par la conception
d’une stratégie de supervision dédiée au SI de supervision. Sur le plan technique, des moyens de mise
sous supervision (capteurs, collecteurs) doivent être déployés sur le SI de supervision. Enfin, les données
issues de ces moyens peuvent être traitées par les outils du SI de supervision.
14Le lecteur est invité à consulter la “recommandation relative aux mesures de journalisation” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref8">8</xref>
          ] de la CNIL.
15Voir l’annexe D “Aspects juridiques et réglementaires” du guide “Le guide de journalisation” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref9">9</xref>
          ] de l’ANSSI.
16Voir le “règlement général sur la protection des données” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref10">10</xref>
          ] de l’Union Européenne.
17Voir la “loi pour la confiance dans l’économie numérique” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref11">11</xref>
          ].
18Voir la “politique de sécurité des systèmes d’information de l’État” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref12">12</xref>
          ].
Superivision
dédiée
Supervision
externalisée et
mutualisée
La supervision devient, pour l’attaquant,
une source d’information sur le périmètre
supervisé. L’attaquant obtient un avantage
stratégique sur les défenseurs pour faire
persister son attaque.
        </p>
        <p>La supervision devient une cible de choix
pour l’attaquant. Efectivement, ce
dernier accepte de déployer plus d’eforts
sachant qu’il obtiendra de l’information sur
plusieurs cibles potentielles.</p>
        <p>Atteinte à l’intégrité de la supervision
La supervision peut être utilisée par un
attaquant pour couvrir ses activités sur le
périmètre supervisé (ex. : supprimer des
journaux, altérer la collecte). Elle peut
également être utilisée pour obtenir des
privilèges excessifs sur le périmètre
supervisé (ex. : compromission d’un agent
logiciel disposant de privilèges élevés).</p>
        <p>La supervision peut en plus être utilisée
pour déjouer les mesures de cloisonnement
qui séparent les périmètres supervisés.</p>
        <p>L’attaquant utilise la supervision de
sécurité pour rebondir d’un SI supervisé à
l’autre.
4.7.2. Le SI de supervision comme brique de sécurité
La supervision participe activement à la cyberdéfense du périmètre supervisé. À ce titre, elle représente
une cible d’intérêt pour les attaquants souhaitant rester persistants dans le SI supervisé. Elle est donc
soumise à des risques spécifiques en lien avec la sécurité des opérations. Par exemple, un attaquant qui
aurait compromis le SI de supervision aurait un avantage face à l’équipe de réponse à incidents.
4.7.3. Lien entre le SI de supervision et le SI supervisé
Le SI de supervision est interconnecté au SI supervisé, qui porte les valeurs métier de l’organisation. Il
est recommandé de maîtriser les risques propagés par l’existence de ce lien technique :
• les risques touchant la confidentialité ou l’intégrité du SI de supervision ont un impact
intrinsèque sur le SI supervisé (cf. tableau 1 “Exemples de reports de risques”) ;
• les risques touchant la disponibilité du SI de supervision ne doivent pas impacter le SI
supervisé ;
• les risques du SI supervisé ne doivent pas impacter la supervision de sécurité (ex. : le chifrement
malveillant de tout un élément de stockage du SI supervisé ne doit pas se répercuter sur le SI
de supervision). En somme, le SI de supervision doit être insensible aux risques métier du SI
supervisé.
4.7.4. La supervision de sécurité mutualisée
La supervision de sécurité peut être mutualisée entre plusieurs SI supervisés. Ces SI peuvent appartenir
à la même entité (cas de la mutualisation interne) ou à plusieurs entités (cas de la mutualisation chez
un prestataire). Enfin, ces SI supervisés peuvent être opérés sur les infrastructures de l’entité, sur les
infrastructures d’un fournisseur de service cloud, ou en hybride.</p>
        <p>Chacun de ces cas présente des risques spécifiques qu’il convient d’analyser. En revanche, tous ces cas
mettent en jeu deux besoins antinomiques. Sur le plan sécuritaire, il s’agit d’un besoin de cloisonnement,
pour :
• maîtriser la propagation des risques, en particulier entre les diférents périmètres supervisés (cf.</p>
        <p>tableau 1 “Exemples de reports de risques”) ;
• assurer la confidentialité des règles sensibles dont l’usage est réservé à certains SI supervisés.</p>
        <sec id="sec-4-7-1">
          <title>Sur le plan fonctionnel, il s’agit d’un besoin de mutualisation pour :</title>
          <p>• améliorer la pertinence de la supervision, en centralisant dans un outil d’analyse, les données de
plusieurs périmètres supervisés ;
• optimiser les ressources et les coûts d’exploitation et d’utilisation, en partageant des éléments
techniques entre plusieurs périmètres.</p>
          <p>C’est pourquoi la sécurisation d’une supervision mutualisée est dificile à concevoir. Elle passe
nécessairement par des compromis en faveur de l’un ou l’autre de ces besoins, selon les besoins des SI
supervisés.
4.7.5. Logique de sécurisation
La logique de sécurisation d’une supervision de sécurité est façonnée par les divers enjeux cyber.
• Dans tous les cas :
– le SI de supervision doit être structuré en zones de sécurité dans une logique de défense en
profondeur, permettant notamment de protéger son coeur de confiance 19 ;
– une analyse de risque formelle permet d’évaluer les risques susceptibles de se propager
depuis le SI de supervision vers le périmètre supervisé ;
– une stratégie de supervision spécifique doit être conçue pour le SI de supervision,
en particulier, pour couvrir les risques qui ne peuvent être réduits par des mesures de
prévention.
• Les besoins de sécurité de la supervision non mutualisée sont équivalents à ceux du SI
supervisé. Conformément à la doctrine d’administration sécurisée20, le SI de supervision peut
partager certains moyens techniques avec le SI d’administration du SI supervisé, dans le respect
des besoins de sécurité de ce dernier.
• Les besoins de sécurité de la supervision mutualisée correspondent aux besoins de sécurité du
SI supervisé qui a les besoins les plus élevés21. De plus, l’efet d’accumulation des données au
sein d’un SI de supervision mutualisé peut nécessiter la hausse de ses besoins de sécurité. Enfin,
l’équilibre entre cloisonnement et mutualisation au sein du SI de supervision dépend également
des caractéristiques des liens techniques entre le SI de supervision et chaque SI supervisé, en
particulier, le niveau de garantie d’unidirectionnalité22 sur l’ensemble des liens.</p>
        </sec>
      </sec>
      <sec id="sec-4-8">
        <title>4.8. Des enjeux aux risques</title>
        <p>Si l’on change de perspective, les enjeux présentés dans le présent chapitre peuvent être utilisés comme
un catalogue de risques. En revanche, la richesse de ce catalogue mérite quelques éléments de priorisation
:
• les risques correspondant aux enjeux humains doivent toujours être pris en compte, quel que soit
l’état de maturité de la supervision de sécurité. En efet, le capital humain représente toute la
force vive d’une supervision de sécurité. Parmi ces risques, le risque de fatigue des alertes est le
plus probable, avec un impact important pour l’équipe ;
19Le coeur de confiance (ou trusted core) est défini comme la partie d’un SI sur laquelle repose la sécurité de la totalité du SI.</p>
        <p>
          Voir l’article correspondant dans le CyberDico [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref13">13</xref>
          ] de l’ANSSI.
20Voir le chapitre 9 “Sauvegarde, journalisation et supervision de la sécurité” du “guide administration sécurisée” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref14">14</xref>
          ] de
l’ANSSI.
21Cela signifie que le SI de supervision est soumis aux contraintes les mieux-disantes. Cela signifie aussi qu’un SI ne peut être
supervisé que par un SI de supervision répondant à des contraintes au moins équivalentes.
22Les garanties d’unidirectionnalité ne sont pas les mêmes selon que le lien traverse un pare-feu (filtrage réseau sur les
niveau 2 à 4 du modèle OSI), une zone démilitarisée (DMZ) telle que définie dans le guide de “recommandations relatives à
l’interconnexion d’un système d’information à Internet” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref15">15</xref>
          ] de l’ANSSI (une fonction de rupture protocolaire entourée de
deux pare-feux), ou une diode réseau (dispositif unidirectionnel au niveau 1 du modèle OSI).
• les risques correspondant aux enjeux cyber sont importants à prendre en compte ;
• les risques correspondant aux enjeux métiers sont également importants ;
• pour chaque famille d’enjeux, il est intéressant de choisir et prioriser les risques pertinents dans
le contexte d’un projet de supervision de sécurité spécifique.
        </p>
        <p>Pour finir, ces risques doivent être attribués aux bons acteurs pour en garantir le suivi :
• les risques liés aux enjeux stratégiques ne disparaissent pas lorsque le projet avance. Le chef de
projet doit les transférer au management de la supervision de sécurité. Dans une moindre mesure,
il en va de même des risques correspondant aux enjeux de projet, et aux enjeux juridiques ;
• une méthode pour gérer les risques liés aux enjeux métier, technique et cyber consiste à en
répartir le suivi au sein des diférents chantiers à réaliser. En revanche, il faut distinguer ceux qui
doivent être repris et suivis par le management de la supervision de sécurité, de ceux qui restent
attachés à un chantier, et dont le suivi est mis en pause jusqu’à la prochaine itération.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>5. Recommandations</title>
      <p>Les recommandations qui sont proposées ici permettent d’optimiser l’efort de construction d’une
supervision de sécurité. Sans prétendre à l’exhaustivité, elles aident à tracer les grandes lignes de la
démarche. De fait, elles doivent être adaptées au contexte et aux spécificités de chaque projet.</p>
      <sec id="sec-5-1">
        <title>5.1. Acquérir de la connaissance sur le SI à superviser</title>
        <p>Cette connaissance doit être recueillie selon plusieurs axes : les risques, les technologies, l’architecture
et la vie du SI (ex. : interventions, méthodes d’administration). C’est à l’intersection de ces savoirs que
se conçoit une stratégie de détection eficace (cf. section 3.3 décrivant la stratégie de supervision).</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-2">
        <title>5.2. Préparer le SI avant de le superviser</title>
        <p>Avant toute chose, il est recommandé d’élever le niveau de sécurité du SI supervisé à un seuil de
cybersécurité nominal. En efet, tenter de superviser un SI qui n’est conforme ni aux principes de
défense en profondeur, ni aux mesures d’hygiène informatique23 est une perte de temps et d’argent.
Ces ressources seront mieux employées dans une phase préalable d’amélioration du SI. Cette étape
rendra le projet de supervision plus fluide et plus viable.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-3">
        <title>5.3. Commencer à superviser avec les moyens en place</title>
        <p>Il est possible d’atteindre un premier niveau de supervision du SI, même imparfait, sans investissement
supplémentaire. Il est recommandé de miser sur la connaissance de l’existant et l’utilisation des outils
de sécurité déjà déployés (ex. : un antivirus ou l’activation de la journalisation sur un autre dispositif de
sécurité). Tout investissement supplémentaire présente le risque de diluer la capacité à faire entre la
supervision et l’attention portée aux nouveaux moyens (intégration, déploiement, maintenance). Pour
commencer, il est donc plus eficace de démarrer les processus de la supervision en limitant l’ajout de
moyens techniques. Par ailleurs, la maintenance du SI de supervision aux équipes d’exploitation. Cela
permet de préserver les ressources de la supervision pour les évolutions et l’amélioration continue.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-4">
        <title>5.4. Adopter une démarche ascendante et diversifier les données</title>
        <p>
          En adoptant une démarche ascendante (bottom-up), il est recommandé de partir des sources de données
disponibles et pertinentes, pour commencer à satisfaire certains objectifs de détection. C’est seulement
dans un second temps qu’il est intéressant d’ajouter des sources, en visant un optimum entre :
23Voir le “Guide d’hygiène informatique : renforcer la sécurité de son système d’information en 42 mesures” [
          <xref ref-type="bibr" rid="ref16">16</xref>
          ] de l’ANSSI.
• la couverture du périmètre à superviser ;
• la représentativité des activités sur le périmètre supervisé (ex. : système, réseau, applicatif,
industriel) ;
• la prise en compte des objectifs de supervision.
        </p>
        <p>Cette démarche itérative s’inscrit dans l’amélioration continue de la supervision.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-5">
        <title>5.5. Porter un intérêt particulier aux postes de travail</title>
        <p>Le point faible utilisé par de nombreuses attaques de masse (ex. : rançongiciels) est le poste de travail,
sur lequel l’utilisateur peut naviguer sur le Web et lire ses courriels. Ces postes sont des éléments du
SI fortement distribués et exposés. En premier lieu, il est recommandé de s’assurer que les principes
d’hygiène informatique sont correctement appliqués. En second lieu, il est recommandé de s’intéresser
aux éléments de sécurité déjà déployés (ex. : antivirus). Il est utile de comprendre les alertes levées par
ces systèmes pour traiter eficacement les causes et résoudre les problèmes soulevés. Le cas échéant,
une solution dédiée aux équipements terminaux (ex. : endpoint detection and response, ou EDR) peut être
déployée pour bénéficier, entre autres, d’une visibilité plus riche sur l’activité du parc. Si le périmètre
des postes de travail est un point de départ, d’autres périmètres doivent être traités avec attention (ex. :
équipements de bordure, interconnexion entre réseaux, services exposés, annuaire centralisé).</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-6">
        <title>5.6. Adopter une démarche humble face au volume de données</title>
        <p>Dès lors que des outils dédiés à la supervision de sécurité sont mis en place se pose la problématique de
la centralisation des données. Il est recommandé de limiter le volume des données. Voici quelques axes
pour y parvenir :
• déterminer l’activité malveillante recherchée, et les scénarios de menace associés ;
• sélectionner des sources pertinentes pour détecter ces scénarios de menace ;
• choisir un niveau de journalisation adapté ;
• filtrer des événements récurrents inutiles ;
• agréger des événements apparentés ;
• adapter la période de rétention au besoin réel d’analyse à postériori.</p>
        <p>Il est également recommandé de traiter en dehors du périmètre de la supervision de sécurité, les autres
besoins qui reposent sur les traces d’un SI, mais qui ne concourent pas directement à la recherche
d’activité malveillante (ex. : archivage de journaux, obligations réglementaires concernant la traçabilité
sur le SI, maintenance préventive).</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-7">
        <title>5.7. Avancer progressivement vers la maturité</title>
        <p>Afin de rendre progressive la montée en maturité et de l’adapter aux situations initiale et finale de
chaque entité, il est recommandé d’adopter une démarche “des petits pas” selon trois axes :
• Les processus peuvent être initialisés progressivement, en partant du processus de connaissance
du périmètre supervisé (cf. section 3.4 décrivant les processus de la supervision). De plus, certains
processus peuvent être initialisés par le biais de l’externalisation (ex. : veille en vulnérabilités et
menaces).
• Les outils dédiés peuvent être implémentés graduellement, à partir des premiers capteurs, fonction
technique par fonction technique (ex. : exploiter des alertes dans les consoles de chaque outil,
puis centraliser les alertes, puis enrichir les données centralisées).
• Les périmètres peuvent être couverts par avancées successives, sans chercher à avancer trop vite.</p>
        <p>Pour chaque périmètre, il est recommandé de choisir judicieusement les familles d’équipements à
couvrir de façon exhaustive.</p>
        <p>Se reporter, par exemple, à la méthode de construction itérative de la supervision de sécurité24.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-8">
        <title>5.8. Mettre en cohérence les ressources avec les ambitions</title>
        <p>La création d’une supervision de sécurité s’apparente à une course de fond. Il faut donc gérer
judicieusement ses ressources financières comme humaines. Le budget doit être conçu sur du moyen/long
terme. Les ressources humaines doivent être enrichies au fil du développement du système. Les attentes
opérationnelles doivent être réalistes, quitte à évoluer en fonction des succès constatés.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-9">
        <title>5.9. Gérer l’incertitude</title>
        <p>L’incertitude est une composante de la supervision de sécurité. Il n’y a jamais de certitude d’avoir choisi
les bonnes sources de données, ou d’avoir retenu des critères (règles, comportements) sufisamment
pertinents. Il n’y a jamais de certitude non plus quant au résultat de la supervision, en particulier en
absence de résultat : est-ce qu’il ne se passe rien, ou est-ce que je ne détecte pas ce qu’il se passe ? Il
est recommandé de mettre en place des mesures aidant à maîtriser l’incertitude, au niveau technique,
organisationnel, notamment en vérifiant la pertinence et l’eficacité de la détection par le biais d’exercices
réguliers (ex. : plateforme de tests automatisés, tests de pénétration redteam sur le périmètre supervisé).
Dans un premier temps, ces exercices peuvent impliquer les analystes dans un esprit coopératif. Par la
suite, ils peuvent être menés en aveugle dans un esprit d’émulation.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-10">
        <title>5.10. Cultiver la confiance vis-à-vis des parties prenantes</title>
        <p>Le capital confiance acquis par une supervision de sécurité est une ressource précieuse qui conditionne
son eficacité. Cette confiance se gagne rarement sur des faits d’armes retentissants. Elle se bâtit
progressivement, en particulier auprès des bénéficiaires directs comme les administrateurs du SI. Il est
recommandé de répartir clairement les rôles et responsabilités, et d’adopter une démarche transparente
(“dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit”). De plus, la supervision doit rester neutre pour éviter la
critique des uns (mauvaises pratiques des équipes techniques) ou des autres (incidents de sécurité non
détectés par l’équipe de supervision). Par ailleurs, il est primordial de partager régulièrement les axes
de progression du dispositif de supervision de sécurité et les indicateurs produits avec les autorités du
SI supervisé. Cette pratique permet de les éclairer sur ce que le dispositif produit et sur les informations
qui aident les équipes de la DSI à mieux protéger leur SI.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-6">
      <title>6. Conclusion</title>
      <p>Avant, il y avait la détection d’incidents de sécurité. La doctrine de l’agence en la matière se concentrait
dans un référentiel d’exigence25. Ce dernier s’inscrit dans le contexte particulier de la défense des
intérêts de la nation. Il permet de mettre en relation certains opérateurs dits “vitaux” avec des ofreurs
de service de confiance. 26. La doctrine qui en découle s’est donc avérée impossible à généraliser.</p>
      <p>
        Au moment de moderniser cette doctrine, la démarche retenue consiste à écrire ce qu’est une bonne
supervision de sécurité, avant d’écrire des exigences cyber. En d’autres termes, décrire une cible
fonctionnelle, avant de décrire la cible de sécurité. Le premier volet de cette démarche est un guide de
niveau stratégique27, qui évoque toutes les bonnes raisons de faire de la supervision de sécurité.
24Voir le guide “Supervision de sécurité, les clés de décision” [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref17">17</xref>
        ] de l’ANSSI. En particulier, la figure 2 et sa description.
25voir le Référentiel des prestataires de détection d’incidents de sécurité [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref18">18</xref>
        ] (PDIS) de l’ANSSI.
26L’ANSSI délivre des qualifications, qui attestent qu’un prestataire respecte les exigences d’un référentiel.
27Voir le guide “Supervision de sécurité, les clés de décision” [
        <xref ref-type="bibr" rid="ref17">17</xref>
        ] de l’ANSSI.
      </p>
      <p>Le présent article constitue le second volet de cette démarche. Il liste les éléments attendus d’une
supervision de sécurité. Il peut servir à piloter un projet, à construire une expression de besoin, ou encore
à organiser des tests d’eficacité. Pour autant, de nombreux sujets mériteraient d’être développés : les
interactions entre les processus métier, la méthode pour créer une stratégie de sécurité, les contraintes
sur le lien entre le SI de supervision et le SI supervisé, la construction d’un SI de supervision, etc.</p>
      <p>L’ANSSI va poursuivre cette démarche avec deux volets à venir. L’un évoquera la mise sous supervision
et le lien entre SI de supervision et SI supervisé. L’autre proposera des pistes pour construire un SI de
supervision. A l’issue de ces travaux, le référentiel PDIS évoluera vers une nouvelle version.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-7">
      <title>Declaration on Generative AI</title>
      <p>During the preparation of this work, the author(s) used Perplexity and DeepL in order to: Paraphrase
and reword, and Text Translation. After using these tool(s)/service(s), the author(s) reviewed and edited
the content as needed and take(s) full responsibility for the publication’s content.</p>
    </sec>
  </body>
  <back>
    <ref-list>
      <ref id="ref1">
        <mixed-citation>
          [1]
          <issue>NIS2</issue>
          ,
          <article-title>Directive concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l</article-title>
          'ensemble de l'Union, Referentiel, Parlement européen,
          <year>2022</year>
          . https://eur-lex.europa. eu/eli/dir/2022/2555/oj/fra.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref2">
        <mixed-citation>
          [2]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PA-</surname>
          </string-name>
          046, Cartographie du système d'information,
          <string-name>
            <surname>Guide</surname>
            <given-names>ANSSI</given-names>
          </string-name>
          <source>-PA-046 v1.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2018</year>
          . https://cyber.gouv.fr/publications/cartographie-du
          <article-title>-systeme-dinformation.</article-title>
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref3">
        <mixed-citation>
          [3]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PA-</surname>
          </string-name>
          048,
          <string-name>
            <surname>La méthode EBIOS Risk Manager - Le Guide</surname>
          </string-name>
          ,
          <source>Guide ANSSI-PA-048 v1.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2018</year>
          . https://cyber.gouv.fr/ebios-rm.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref4">
        <mixed-citation>
          [4]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-COLLEC-REMED-CLES</surname>
            , Cyberataques et remédiation - Les clés de décision, Guide,
            <given-names>ANSSI</given-names>
          </string-name>
          ,
          <year>2023</year>
          . https://cyber.gouv.
          <article-title>fr/piloter-la-remediation-dun-incident-cyber.</article-title>
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref5">
        <mixed-citation>
          [5]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PA-</surname>
          </string-name>
          089,
          <article-title>Crise d'origine cyber, les clés d'une gestion opérationnelle et stratégique</article-title>
          ,
          <source>Guide ANSSI-PA-089 v1.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2021</year>
          . https://cyber.gouv.fr/publications/ crise-dorigine
          <article-title>-cyber-les-cles-dune-gestion-</article-title>
          <string-name>
            <surname>operationnelle-</surname>
          </string-name>
          et-strategique.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref6">
        <mixed-citation>
          [6]
          <string-name>
            <surname>CONFUSION-MATRIX</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Confusion matrix</article-title>
          , Cours, Mahatma Gandhi Central University, Motihari (Bihar), India,
          <year>2020</year>
          . https://web.archive.org/web/20220319220257/https://mgcub.ac.in/pdf/material/ 20200429020322e5dac20f58.pdf.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref7">
        <mixed-citation>
          [7]
          <string-name>
            <surname>TRI-PROJ</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Triangles, Tradeofs and Success: a Critical Examination of some Traditional Project Management Paradigms</article-title>
          , Article, Northumbria University,
          <article-title>Newcastle-upon-</article-title>
          <string-name>
            <surname>Tyne</surname>
          </string-name>
          , UK,
          <year>2022</year>
          . https: //web.archive.org/web/20231229141249/https://www.irbnet.de/daten/iconda/CIB16214.pdf.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref8">
        <mixed-citation>
          [8]
          <string-name>
            <surname>CNIL-JOURNALISATION</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Recommandation relative aux mesures de journalisation, Recommandation</article-title>
          ,
          <string-name>
            <surname>CNIL</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2021</year>
          . https://www.cnil.fr/fr/ la-cnil
          <article-title>-publie-une-recommandation-relative-aux-</article-title>
          <string-name>
            <surname>mesures-</surname>
          </string-name>
          de-journalisation.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref9">
        <mixed-citation>
          [9]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PA-</surname>
          </string-name>
          012, Recommandations de sécurité pour l'architecture d'un système de journalisation,
          <source>Guide DAT-PA-012 v2.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2022</year>
          . https://cyber.gouv.fr/guide-journalisation.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref10">
        <mixed-citation>
          [10]
          <string-name>
            <surname>RGPD</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Règlement Général sur la Protection des Données</article-title>
          , Referentiel, Parlement européen,
          <year>2016</year>
          . https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2016/679/oj/fra.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref11">
        <mixed-citation>
          [11]
          <string-name>
            <surname>LCEN</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Loi pour la confiance dans l'économie numérique</article-title>
          , Referentiel, Parlement européen,
          <year>2004</year>
          . https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000801164/.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref12">
        <mixed-citation>
          [12]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PG</surname>
          </string-name>
          , Politique de sécurité des systèmes d'information de l'
          <source>État (PSSIE)</source>
          ,
          <source>Référentiel Version 1</source>
          .0,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2014</year>
          . https://cyber.gouv.fr/pssie.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref13">
        <mixed-citation>
          [13]
          <string-name>
            <surname>CYBERDICO</surname>
          </string-name>
          ,
          <string-name>
            <surname>Le</surname>
            <given-names>CyberDico</given-names>
          </string-name>
          , Information,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2025</year>
          . https://cyber.gouv.fr/le-cyberdico.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref14">
        <mixed-citation>
          [14]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PA</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Recommandations relatives à l'administration sécurisée des systèmes d'information</article-title>
          ,
          <string-name>
            <surname>Guide</surname>
            <given-names>ANSSI</given-names>
          </string-name>
          <source>-PA-022 v3.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2021</year>
          . https://cyber.gouv.fr/guide-admin-si.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref15">
        <mixed-citation>
          [15]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PA</surname>
          </string-name>
          ,
          <article-title>Recommandations relatives à l'interconnexion d'un système d'information à Internet</article-title>
          ,
          <source>Guide ANSSI-PA-066 v3.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2020</year>
          . https://cyber.gouv.
          <article-title>fr/guide-interconnexion-si-internet.</article-title>
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref16">
        <mixed-citation>
          [16]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-GP-</surname>
          </string-name>
          042,
          <article-title>Guide d'hygiène informatique : renforcer la sécurité de son système d'information en 42 mesures</article-title>
          ,
          <source>Guide ANSSI-GP-042 v2.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2017</year>
          . https://cyber.gouv.fr/hygiene-informatique.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref17">
        <mixed-citation>
          [17]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-GP-</surname>
          </string-name>
          112, Supervision de sécurité - Les clés de décision,
          <source>Guide ANSSI-GP-112 v1.0</source>
          ,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2025</year>
          . https://cyber.gouv.fr/supervision-securite.
        </mixed-citation>
      </ref>
      <ref id="ref18">
        <mixed-citation>
          [18]
          <string-name>
            <surname>ANSSI-PG</surname>
          </string-name>
          , Prestataires de détection des incidents de sécurité.
          <source>Référentiel d'exigences, Référentiel Version 2</source>
          .0,
          <string-name>
            <surname>ANSSI</surname>
          </string-name>
          ,
          <year>2017</year>
          . https://cyber.gouv.fr/pdis.
        </mixed-citation>
      </ref>
    </ref-list>
  </back>
</article>