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      <title-group>
        <article-title>Terminologie des métiers commerciaux : Une approche socioterminologique peut-elle conduire à un système de concepts ? Anne Parizot</article-title>
      </title-group>
      <abstract>
        <p>Résumé : Termes et concepts organisent la représentation du monde et s'inscrivent dans des relations de contiguïté, de synonymie voire d'identité. La désignation des emplois commerciaux ne fait pas exception. Mais il existe non pas une, mais des terminologies. L'entreprise est le témoin le plus représentatif de l'évolution terminologique dans ce domaine, évolution liée à l'organisation du métier, de l'entreprise et plus globalement de la société. Comprendre l'utilisation, la motivation du choix de ces concepts, leur dynamique, le type de relation qui les unit relève de la socioterminologie. Aboutir à une harmonisation consensuelle des concepts, non réductrice, basée sur une enquête terrain conduira à un meilleur partage des connaissances. Mots-clés : Concepts, commerciaux, métiers, termes, socioterminologie.</p>
      </abstract>
    </article-meta>
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  <body>
    <sec id="sec-1">
      <title>1 Introduction</title>
      <p>L’acte de désigner, acte fondamental, permet à toute réalité ou concept d’exister.
Analyser la désignation des métiers des commerciaux dans une dynamique
socioterminologique (au sens de l’école de Rouen) conduit à une approche plus fine
des termes (usage, circulation et production). L’analyse porte également sur la
motivation de création ou d’utilisation de concepts par une ou des communauté(s)
langagière(s) définie(s). Indépendamment du contexte terminologique, les nouvelles
technologies de l’information et de la communication accélèrent le besoin de
connaissances et de partage de l’information.</p>
      <p>Le présent article a pour objet de présenter une pré-enquête pour répondre à la
problématique globale : quelle terminologie employer dans la désignation des métiers
commerciaux pour construire un système de concepts? Après avoir défini les
motivations qui nous ont poussée à nous interroger sur ces désignations, nous
présenterons les objectifs et les premiers résultats obtenus qui nous permettrons de
proposer des pistes de travail et de réflexion envisageables.</p>
      <sec id="sec-1-1">
        <title>2 Contexte</title>
      </sec>
      <sec id="sec-1-2">
        <title>2.1 Genèse de l’étude</title>
        <p>Le besoin d’une terminologie adéquate et commune pour définir les métiers ou les
postes des commerciaux s’est fait ressentir à lors de la création d’un référentiel PPN
(projet pédagogique national) et dans le cadre du PPP (Projet Personnel et
Professionnel) des étudiants. La connaissance des métiers, des compétences qui y
sont associées s’acquiert par la recherche d’informations, donc par l’identification de
termes et de leurs définitions. Elle se réalise par la consultation de sources
institutionnelles mais également par l’analyse d’offres d’emplois et par les
discussions avec les professionnels.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-1-3">
        <title>2.2 Le constat</title>
        <p>Le constat issu de ces confrontations est le suivant : les termes se recoupent, se
distinguent, certains sont non reconnus, donc non utilisés par les professionnels. Les
définitions des concepts sont sujettes à des critères spécifiques qui ne sont pas
identiques. Citons à titre d’exemples (tirés de la Norme expérimentale de l’AFNOR) :
Commercialisateur n’est utilisé par aucune autre source, La définition de «
technicocommercial » et de « vendeur » est identique mais on repère des écarts autour des
critères de compétences, de statut ou de qualification. Cette étude est établie à partir
d’échantillons de cabinets de conseil en recrutement représentant de la profession, la
vision apportée n’est donc pas forcément une vision terrain.</p>
        <p>Le référentiel de l’APEC présente des fiches regroupant des termes spécifiques où
coexistent des désignations données comme synonymes, à titre d’exemple : l’attaché
commercial s’appelle aussi : commercial, inspecteur commercial, conseiller clientèle
entreprise, technico-commercial.</p>
        <p>De plus, ce référentiel repose sur une segmentation de statut de cadre, variable très
complexe qui renvoie à des classifications professionnelles, notion française liée à des
représentations sociales.</p>
        <p>On pressent dès lors que le flou terminologique est important. La confrontation avec
un corpus issu du monde professionnel est nécessaire.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-2">
      <title>3 Une pré-enquête sur la désignation des commerciaux en entreprise</title>
      <p>Recenser les désignations utilisées par ceux qui les vivent ou les construisent,
analyser la perception globale que ceux-ci en ont, permet de mieux définir les
concepts et surtout de leur donner une dimension sociologique qui n’existe pas dans
les nomenclatures.</p>
      <p>La pré-enquête a été réalisée auprès du GIFEC (Groupe interprofessionnel des
fabricants pour l’étude et la commercialisation) et Michelin. Elle sera étendue à aux
45 entreprises du groupe, à la CGI (Confédération française du commerce
interentreprises) et à des entreprises avec qui nous entretenons des relations
privilégiées. Les entreprises ayant répondu actuellement sont en grande partie des
fabricants : Air liquide, GFD, Latty, Legris Parker, 3M, Michelin, Rexroth, SKF,
Smirit, Trelleborg Industrie.</p>
      <sec id="sec-2-1">
        <title>3.1 Présentation</title>
        <p>La pré-enquête (questionnaires et entretiens) s’adresse aux DRH et directeurs
commerciaux chargés de la désignation des postes et du recrutement. (L’enquête
globale s’adressera également aux commerciaux terrain). Les questionnaires
s’articulent en deux parties. La première vise à connaître la désignation des
commerciaux dans l’entreprise, pour : les postes de commercial terrain, commercial
sédentaire, les postes à responsabilité et les postes d’évolution. Le questionnaire est
organisé en 5 thèmes : la désignation actuelle du poste, les missions et leur contenu,
le niveau de responsabilité et de hiérarchie, l’historique de l’intitulé du poste, les
critères de choix de l’intitulé actuel.</p>
        <p>La deuxième partie est orientée sur la perception globale des désignations portant sur
deux thèmes : les fonctions de la désignation et la perception proprement dite de
désignations prédéfinies.</p>
      </sec>
      <sec id="sec-2-2">
        <title>3.2 Les résultats</title>
        <p>L’analyse des données (questionnaires retournés, complétés par des entretiens)
globalise 27 intitulés différents et 24 désignations concernant les supérieurs
hiérarchiques immédiats. Elle met en évidence des éléments, pistes de réflexion à
approfondir.</p>
      </sec>
    </sec>
    <sec id="sec-3">
      <title>3.2.1 Les intitulés</title>
      <p>Quelques exemples de désignations sont regroupés dans le tableau (Fig. n° 1). Le
terme de responsable prédomine, il désigne les commerciaux opérationnels mais
également les personnes chargées de fonction de direction.</p>
      <p>Les premiers postes en entreprise sont marqués généralement par le terme de
commercial (ou attaché) voire technico-commercial. Plus on monte dans la
hiérarchie, plus ils disparaissent au profit du terme de ventes. Les postes à forte
responsabilité se caractérisent par trois termes : directeur, chef ou responsable. Ce
degré de responsabilité se mesure en termes d’étendue de secteur géographique. Des
ambiguïtés apparaissent : responsable régional des ventes et responsable des ventes
régionales. Directeur renvoie au sommet de la pyramide hiérarchique dans
l’entreprise, les concepts de chef et responsable semblent coexister. Mais là encore,
l’utilisation de responsable augmente, car il est plus neutre que chef, ce dernier
évoquant la notion négative d’autorité. Les concepts d’ingénieur grands comptes,
responsable grands comptes, ingénieur comptes clés, responsable comptes clés sont
équivalents. Le concept de responsable concurrence celui d’ingénieur qui persiste car
il repose sur l’acquisition du diplôme d’ingénieur.</p>
      <p>Responsable
hiérarchique immédiat
Chef de ventes régionales
Responsable du bureau de
ventes
Chef des ventes national
Responsable customer
service
Responsable national des
ventes
Chef de ventes national
Directeur de ventes et
marketing
Responsable régional
Responsable des ventes
Responsable ventes
régionales</p>
      <p>Entreprise
3M
Michelin
3M
SKF
SKF
3M
Désignation
actuelle*
Attaché com.</p>
      <p>Attaché com.</p>
      <p>Chef des ventes
régional
Commercial
sédentaire
Commercial terrain
Ingénieur
comptes
grands</p>
      <p>Désignation
équivalente
Commercial
Responsable
régional
Vendeur</p>
      <p>Désignation
précédente
Assistant com.
sédentaire
Assistant com.</p>
      <p>Ingénieur comptes
clés
Concernant l’historique et l’évolution du terme, les entreprises sont assez peu
créatives dans l’échantillon représenté. Souvent, le terme utilisé a été choisi car il
existait déjà dans le secteur d’activité, référence à un usage standard (peut être par
souci de compréhension). La motivation du changement de terme repose
majoritairement sur la réorganisation de l’entreprise. Le contenu des missions évolue
entraînant le changement des compétences.</p>
      <p>L’exemple Michelin est révélateur de cette évolution. Voyageur (utilisé jusqu’en
1985) a été abandonné au profit de Responsable technico-commercial (RTC),
luimême remplacé, à partir de 2000, par Responsable comptes secteur (RCS). Le
passage de RTC à RCS est dû à une réorganisation de l’entreprise, donnant plus
d’autonomie et modifiant la relation client. A titre d’ illustration, sur le marché poids
lourds, le client achetait des pneumatiques, maintenant on lui propose d’acheter des
kilomètres. Le terme responsable comptes secteur, spécifique à Michelin, n’est pas
bien compris par les autres entreprises, d’où une perception négative.
Un poste se mesure également par le degrè d’autonomie qu’il confère. En croisant les
variantes « intitulés et degrè d’autonomie », on relève que le poste intitulé
responsable est celui dont l’autonomie est la plus sensible. Le concept de commercial
ou de technico-commercial se retrouve en zone intermédiaire.</p>
    </sec>
    <sec id="sec-4">
      <title>3.2.2 Les perceptions globales</title>
      <p>La fonction de la désignation reflète la valeur qu’on lui attribue.et elle se définit par:
la compréhension pour le client (à plus de 60 %), la valorisation du commercial, la
motivation du salarié (50 %), la hiérarchisation dans l’entreprise, le positionnement
de l’entreprise, le positionnement par rapport aux jeunes diplômés. La motivation par
rapport aux jeunes diplômés n’est citée qu’une seule fois par l’entreprise Michelin.
La perception de dix-neuf concepts auprès des mêmes enquêtés, fait l’objet de
l’analyse suivante (Fig. 1) à partir d’une échelle d’évaluation (de très positive à très
négative).
Commercialisateur (AFNOR) est perçu à forte connotation négative. Commercial
possède également une image négative mais de moindre importance.
Technicocommercial dans un emploi de substantif est neutre mais, en fonction d’adjectif il
épouse la valeur du substantif auquel il se rattache. .</p>
      <p>Responsable a globalement toujours une valeur connotative positive voire très
positive en fonction des éléments de détermination qui lui sont accolés, notamment
avec grands comptes On le retrouve donc à plusieurs niveaux de la hiérarchie.
Les concepts construits avec affaires sont des expressions sont toujours très positives.
Cadre, moins positif ; renvoie plus à une catégorie socio professionnelle qu’à un
poste ou une fonction dans l’entreprise et son emploi est de plus en plus délicat.
Agent, assistant et attaché sont jugés négatifs.</p>
      <p>L’enquête globale présentera également la perception (ou l’auto-désignation) des
commerciaux de terrain, qui contribuera pleinement à faire émerger la dimension
identitaire.
1 Les scores sont calculés à partir d’une simple moyenne arithmétique pondérée</p>
    </sec>
    <sec id="sec-5">
      <title>4 Conclusion</title>
      <p>Ces résultats donnent un aperçu de l’étendue de la recherche et servent à valider une
méthodologie de travail.. De plus, une telle enquête s’inscrit dans la durée car elle
nécessite un travail en plusieurs étapes.</p>
      <p>L’évolution de la terminologie est liée aux réorganisations des entreprises, qui se
répercutent sur la démarche commerciale et les compétences demandées.
La notion de métier de commercial relève avant tout d’un secteur d’activité et a été
associé longtemps à la désignation de force de vente (technicien force de vente). On
pourra s’interroger sur l’extension du concept car la notion d’achats n’est pas prise en
compte. Commercial est employé comme terme spécifique mais appartient
également à la langue commune et les glissements métonymiques sont nombreux. On
parle souvent de fonction commerciale. On voit les limites proches entre terme et
mot. Les désignations spécifiques correspondent alors plutôt à une fonction dans
l’entreprise. Il faut aussi tenir compte des critères retenus (secteur géographique,
hiérarchie, formation…) dans la définition du terme ou du concept.</p>
      <p>Proposer un référentiel commun à des utilisateurs différents, dans le but d’harmoniser
les concepts et leur compréhension, de modéliser les connaissances permettrait de
confronter les données au niveau international. On pourrait alors envisager une mise
en ontologie du système de concepts. La création d’un outil pourrait aider les
entreprises à trouver la désignation répondant à leur besoin et leur permettre ainsi
d’être plus créatives. Elles pourraient ainsi s’appuyer sur les échelles de perception
des connotations des termes.</p>
      <sec id="sec-5-1">
        <title>ANPE. Répertoire Opérationnel</title>
        <p>Rome.anpe.net/candidat
des</p>
      </sec>
      <sec id="sec-5-2">
        <title>Métiers et des</title>
      </sec>
      <sec id="sec-5-3">
        <title>Emplois</title>
        <p>(ROME)
APEC, Référentiel des métiers cadres des fonctions commerciale et marketing,
décembre 2003.</p>
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DEPECKER. L. (2009). Entre mot et terme : de la technicité dans les mots, in Le
français moderne, n°1, Paris, p.132-144.</p>
        <p>GAUDIN. F. (2003). Socioterminologie, une approche linguistique de la terminologie,
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      </sec>
    </sec>
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