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    <article-meta>
      <title-group>
        <article-title>Mise en lumière de relations sémantiques pour la construction d'ontologies à partir de textes</article-title>
      </title-group>
      <contrib-group>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Rim Bentebibel</string-name>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
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        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Adeline Nazarenko</string-name>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
        </contrib>
        <contrib contrib-type="author">
          <string-name>Sylvie Szulman</string-name>
          <xref ref-type="aff" rid="aff0">0</xref>
        </contrib>
        <aff id="aff0">
          <label>0</label>
          <institution>Laboratoire d'Informatique de l'université Paris-Nord (LIPN) UMR 7030 Université Paris 13 &amp; CNRS 99</institution>
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        </aff>
      </contrib-group>
      <pub-date>
        <year>2009</year>
      </pub-date>
      <abstract>
        <p>Résumé : La construction d'ontologies à partir de textes consiste à décrire des concepts par leurs relations conceptuelles et éventuellement leurs instances, à partir des matériaux textuels (termes, relations lexicales). Cet article propose une méthode pour mettre en lumière, par l'analyse de corpus, des relations lexicales susceptibles de donner naissance à des relations conceptuelles. Cette méthode ne fait aucune hypothèse sur les types de relations recherchées ni sur leur forme linguistique. Notre approche s'inspire des méthodes distributionnelles de construction de classes sémantiques mais il s'agit de construire des classes d'associations de termes et non des classes de termes. Les classes d'associations obtenues représentent des relations sémantiques candidates qui peuvent ensuite être élaborées en relations conceptuelles par l'ontologue. Mots-clés : Extraction de relation, Les relations dans l'ontologie, Ingénierie des connaissances, TAL, analyse distributionnelle.</p>
      </abstract>
    </article-meta>
  </front>
  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>Introduction</title>
      <p>Les méthodes de construction d’ontologies à partir de textes sont aujourd’hui
bien connues : pour identifier les concepts du domaine, elles s’appuient sur
l’analyse terminologique pour les unes, sur l’analyse distributionnelle et les classes de
mots pour les autres.</p>
      <p>
        Au-delà des concepts et de leurs instances, il est également important de
repérer les relations conceptuelles qui structurent le domaine. Cette problématique
est reconnue comme difficile.
        <xref ref-type="bibr" rid="ref9">Rastier (2004)</xref>
        distingue « les liens verticaux [qui]
sont des liens de catégorisation » et « les liens horizontaux [qui] sont des liens
d’actance ». Des approches distributionnelles ont été proposées, mais pour
l’explicitation des liens verticaux uniquement. Les approches classiques, héritées de
la terminologie traditionnelle, permettent d’extraire des liens horizontaux comme
verticaux. Elles explorent les textes à l’aide de patrons mais ces patrons ou
schémas de phrases sont différents pour chaque relation et ils varient souvent d’un
corpus à l’autre. Nous proposons ici une méthode générique de découverte de
relations sémantiques à partir de textes. Il s’agit d’explorer les textes pour
identifier les relations conceptuelles qu’ils véhiculent sans idée préconçue sur le type
de relations qu’on recherche. Bien entendu, un travail manuel de validation et de
conceptualisation des relations candidates proposées est nécessaire. L’originalité
de la méthode proposée est double : elle est guidée par le corpus lui-même (les
données) plutôt que par les relations à acquérir (le but) et elle est générique par
rapport au corpus et à la tâche. Il s’agit, comme pour l’extraction
terminologique, de faire « émerger » la sémantique du domaine du corpus, même si les
résultats ont besoin d’être retravaillés.
      </p>
      <p>La section 2 situe notre travail par rapport à l’état de l’art en acquisition de
relations et souligne l’intérêt d’une approche guidée par le corpus par rapport aux
approches guidées par les relations à construire. La section 3 décrit les étapes de
notre méthode. La section 4 présente une discussion et conclusion de ce travail.
2</p>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>Etat de l’art</title>
      <p>
        Beaucoup de travaux sur l’acquisition d’ontologies à partir de textes s’appuient
sur des patrons d’extraction pour retrouver des relations dans les textes
        <xref ref-type="bibr" rid="ref3">(Auger
&amp; Barriere, 2008)</xref>
        . Cette approche a évidemment son intérêt pour la
construction d’ontologies et un module d’extraction à base de patrons est prévu dans
la plateforme Dafoe. Cependant,
        <xref ref-type="bibr" rid="ref7">(Jacques &amp; Aussenac-Gilles, 2006)</xref>
        ont montré
que ces patrons varient fortement d’une relation à l’autre mais aussi d’un
corpus à l’autre pour une même relation. Il existe peu de patrons génériques et le
coût de mise au point des patrons d’extraction nécessaires pour la construction
d’une ontologie donnée est vite apparu prohibitif. On a donc cherché à tirer
profit des recherches menées en extraction d’information sur l’apprentissage de
patrons, notamment les approches semi-supervisées
        <xref ref-type="bibr" rid="ref1 ref11 ref4 ref8">(Morin &amp; Martienne, 1999;
Agichtein &amp; Gravano, 2000; Blohm et al., 2007; Turney, 2006)</xref>
        . Une autre
approche est proposée par
        <xref ref-type="bibr" rid="ref6">(Hasegawa et al., 2004)</xref>
        pour enrichir des systèmes de
question/réponse ou de résumé de textes : elle vise à repérer des relations
sémantique entre entités nommées. La méthode consiste à faire émerger des classes
homogènes de couples d’entités nommées, chaque classe étant alors considérée
comme représentante d’une relation intéressante pour le domaine. En dépit de
son intérêt, cette approche est limitée par le fait qu’elle se fonde exclusivement
sur les entités nommées qu’elles présupposent étiquetées sémantiquement. Nous
nous en inspirons mais en cherchant à en généraliser l’application à d’autres
types d’unités textuelles, notamment aux termes qui servent eux aussi d’ancres
pour la découverte de relations. Nous voulons aussi étendre la méthode pour
permettre d’associer des patrons d’extraction, ou tout au moins des ébauches
de patrons, aux relations sémantiques candidates. En réalité, la méthode que
nous présentons s’apparente aux méthodes distributionnelles de construction de
classes sémantiques de mots (voir par ex.
        <xref ref-type="bibr" rid="ref5">(Faure &amp; Nédellec, 1999)</xref>
        ) qui
rapprochent les mots sur la base des éléments des contextes qu’ils partagent et qui
proposent les classes obtenues comme ébauches de concepts. Sauf qu’il s’agit
ici de construire des classes d’associations de termes et non pas des classes de
termes.
3
      </p>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>Méthode</title>
      <p>
        Notre méthode d’extraction de relations est constituée de quatre processus
comme illustré sur la figure 1 : construction d’une représentation normalisée
des textes, extraction des associations d’unités sémantiques les plus pertinentes ;
regroupement des différentes occurrences d’association en classe de relations ;
construction des ébauches de patrons.
La première étape consiste à construire une représentation simplifiée et
normalisée du corpus d’acquisition. Comme le but est de construire une ontologie, nous
ne nous intéressons pas aux mots du texte mais aux unités sémantiques (US). En
pratique, les US sont les termes qui relèvent du vocabulaire du domaine et qui
sont souvent des unités lexicales composées1. Nous considérons aussi les entités
nommées comme des éléments sémantiquement pertinents. Comme l’extracteur
de termes que nous utilisons2 ne reconnaît pas les termes verbaux, nous
conser1Nous privilégions les termes les plus longs
2YaTeA
        <xref ref-type="bibr" rid="ref2">(Aubin &amp; Hamon, 2006)</xref>
        .
vons aussi les mots « sémantiquement pleins » après élimination des mots
grammaticaux et des mots athématiques qui figurent dans un antidictionnaire (ex.
sorte, faire, être, etc.). Par souci de normalisation, nous considérons les formes
lemmatisées des unités sémantiques3. Ce choix de représentation efface toute
information syntaxique (une fois les unités sémantiques identifiées, seul l’ordre
des unités est conservé) mais cela permet de simplifier les phrases et donc de
faciliter leur rapprochement. Cette normalisation est importante puisque notre
approche repose sur la récurrence des unités et de leurs associations dans le
corpus, à la différence des méthodes à base de patrons qui s’appuient davantage sur
la structure des phrases.
      </p>
      <p>Ainsi donc, le corpus est représenté à l’issue de cette étape de normalisation
par une séquence de documents qui sont eux-mêmes représentés récursivement
comme des séquences de phrases puis d’unités sémantiques.
3.2</p>
      <p>Extraction des associations d’unités sémantiques
Notre méthode repose sur le repérage dans le corpus de couples d’unités
sémantiques fortement associées, l’idée étant que ces associations sont potentiellement
des indices de relations sémantiques du domaine. Pour extraire les associations
d’unités sémantiques, nous nous appuyons sur un calcul de cooccurrence : plus
les unités apparaissent ensemble (dans les mêmes phrases), plus elles sont
considérées comme fortement associées. La force de cette association est donnée par
la mesure de l’information mutuelle (formule 1) qui est comprise entre 0 et 1
et qui est calculée pour tous les couples d’unités sémantiques présentes dans le
corpus.</p>
      <p>IM (U Si; U Sj ) = log2</p>
      <p>P (U SiU Sj )
P (U Si)P (U Sj )
(1)
Nous conservons au final comme « associations » tous les couples d’unités
sémantiques dont la valeur IM est supérieure à un seuil donné4.
3.3</p>
      <p>
        Regroupement des occurrences d’association en classes
On applique ensuite un processus de classification ascendante (ou
regroupement, clustering en anglais) sur l’ensemble des occurrences ak des associations
&lt; U Si; U Sj &gt; qui ont été identifiées à l’étape précédente5. Ce processus consiste
à regrouper en classes les occurrences les plus similaires. Pour calculer la
similarité entre les occurrences d’association, on représente chaque occurrence ak
par son contexte ctxt(ak), c’est-à-dire par l’ensemble des unités sémantiques qui
figurent dans la même phrase que ak. Considérons par exemple l’association
3Ces formes lemmatisées sont obtenues à partir des résultats de l’application préalable du
TreeTager
        <xref ref-type="bibr" rid="ref10">(Schmid, 1994)</xref>
        sur notre corpus. Pour la reconnaissance des entités nommées, nous
utilisons l’extracteur de Gate.
      </p>
      <p>4Pour la mise au point de la méthode, ce seuil a volontairement été fixé très bas.
5A priori si deux unités sémantiques sont considérées comme associées, on trouve en effet
plusieurs occurrences de cette association dans le corpus.
&lt; U S1; U S12 &gt; et l’une de ses occurrences a1. Si on a ctxt(a1) = fU S20; U S33;
U S45g, cela signifie que ces trois unités sémantiques apparaissent aux côtés de
U S1 et U S12 dans la phrase où cette occurrence particulière a1 de l’association
apparaît. Plus formellement, ctxt(ak) est un vecteur dans l’espace du
vocabulaire des unités sémantiques du corpus. La coordonnée de ctxt(ak) sur l’axe de
l’unité U Si est 1 si U Si figure dans le contexte de ak et 0 sinon.</p>
      <p>Pour déterminer à quel point deux contextes ctxt(ax) et ctxt(ay) sont
similaires, nous considérons le cosinus de l’angle A(X; Y ) formé par leurs vecteurs
X et Y , en calculant le cosinus comme le produit scalaire des vecteurs normalisé
par leurs longueurs (formule 2). Le résultat est compris entre 0 et 1 : si la valeur
du cosinus est 0, cela signifie que les deux vecteurs sont perpendiculaires, donc
que les contextes ne sont pas similaires ; si la valeur de cosinus est égale à 1,
les deux vecteurs pointent dans la même direction et les contextes sont jugés
similaires.</p>
      <p>cos(A(X; Y )) =</p>
      <p>X:Y
jXjjY j
(2)</p>
      <p>L’intuition sous-jacente est que ces occurrences d’association qui ont été
jugées similaires et regroupées partagent un même « sens », c’est-à-dire une même
relation sémantique. Comme toutes les méthodes distributionnelles, le risque
d’obtenir des classes bruitées est réel : il faut analyser les classes obtenues, en
supprimer ou en redécouper certaines, y supprimer des intrus et, au final,
nommer la relation sous-jacente si la classe apparaît suffisamment cohérente.
3.4</p>
      <p>Construction d’ébauches de patrons</p>
      <p>Pour faciliter l’analyse des classes obtenues, il est utile de comprendre les
éléments qui ont permis le rapprochement des occurrences d’association qui la
composent et, une fois la relation sémantique identifiée et sélectionnée, il est
précieux de pouvoir lui associer un patron d’extraction pour en repérer de nouvelles
occurrences.</p>
      <p>Nous cherchons donc à identifier les éléments de contexte qui caractérisent
le mieux les classes obtenues et à s’en servir pour construire des ébauches de
patrons. Ces éléments caractéristiques sont en réalité donnés par le processus
de regroupement précédent : ce sont les unités sémantiques que les différents
contextes des occurrences d’association regroupées partagent et les unités
sémantiques qui entrent dans l’assocation.</p>
      <p>Il suffit alors de mettre ces unités sémantiques caractéristiques dans un ordre
textuel plausible (dans les vecteurs de contexte, les unités sémantiques sont en
effet ordonnées dans un ordre unique et arbitraire). On regarde, pour ce faire,
comment les unités sémantiques caractéristiques sont ordonnées dans les phrases
correspondant aux différentes occurrences d’association de la classe et on prend
l’ordre majoritaire s’il existe, n’importe quel ordre attesté à défaut.</p>
      <p>Sur cette base, nous construisons des ébauches de patrons en distinguant le
rôle des unités sémantiques associées et des unités sémantiques contextuelles.
4</p>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>Discussion et conclusion</title>
      <p>Pour l’instant, l’approche proposée n’a été testée que sur un corpus d’une
centaine de phrases pour épouvrer les différentes étapes de notre méthode et
analyser son comportement en détail.</p>
      <p>Nous proposons dans cet article une méthode générique pour mettre en lumière
les relations sémantiques d’un domaine à partir de textes de ce domaine. En tant
que telle, cette méthode est indépendante du domaine et de la langue. Elle doit
à terme s’intégrer dans la plateforme Dafoe de construction d’ontologies à partir
de textes. Il s’agit d’extraire tout type de relation sans connaitre a priori les
relations à extraire. La méthode est fondée sur une représentation normalisée
des textes comme séquences d’unités sémantiques du domaine (essentiellement
des termes et des entités nommées) et l’idée maîtresse consiste à construire des
classes d’associations d’unités sémantiques de manière distributionnelle.
L’hypothèse sous-jacente est que les occurrences d’association réunies sur la base des
éléments de contexte qu’elles partagent ont des chances de relever d’une même
relation sémantique et que les relations candidates ainsi proposées peuvent aider
le travail de conceptualisation de l’ontologie.</p>
    </sec>
  </body>
  <back>
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